|
Un
pays magnifique, aux dimensions démesurées (cinq fois la France) et aux paysages variés :
Reliefs andins : l'Aconcagua est le point culminant des Andes avec ses
6959 m,
Chutes d'Iguaçu : jugées parmi les plus belles chutes du monde,
Glaciers et lacs du sud de la Patagonie : spectacle unique d'énormes glaciers
en mouvement,
La Péninsule de Valdés qui abrite la plus grande faune marine au monde
ITINERAIRE
(30 jours) : Mendoza - Ushuaia - Calafate - El Chalten
- Puerto Madryn - Buenos Aires - Cordoba - Posadas
- Puerto Iguacu
"BUENOS AIRES"

Vingt
ans après la découverte de la région par Juan
De Solis, un petit village près du Rio Plata voit le jour en 1536.
Il répond au nom de Puerto de Santa Lucia de Los Buenos Aires,
en raison de la sainte Marie des bons vents, bien connue des marins en
méditérannée. Les Indiens nomades rentrent en conflit
avec ce village et le détruisent. Les survivants espagnols remontent
alors les rives du Rio Plata et B.A naquit ! Aujourd'hui la capitale argentine
est une ville cosmopolite, avec de fortes origines européennes
que l'on retrouve dans son architecture et sa culture. A partir de 1890,
les constructions furent d'abord de style italien puis, au début
du XXeme siècle, l'architecture fut typiquement française.
Sa population est maintenant supérieure à 4 millions d'habitants
qui, ajoutée à ceux qui résident dans le "grand
Buenos Aires", dépasse les 19 millions.
Dans
un bar, Estelle attends avec les sacs, Yann parti faire du repérage
d'hôtels à bas prix. Nous sympathisons ensuite avec la barman
Helena, notre premier contact dans cette ville, tout en prenant notre
petit déjeuner. Une fois les sacs posés dans notre nouvelle
maison, nous partons à la découverte de Buenos-Aires. Comme
toutes les villes du pays, elle est construite en damier, et chacun des
blocs comporte 100 numéros, avec un côté pair et un
côté impair. Du coup les distances dans la ville se comptent
en quadras (bloc d'immeuble).
Le
centre regroupe surtout la plupart des administrations, des banques et
des commerces. C'est le centre nerveux de la ville. Un nombre impressionnant
de monuments s'y trouve également. Il y'a aussi les deux rues piétonnes
de la ville. Notre hôtel se trouve à proximité de
celles-ci fortement animées la journée comme le soir. La
rue Florida fut l'une des premières à être tracée.
Cette rue piétonne pavée, bénéficie des commerces
des plus prestigieuses marques, de nombreux endroits pour manger ainsi
que d'importants centres commerciaux. La deuxième, la rue Lavalle
est plus populaire et animée le soir.
Nous
passons par Puerto Madero, en bord du Rio, réputé pour ses
bars, terrasses et restaurants huppés. C'est le lieu de retrouvailles
des cadres dynamiques après leur travail. L'imposant bâtiment
de la poste avec son ancienne architecture coloniale se dresse devant
nous.
De
retour au centre, il est maintenant midi et les rues sont de vraies fourmilières.
On pourrait se croire à Paris à la différence que
la population nous rappelle nos voisins d'Europe du Sud.
Nous allons sur la place Mayo, celle ci est sans aucun doute le centre
historique et politique, des grands évènements vécus
par la ville et le pays. Son nom fait référence au 25 mai
1810, jour de formation du 1er gouvernement indépendant. Au cours
de la dernière dictature militaire qui gouverna le pays entre 1976
et 1983, c'est ici que se réunissaient les "mères de
la place Mayo", qui défilaient en silence pour réclamer
leurs fils disparus.
La
pyramide au centre de la place repose sur une terre provenant des
quatre coins d'Argentine.
Tout autour de la Place Mayo se trouvent des bâtiments d'une importance
historique et artistique.
