|
Un
pays magnifique, aux dimensions démesurées (cinq fois la France) et aux
paysages variés :
Reliefs andins : l'Aconcagua est le point culminant des Andes avec ses
6959 m,
Chutes d'Iguaçu : jugées parmi les plus belles chutes du monde,
Glaciers et lacs du sud de la Patagonie : spectacle unique d'énormes glaciers
en mouvement,
La Péninsule de Valdés qui abrite la plus grande faune marine au monde
ITINERAIRE
(30 jours) : Mendoza - Ushuaia - Calafate - El Chalten
- Puerto Madryn - Buenos Aires - Cordoba - Posadas - Puerto Iguacu
"JESUITES ET MERVEILLE NATURELLE"

A
la découverte des quartiers historiques de Cordoba...
Nous
arrivons à 07h30 du matin à Cordoba : notre première
impression est que la ville à première vue ne nous paraît
pas aussi grande qu'elle ne l'est avec ses 1 300 000 habitants, et que
la chaleur est ici pesante !...
Nous déposons alors nos sacs à dos dans un hôtel bon
marché situé en zone piétonne avant d'aller prendre
notre petit déjeuner à l'ouverture des cafés.
La
ville a été un des lieux importants pour l'indépendance
du pays contre les Espagnols. Le centre réunit un nombre important
de lieux saints. Nous nous laissons guider par l'Histoire. Fondée
en 1574 par Jeronimo Luis de Carbrera, elle doit ses monuments historiques
aux Espagnols et Jésuites... La place San Martin s'anime de musique
au fil de la journée. Datant de 1577, elle a été
dans le temps, dédiée aux défilés militaires,
aux processions, aux corridas et aux exécutions de condamnés
à mort. Nous passons devant la Cathédrale construite en
1574, imposante avec sa coupole datant du milieu du XVIIIème siècle
; fermée, nous ne pourrons la visiter...
Par le passage Santa Catalina, ruelle construite la même année
que la place San Martin et qui fut aussi bien cimetière de l'église
qu'écurie pour la police montée. Nous observons l'Ancien
Hôtel de Ville de style classique du XVIIème siècle
: nous visitons ses grandes salles, ses cours intérieures et le
cachot de la prison au sous-sol... A nouveau, nous nous trouvons face
à des monuments fermés tels que la Crypte Jésuite
du Vieux Noviciat, église souterraine redécouverte en 1989
et datant du XVIIIème siècle. Au Musée des Beaux
Arts Docteur G.Perez (dont les plans de constructions furent exécutés
en France), nous découvrons des sculptures et peintures argentines
dont celles de Raul Soldi, Antonio Benni et Calas Alonso. C'est dans la
Basilique de Santo Domingo (qui fut terminée en 1861), proche du
musée, que les habitants vénèrent la Sainte Vierge
del Rosario del Milagro, patronne de la ville de Cordoba. Plus loin, de
nouveau trois églises et un musée d'art religieux, tous
fermés... Nous arrivons alors à la superbe église
et couvent des Carmélites appelé "Las Teresas".
Ce "monastère" fondé en 1628 est teinté
de rose et blanc. Il abrite encore aujourd'hui des religieuses que nous
verrons d'ailleurs sortir pour une ballade... C'est ici que naquit Luis
de Tejeda, le premier poète d'Argentine.
Sur
les traces des Jésuites...
Nous
poursuivons notre visite après une pause d'une heure dans un petit
parc où Yann piquera un somme... Nous parcourons alors les rues
en suivant la trace historique des jésuites qui s'installèrent
à Cordoba en 1599 en généralisant ainsi le travail,
l'évangélisation, l'éducation et leurs missions...
En 1767, ils furent expulsés de leur territoire laissant toutefois
un bel héritage : le collège des orphelins, un musée,
des chapelles, le collège national de Montsenat tout de pierre,
l'Université nationale, etc.
Soirée
orageuse.....
La
ville en soirée est très animée de vas et vients
de locaux mais aussi de touristes argentins nombreux. Les terrasses sont
recherchées sous cette lourde chaleur...
