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Un
pays magnifique, aux dimensions démesurées (cinq fois la France) et aux
paysages variés :
Reliefs andins : l'Aconcagua est le point culminant des Andes avec ses
6959 m,
Chutes d'Iguaçu : jugées parmi les plus belles chutes du monde,
Glaciers et lacs du sud de la Patagonie : spectacle unique d'énormes glaciers
en mouvement,
La Péninsule de Valdés qui abrite la plus grande faune marine au monde.
ITINERAIRE
(30 jours) : Mendoza - Ushuaia - Calafate - El Chalten - Puerto Madryn - Buenos Aires - Cordoba - Posadas - Puerto
Iguacu
"NOËL, CADEAUX DE LA NATURE..."

Ambiance de
réveillon de Noël... près du glacier Perito Moreno...
En cette veille de Noël, un bus de Puerto Natales nous amène
à Calafate. Le chauffeur est accompagné de toute sa petite
famille dans la cabine avant. Samira, la plus jeune fille joue à
travers la vitre avec Yann qui en profite pour la dessiner... Nous passons
à nouveau la frontière Chili-Argentine en plein désert.
La route est une piste et le cadre fascinant est fait de plateaux où
le vent se défoule. A perte de vue, des étendues d'arbustes
et de garrigues ; nous sommes seuls au cour de l'authentique Patagonie.
Seuls signes de vie : les douaniers, les moutons, les guanacos et autruches
sauvages. Calafate nous semble au premier regard perdu sur une terre aride
près du Lago Argentino d'une couleur bleue-turquoise. Calafate
doit son nom à un arbuste à fleur jaune et à baies
noires, très répandu dans la région. La ville de
4 000 personnes fut fondée en 1927 et a subi une forte croissance
grâce au tourisme ; mais cela n'empêche pas ses rues d'être
de terre. A une vingtaine de kilomètres, se trouve une des merveilles
de la nature : le Perito Moreno, un énorme glacier, l'un des seuls
au monde qui continue sa croissance.
Ce soir, c'est
le réveillon de Noël, et ce serait un cadeau que d'être
à ses côtés !
Nous trouvons par chance une navette prête à nous y emmener
si nous sommes plus de 5 personnes. Nous rameutons alors dans la rue les
gens pour faire le trajet avec nous ! Au final, nous serons six !! Nous
nous empressons d'acheter notre repas de Noël ainsi que vins et chocolats.
Après une heure de route sous la pluie de plus en plus forte à
l'approche du glacier, Hector, le chauffeur du mini-bus, nous dépose
sur une place centrale sans issue. Le Perito Moreno est imposant à
nos yeux : de glace, tout droit sorti d'un canyon entouré de montagnes
aux sommets enneigés. Sous la pluie battante et le vent glacial,
nous convenons de retourner au mini-bus, la vue étant appauvrie
par des nuages bas. Il sera bien temps de visiter ce glacier le jour de
Noël ! Yann et Hector, avant de repartir, dépanneront de leur
pneu crevé, deux allemandes. Etant bloquées ici, nous leur
proposons alors de passer le réveillon tous les quatre, mais elles
semblent préférer une soirée à deux...
A
19h30, Hector nous dépose au camping. C'est sous la pluie que nous
plantons la tente. Nos seuls voisins seront deux allemands voyageant à
vélo. Puis nous préparons l'apéritif de Noël,
assis dans nos sacs de couchage, alors que la température extérieure
chute. Quelques toasts faits maison accompagnent le Pisco ! C'est réchauffés
que nous décidons d'aller nous balader. Nous marchons quelques
kilomètres sous le vent glacial. A notre gauche, un bras du Largo
Argentino, au pied des montagnes derrière lesquelles se trouvent
d'énormes glaciers. Avant de retourner au camp, nous observons
un petit bout de glacier qui alimente le lac. De retour sous la tente,
afin de nous réchauffer, nous allumons une petite bougie, rendant
la soirée scintillante ; un petit sapin de Noël, branche offerte
par les Pompiers de Punta Arenas, se tient bien droit, planté dans
notre papier toilette blanc (imaginez ici la neige..!). A ses pieds, nous
y déposons les cadeaux du Père Noël.
Notre repas de
Noël sera fait de sandwiches d'un pain dulche au manjar et à
la confiture, accompagnés d'un bon vin argentin.
Bien loin de tous,
nostalgiques, nous pensons à nos familles et à nos proches
qui sont à des milliers de kilomètres...
C'est NOEL sous les craquements du glacier !
Enfin c'est le jour de Noël ! Nous partons en bateau pour nous retrouver
au pied du Perito Moreno. Le moteur coupé, nous observons ce mur
blanc sur le pont supérieur. Le glacier est en contact avec la
roche en face, et bloque peu à peu l'écoulement de la rivière
en se comportant véritablement comme un barrage. Ses dimensions
sont gigantesques : ce monstre de glace mesure 15 kilomètres de
long, atteint 80 mètres au-dessus de la mer et 5 kilomètres
de large. Sa superficie est de 195 kilomètres carres, supérieure
à celle de Buenos Aires ! Nous admirons le Perito Moreno qui, sous
le soleil et au contact de l'eau, est d'un bleu perçant. Sur le
bateau, nous trinquons alors avec la bouteille de vin nous restant de
la veille...
De
retour au mini-port, nous regagnons la route principale et tentons l'auto-stop
pour rejoindre l'autre point de vue du glacier à quelques kilomètres
d'ici, endroit où Hector nous avait acheminé la veille.