Nous pénétrons dans La Cathédrale Métropolitaine
de Buenos Aires fut commencée en 1580 en boue et en paille, sa
construction s'acheva trois siècles plus tard Les restes du Général
San Martin s'y trouvent aujourd'hui sous la surveillance de deux gardes
républicains.
Nous
visitons La maison du gouvernement "Casa Rosada" de couleur
rose saumon et son musée exposant les grandes époques politiques
et leurs évolutions, ainsi que les galeries souterraines datant
de 1894. Nous nous rendons à l'église San Ignacio, la plus
vieille de la ville encore intacte depuis 1723. Yann prend en photo Estelle
dans la plus vieille pharmacie de la ville, appelée "farmacia
de la Estrella" et fondée en 1834, d'intérieur bois,
sol en mosaïque et de meubles toujours en bois et sculptés
à la main. Dans la basilique San Francisco nous observons la tapisserie
murale qui est semble t-il, la plus grande d'Amérique du Sud. Dans
le square en face, quelques peintres exposent leurs toiles.
Un
air de tango nous attire dans une petite ruelle. Un couple en tenue,
danse gracieusement devant une petite foule sur une musique sortant d'un
poste radio ! On ne connaît pas vraiment l'origine du tango et plusieurs
théories le définissent comme un mélange de sons
africains et d'airs andalous. Mais ce qui est certain c'est qu'à
la fin du XIXeme siècle, il devint la musique de la population
marginale qui habitait la périphérie de la ville. Puis dans
les années 1920, lorsque le tango arriva à Paris et remporta
un grand succès, il revint à Buenos Aires comme la musique
qui avait été acceptée en Europe et fut alors acceptée
par les classes plus élevées. La chorégraphie du
tango invite au contact corporel entre hommes et femmes, très souvent
proche de l'insolence. C'est une danse esthétique, très
belle, qui demande une grande coordination dans le couple de danseur.
Carlos Gardel, d'origine française, fait parti des grands nom de
chanteur de tango et occupe une place importante dans l'histoire du tango
en Argentine et aussi dans le cour de la population.
Nous
tenterons d'assister à une pièce de théâtre
et nous nous rendons sur L'Avenue Nueve de Julio qui est fièrement
appelée "la plus large du monde"avec ses 125m. Elle mesure
en réalité 140 mètres et a été inaugurée
en 1947 après son élargissement. On y trouve des bureaux
d'entreprises importantes, des commerces, des cinémas et. les théâtres.
Nous passons par L'Avenue Corrientes. Cette rue chargée en histoire,
fut construite en 1820. Elle devint populaire un siècle plus tard
lorsque la majorité des lieux de distractions nocturnes s'y installèrent.
Elle fut d'ailleurs surnommée "la rue qui ne dort jamais".
L'Obélisque
du haut de ses 67 mètres est à l'intersection de ces importantes
avenues Nueve de Julio et Corrientes. Nous arrivons finalement au Théâtre
Colon inauguré en 1908, c'est le plus grand théâtre
lyrique d'Amérique du Sud. Il est reconnu en tant qu'un des plus
beaux au niveau mondial et ici se sont produites des figures de taille
comme Arturo Toscani, Maria Callas, Luciano Pavarotti, Placido Domingo
et bien d'autres. Le Portenos adore la culture depuis toujours. On note
lors de discussions, un penchant pour la littérature française.
Les ouvrages d'Hugo ou Maupassant sont fréquents dans les librairies.
La ville affiche plus de cinquante musées en plus des expositions.
Bon malgré tout ça, à chaque théâtre,
nous trouvons porte close. Nous avons oublié que nous étions
en pleine période estivale !! Nous irons finalement au cinéma
voir "El Senor del Anillos".
Buenos
Aires et ses habitants, "les Portenos", ont une relation
complexe et parfois tendue avec le reste du pays. (qu'ils appèlent
l'intérieur !). Un dicton précise : "Dieu est partout,
mais reçoit à Buenos Aires". On a beau être dans
la capitale, les Portenos nous semblent être chaleureux, détendus
et spontanés. Une jeune fille, après avoir passé
sa journée à vendre sur un marché, patientera avec
nous pour nous indiquer le bon bus, qu'elle prendra finalement avec nous
rallongeant ainsi sa journée pour le plaisir de discuter ensemble.