Après un dîner dans un restaurant où tous les locaux
seront alignés face à la télévision pendant
leur repas, nous nous installons dans un cybercafé. Un orage éclate
alors et les connexions Internet sont stoppées ! La pluie en peu
de temps s'abat sur la ville. Estelle rentrera alors se coucher pendant
que Yann restera un peu plus longuement en ville. Alors qu'Estelle se
débattra avec des puces ou autres parasites dans le lit, Yann lui,
se perd dans les rues de la ville...
Au
lendemain, tentatives de ballades dans les parcs... !
Au
lendemain matin, nous décidons de nous promener dans les parcs
de la ville en longeant tout d'abord le Rio Suquia pour nous rendre au
Parque Sarmiento au sud de la ville. Après une ballade forte agréable
au jardin botanique, nous comptons bien nous installer dans ce parc, sur
l'herbe afin de rédiger des newsletters... c'était sans
compter sur l'invasion des moustiques qui nous fera fuir ! En bus, nous
gagnons alors un autre parc, Parque Las Heras, où la aussi, les
moustiques font fureur ! Finalement, de retour près du centre,
à la Plazza Independancia, nous nous posons enfin, presque sans
intrus...
Des
picadillas au dîner...
A
l'hôtel, le soir, nous admirons les photos d'Amérique du
Sud que nous aurons fait développer pour un prix inférieur
de moitie à celui de la France... puis nous dînerons de picadillas,
spécialité locale de divers amuses gueules tels que jambon,
fromage, olives, etc.
Durant
ces deux jours, dans nos discussions avec les locaux, Cordoba étant
la seconde ville du pays, nous ressentirons une rivalité économique
avec Buenos Aires... un peu comme Marseille peut l'être avec Paris...
!
20
heures de bus pour rejoindre Posadas...
Finalement,
le lendemain, nous prenons un bus collectif bas de gamme en direction
de Posadas. Nous aurons apprécié cette étape à
Cordoba pour sa richesse historique et sa quiétude. Hélas,
nous nous souviendrons de ces parcs inaccessibles du fait des moustiques...
Plus nous nous rapprochons du nord, plus la végétation devient
d'un vert vif et la terre d'un orange criard...
En
route pour le Nord de l'Argentine.
De
Cordoba, un bus dit "collectif", bas de gamme, nous transporte
sur une route de terre, à Posadas en 20 heures ! Au fil de la route,
la flore commence à se teinter de vert vif, et la végétation
devient intense ; le chemin de terre prend une couleur ocre.
A
Posadas, nous marchons à la recherche d'un hôtel accessible
quand soudain Estelle chute avec ses lourds sacs à dos, se foulant
la cheville. Nous visitons ensuite cette ville, si perdue dans ce décor
de "jungle". Notre halte ici se justifie par les missions à
proximité que nous souhaitons visiter le lendemain. A la quête
d'un centre ville que nous ne trouverons pas. notre guide indique 220
000 habitants : nous les cherchons encore ! Dans ce climat subtropical,
le moindre effort devient le bagne, le moindre geste nous fait transpirer.
Le soir, nous jouons dans un casino où de nombreux gens du voyage
prennent place, nous y perdrons nos mises.
La nuit, Yann ne parviendra pas à dormir suite aux clics incessants
de la climatisation.
.
à la connaissance des Missions Jésuites
Au
petit matin, un bus nous dépose à San Ignacio situé
à 80 kilomètres de Posadas. Dans le bus, Christian, un jeune
de Buenos Aires et étudiant en biologie à Rio de Janeiro
se joindra à Estelle pour discuter végétation et
économie en Argentine. A San Ignacio, nous déposons nos
sacs dans une pizzeria et partons sur le chemin des missions jésuites.
Dans ce site de ruines, nous tentons d'imaginer la vie en communauté
des 4 500 personnes : place pour le stockage de nourriture, lieux de regroupement
et de prières, cuisines, et même une prison.De nombreux arbres
typiques de la région sont plantés tels que le Yerba mate,
le cèdre et l'oranger.
En
guise de rappel historique succinct, c'est en 1549 que les jésuites
arrivent au Brésil. Leur mission : évangéliser et
civiliser les locaux "primitifs". Le 29 décembre 1609,
on construit la première "reduccion" à San Ignacio
Iguacu. Les Portugais et métisses voisins voient dans ces missions,
un vivier inespéré d'esclaves faciles à vendre. Des
raids et pillages s'organisent mais les guaranis vont être armés
par les jésuites. Ils se révéleront de véritables
guerriers allant jusqu'à repousser les Portugais qui cesseront
ainsi de les attaquer. Elevage, culture de Yerba, tissage et artisanat
assurent une prospérité aux indiens guaranis et aux jésuites.
En 1750, il existait alors une trentaine de reduccionnes rassemblant entre
1500 et 7000 personnes chacune. En 1759, l'Espagne voit d'un mauvais oeil
ce nouvel état florissant. Les Indiens reçoivent alors l'ordre
de quitter leurs reduccionnes. Ils refusent, se révoltent et seront
écrasés dans un bain de sang par l'artillerie espagnole
! Les ruines des missions jésuites furent déclarées
" Patrimoin de mondial " par l'Unesco et seront popularisées
par le film "Mission" avec Robert de Niro.
Après
cette visite très instructive, nous regagnons la pizzeria, en profitons
pour y déjeuner. San Ignacio est un petit village où la
volonté de développer le tourisme reste encore très
faible.
Compte tenu de la forte pluie qui s'abat, le propriétaire du restaurant
nous propose de nous déposer en voiture à l'arrêt
de bus. Nous l'en remercions.
Nuit à Puerto Iguacu.
En
quatre heures de bus, nous atteignons Puerto Iguacu. Avant la nuit, nous
partons visiter ce petit village qui est, quant à lui, fortement
visité par le tourisme du monde entier car tout proche se situent
les fameuses Chutes d'Iguacu !
Les chemins sont composés de terre rougeâtre. Deux avenues
constituent le cour de la ville. Nous faisons quelques courses pour la
journée du lendemain et retournons à la pousada. Allongés
chacun sur notre lit, nous regardons à la télévision
" Goldfinger ", fatigués du voyage et accablés
par la chaleur extérieure.
Après cette pause, nous sortons de nuit dans l'avenue la plus animée.
Sur le trottoir, nous discutons avec Daniel, un jeune de 11 ans environ,
qui distribue des prospectus aux passants et qui nous a fait sourire par
sa démarche assurée quelques minutes auparavant ! Nous dînons
légèrement, surfons sur Internet, et retrouvons nos lits.
Nous nous endormons sous l'air brassé du ventilateur.
Vues
sur les Iguacu Falls...
Après
un réveil loupé, nous nous empressons de prendre un bus
pour les chutes d'Iguacu. Le bus nous dépose alors à l'entrée
du parc. Là, nous devons nous acquitter du prix de l'entrée.
A cours de pesos, Yann nous fera passer pour des résidents du Mercosur,
et bénéficions ainsi d'une réduction de 50% sur le
prix d'entrée ! Au poste de contrôle, pour prouver notre
identité sud-américaine, Estelle lancera d'un ton affirmé
: "Tu tienes el agua ?" et Yann de répliquer : "si
si !". Un petit train nous approche des différents parcours
possibles pour observer les chutes à divers endroits. Nous réalisons
tout d'abord le circuit supérieur nous amenant au circuit le plus
à droite des chutes. Nous n'avons pas ici une vue d'ensemble, mais
nous sommes souvent à quelques mètres d'une chute d'eau.
Avec ses 275 mètres environ et dans une végétation
verte très fournie, Iguacu Falls est impressionnant ! De notre
point de vue dominant la descente vertigineuse et folle de l'eau, nous
pouvons voir un arbre et un rocher semblant résister à la
noyade ! Nous marchons toujours surplombant les chutes, traversant à
de nombreuses reprises des ponts au-dessus des eaux à la limite
de l'engouffrement dans le trou.