Un petit détail, les Argentins adorent les tatouages ! Des plus
jeunes aux moins jeunes, on a l'impression que toute la population est
tatouée !!
Ce
soir nous avons dégoté un apéritif fait de liqueur
de Dulce de Leche que nous dégustons dans notre chambre d'hôtel
tout en regardant des photos toutes juste développées. Nous
nous rendons ensuite au Bingo, Yann aura la chance de crier une fois "Bingo"
dans la soirée. Nous allons ensuite faire un tour dans un cybercafé
(bon marché) afin de lire les mails de bonne année.
Nous
empruntons le métro pour nous rendre à la Boca. Le métro
ressemble à nos R.E.R Un contrôleur en bout de wagon, ouvre
et ferme les portes par une commande manuelle qu'il actionne après
chaque sifflement. Nous pénétrons dans les quartiers pauvres
se situant à l'emplacement de la première ville de B.A le
long du port, autour de nombreuses usines. Le quartier de La Boca, est
rempli d'histoire, de légendes et de magnifiques sites. C'est ici
que se trouvait l'ancien port de Buenos Aires. Lorsque les immigrés
d'origine italienne commencèrent à arriver, en particulier
des génois et des siciliens, ils choisirent cette zone de la ville
pour s'installer. Ils construisirent leurs maisons de façon précaire,
avec du bois, des tôles de zinc et dans quelques cas des éléments
qui pouvaient provenir des bateaux sur lesquels ils travaillaient.
Nous
arrivons alors dans le mini quartier Caminito, aux couleurs vives. Une
histoire dit qu'un couple de ce quartier adopta un enfant qui devint plus
tard un des plus grand peintre argentin. Il revint dans son quartier et
proposa aux habitants de se rendre dans une rue munis d'un pot de peinture
et d'un pinceau. Le résultat est magnifique, l'ensemble des habitations
a des airs de toile colorée. C'est aujourd'hui le lieu le plus
visité du quartier. Pied de nez à la pauvreté, Caminito
fut dans les années 70 un mini théâtre de rue comme
l'a été Montmartre.
Perdus
dans des rues mal identifiées, nous arrivons finalement au stade
de football de la Boca. De nombreuses habitations et commerces dans les
rues voisines sont aux couleurs de l'équipe : bleu et jaune. Nous
visitons le stade, et Yann ira fouler du pied le gazon.
Nous entrons dans une feria artisanale sur un grand bateau amarré au port avant de reprendre un bus pour le centre ville.
La
nuit à Recoleta, nous déambulons puis buvons un verre à la terrasse d'un bar. Recoleta est le quartier à la fois
chic et branché de Buenos Aires. Les pierres de ce quartier auraient
été rapportées de France dans les bateaux marchands
revenant sinon à vide.
Nous constatons qu'à 22h00, les portenos commencent à dîner,
faire la tournée des bars à minuit et à aller en
boite vers les 2h00 du matin. Nous tentons de les suivre. Le truc à
la mode est de passer d'une boite à l'autre, d'un bar à
l'autre et ainsi multiplier les rencontres ! Mais cela peut revenir très
cher ! Nous mangeons ensuite une glace sur une autre terrasse. Compte
tenu du prix d'entrée des disco dans ce quartier nous restons à
flâner dehors... Finalement un taxi nous ramènera à
l'hôtel à 5h00 du matin. Le "porteno" a toujours
été un amoureux de la nuit et la ville à tout ce
qu'il faut pour satisfaire à la demande. Les soirées commencent
rarement avant minuit.
A
la plaza Libertador San Martin, la statue du sauveur est érigée
entre des magnolias géants, cèdres, palmiers et caoutchouc.
Nous découvrons le quartier de la gare de chemin de fer, à
forte animation. Puis un marché en longueur qui n'en finit pas.