Les
Chutes d'Iguazu sont aussi visibles du Brésil et du Paraguay, mais
elles sont situées principalement sur les terres argentines. Progressivement
nous pénétrons dans une végétation très
dense obscurcissant les chutes, mais le grondement de celles-ci nous captive
toujours autant.
Par
le circuit inférieur, nous observons les chutes d'en face, plus
éloignées. De nombreux papillons tourbillonnent et parfois
plusieurs centaines forment un "bouquet de fleur" sur le sol.
Soudain un gros lézard, traverse le sentier pour disparaître
dans la forêt. Le temps étant étouffant, nous prenons
un verre à une terrasse de café, et admirons des perroquets
perchés sur des branches d arbres.
Par
le petit train, nous gagnons l'Estacion Gargantua del Diablo. De là,
un nouveau chemin sur des passerelles surélevées au-dessus
des eaux nous amène tout d'abord à une sorte de gouffre
où l'eau semble s'engouffrer dans un trou sans fin, humidifiant
par ces remous l'air alentour. Dans leurs chutes, elles brouillent toute
communication par leur bruit grondant. On a l'impression ici, que la terre
s'est crevassée par colère, comme pour y évacuer
son trop plein de larmes ! Quelle merveille de la nature !
L'eau
ensuite, poursuit sa route dans la Gorge du Rio Iguacu. Longtemps en admiration,
nous quittons les lieux pour revenir sur Puerto Iguacu.
Le
soir, nous nous promenons dans l'artère animée de la ville,
limités par les finances puisqu'il nous reste environ 4 euros pour
ces derniers moments en Argentine. Sur une terrasse, nous prenons une
bière, assistant avec les locaux à un match de football
télévisé.
De
Puerto Iguacu en Argentine à la frontière avec le Brésil...
Nous
quittons Puerto Iguacu le lendemain matin et passons la frontière
avec lenteur, le bus nous déposant aux postes de contrôle,
mais ne nous attendant pas pour repartir. Nous patienterons environ une
heure avant qu'un bus nous emmène finalement du poste de frontière
du Brésil à Foz de Iguacu, première ville frontalière
de ce coté ci du Brésil.
Nous
quittons difficilement l'Argentine en nous remémorant.

Les
paysages que nous avons dans ce pays sont variés et démesurés.
Ici se trouvent le plus gros glacier du monde, la plus haute montagne
du continent américain, les plus vastes chutes d'eau du monde.
A Ushuaia, nous n'avons jamais autant ressenti la solitude et l'isolement
(même des autres villes d'Argentine). Dans les zones extrêmes,
les seuls habitants sont guanacos, lièvres de Patagonie, le zorro,
les tatous, nandous, condors. Le peu de population dans un si grand pays
rend la nature encore plus authentique.
La
population d'origine majoritairement européenne nous est apparue
cultivée avec un penchant pour la culture française : on
retrouve ce lien dans leur Histoire (copiée de la Révolution
Française), l'architecture de Buenos Aires qui a des airs de Paris,
la gastronomie car les habitants aiment cuisiner et déguster le
bon vin. Les gens sont chaleureux, plus en province qu'à la capitale,
même si dans celle-ci, ils affichent toujours un sourire. Au nord,
ils sont plus typés. Dans tous les cas, les rythmes du Tango et
du Football font parties de leur vie.
Quant à la crise, le dollar argentin avant était égal au
dollar américain. Maintenant, il est divisé par cinq de
sa valeur, ce qui empêche les habitants de sortir et voyager hors
de leur pays. Le coût des biens de consommation est resté
quasi identique, ce qui rend moins pénible le passage de la crise
pour la population. Aujourd'hui, le touriste étranger est favorisé
et nous restons persuadés qu'une prochaine dynamique du pays est
basée sur ce secteur, tant les richesses intérieures sont
nombreuses. Nous comprenons mieux maintenant la rivalité affichée
du côté chilien.
Un
petit coucou à tous nos amis d'Ushuaia, Merci pour ses moments
forts passés dans la ville la plus australe.
Nous partons maintenant au Brésil pour retrouver la mère
de Yann et l'ami d Estelle, le football, la samba, les plages et Rio de
Janeiro.
|