Nous arrivons enfin au terminal de bus ou nous réservons deux places
pour Cordoba. Nous décidons d'aller voir un film dans un des nombreux
cinémas de la rue piétonne Lavalle. Nous choisissons "El
Transportador, film de Luc BESSON. Le soir, lorsque nous rentrons à
l'hôtel, quelques rues abritent les "nouveaux pauvres",
à la tenue vestimentaire plus que correcte et peu habile dans leur
requête. Ils préfèrent fouiller dans les poubelles
des beaux quartiers. Certains jeunes osent s'approcher des tables de restaurants,
pour y prendre les restes. Est-ce une des conséquences de la crise
!
Nous
passons un dimanche à B.A dans les parcs Palermo. Un paysagiste
français est à l'origine de ce site avec le bois de Boulogne
comme modèle. Nous marcherons dans ses nombreux petits jardins,
dont la roseraie et apprécions la plazza Fernandez qui se trouve
entre deux lacs, les enfants jouent en criant, beaucoup gens circulent
à pied comme en vélo. Certain font leur footing. Le patio
andalou avec sa petite terrasse décorée de faïences
espagnoles, une fontaine centrale et des bancs, le tout offert en 1929
par la mairie de Séville.
Nous
faisons du pédalo sur le lac, puis marchons à nouveau, cette
fois ci vers l'avenida Libertador.
Sur les pelouses, nous nous installons pour écrire quelques newsletters
à l'ombre de grands arbres. Puis la nuit tombante, nous rentrons.
Sur le retour nous nous arrêtons à la vue d'un marché/brocante.
En remontant vers Recoleta, nous dînerons dans un quartier branché
avant de rejoindre notre centre et ses rues piétonnes. Bien qu'il
n'existe aucune cuisine traditionnelle et exclusive de la ville de Buenos
Aires, on pourrait dire que le "bife de chorizo" (tranche de
bouf), est le plat typique de la ville. On retrouve bien sur comme dans
le reste du pays, des produits tels que le dulce de leche (genre de caramel
qui provient de la fusion du lait et du sucre), le mate (infusion de feuille
de Yerbamate), l'asado criollo (viande de bouf ou de mouton cuite sur
la braise) et les excellents vins argentins.
Dans la ville il est possible de manger à toute heure, bien
que l'habitude pour le déjeuner soit entre 13h00 et 15h00, et le
dîner de 21h00 a 24h00. Ces dix dernières années,
une quantité de centres commerciaux s'est développée
dans tout Buenos Aires (Carrefour est fortement présent dans le
pays. Appelés habituellement "shopping", il s'agit en
général de grandes structures sur plusieurs niveaux ou l'on
trouve commerces, cinémas, salles d'expositions et toujours un
espace gastronomique appelé "patio de comidas".
Pour
notre dernière journée a B.A, nous nous perdons de vue l'espace
d'une minute, suffisant pour ne plus se retrouver dans cette foule ! Yann
ira laisser un message à l'hôtel pour un RDV en début
d'après midi. Estelle en profite pour renouveler ses sous-vêtements
! De nouveau ensemble à 14h00, nous partons réserver notre
billet pour la Nouvelle-Zélande que nous prévoyons de prendre
début février. En fait, les vols sont déjà
complets jusqu'au 22 février.. nous devons réajuster notre
planning !
Cinq
jours ont été trop courts, nous avons pourtant essaye d'étirer
les journées, nous n'avons cesse d'arpenter les rues..............
Buenos Aires, avec ses grandes avenues, ses habitants toujours pressés,
ses personnages aux fenêtres des cafés. Ville avec des airs
de Paris et Madrid. Métropole située presque aux confins
du monde que l'on quitte dans l'espoir d'y retourner.

"Mon Buenos Aires chéri, lorsque je te reverrai,
je n'aurai plus de peine et d'oubli.
Aujourd'hui, ou la chance souhaite que je te revoie,
Lieu porteno de mon unique amour,
Et j'écoute la plainte d'un abandon
Dans la poitrine s'emballe le cour".
Vers
d'Alfredo Le Pera, chantés par Carlos Gardel
|