Une famille de Cordoba en vacances, nous prend en stop. Arrivés
au glacier, nous observons celui-ci des trois terrasses. Nous dominons
maintenant cette masse. Compressé par son volume, ses pics s'élèvent
au ciel comme par explosion, pour respirer un peu plus. Ses petits sommets
illimités et cinglants, fendus à leur bas, semblent vouloir
s'échapper telles des fusées...
Quelques chutes de glace fracassent l'eau gelée à grands
bruits... les morceaux partent alors à la dérive, se confondant
avec d'autres. Notre regard scrute la largeur du glacier dans l'attente
d'une nouvelle chute. Soudain, une façade sur notre gauche s'effondre,
percutant l'eau avec fracas. Le souffle coupé, les spectateurs
applaudissent alors, remerciant le Perito Moreno d'autant d'activités...
Nous pourrions rester des heures ainsi... A pied, nous reprenons la route
et c'est la même famille argentine qui nous prendra alors en auto-stop.
Le soir, nous jouons
aux cartes. Le lendemain, c'est avec nos sacs à dos que nous faisons
à nouveau de l'auto-stop pour rejoindre cette fois-ci Calafate.
Après deux heures d'attente, un guide local nous ramènera
en ville.
Découverte
de El Chalten...
Au terminal de bus, nous prenons un billet pour El Chalten petit village
en pleine croissance qui, sept ans auparavant n'existait pas. El Chalten
doit son existence au Mont Fitz Roy situe à 3 441 mètres
d'altitude. Nous arrivons de nuit à El Chalten et dégotons
un dortoir sous la pluie et le vent glacial... La nuit sera difficile,
un japonais rentrant ivre tardivement dans la nuit, et tentant d'ouvrir
la porte avec sa clé... porte qui n'était pas fermée
à clé !! Il ronflera alors et réveillera Yann à
six heures du matin pour lui faire ses adieux !! Le lendemain matin, nous
découvrons le village : on pourrait se croire à l'époque
de la ruée vers l'or ; de petits baraquements, parfois en préfabriqués,
sinon en bois, se trouvent au milieu de parcelles de terrain, le tout
soigneusement rangés dans un quadrillage de routes de terre. On
peut entendre le son du marteau à divers endroits...
Randonnée
de six heures au Lac Las Torres...
Nous partons pour une randonnée de cinq à six heures afin
de rejoindre le lac Las Torres et son glacier. Le chemin est boueux et
les nuages très présents, résultante des pluies torrentielles
de la nuit passée.
A un croisement de sentiers, nous prenons une pause et reconnaissons alors
la famille qui a campé à nos côtés au Perito
Moreno le jour de Noël. La femme, Elisabeth et son mari Fabien, argentins
voyageant avec leurs deux enfants Mathias et Florenza à travers
leur pays dans un van. Nous poursuivons la randonnée tous ensemble.
Au sommet d'un mont, un condor s'élève pour disparaître
dans les nuages gris. Finalement, nous arrivons au Lac Las Torres, Le
Fitz Roy et le mont Cerro Torres, sont cachés eux aussi, dans les
nuages... Le glacier quant à lui, est difficilement visible et
appréciable... On revient alors au village en espérant un
ciel dégagé pour le lendemain, car au programme, la découverte
du fameux Fitz Roy !
Face à
nous, le majestueux Fitz Roy pointe ses pics dentelés !
Ce
matin là, nous nous levons tôt car nous avons décidé
de nous rendre au Mont Fitz Roy qui est connu de tout alpiniste (ici on
dit andiniste !). Nous passons faire quelques achats de nourriture à
l'épicerie du village avant d'entamer ces vingt kilomètres
de marche.
Le premier sentier nous permet de bénéficier d'une vue panoramique
sur El Chalten. Après une heure de marche, nous nous apercevons
que nous faisons fausse route, les randonnées sans panneau indicateur
ne nous facilitent pas la tâche ! Nous regagnons alors le village,
non mécontent de ce parcours, la nature étant superbe. Sur
notre nouveau chemin, un arbre au tronc creux est tellement large que
l'on peut y rentrer tous les deux. Sous nos pieds, le sol est humide dans
ces sous-bois. Nous passons des marécages en équilibre sur
des troncs d'arbres. Nous poursuivons la montée et le mont Fitz
Roy reste caché du fait du relief et de la distance qui nous sépare
de celui-ci. Nous arrivons alors sur un sommet dénudé d'arbres
et nous apparaît pour la première fois le Fitz Roy et ses
deux monts ! Il est maintenant fier et dominant par sa carrure solide.
Il est tellement effilé dans ses hauteurs que la neige ne peut
y tenir. !
Nous atteignons alors un camping du nom de Poincenot avec des emplacements
de tentes barricadés par des morceaux de bois ; un peu comme l'étaient,
il y a très longtemps nos villages, mais ici pour protéger
les camps des rafales puissantes du vent.
De nouveau une montagne
face à nous, la dernière ascension nous permettant d'approcher
au plus près et en sécurité le Fitz Roy. Il n'y a
pas vraiment de sentiers et toutefois nous apercevons des points en mouvement
qui nous indiquent que des randonneurs sont en pleine ascension. Il nous
faudra une heure pour atteindre le sommet aplani de la montagne la plus
proche du Fitz Roy. Nous arrivons alors sur un plateau. Seul un lac glacé
nous sépare du mont. Plus impressionnant que jamais, Fitz Roy affiche
ses deux dents pointues. Yann, avec ses jumelles, observe alors deux alpinistes
à la base du Fitz Roy, sur sa partie enneigée. Quelques
frissons nous parcourent le dos à la vue de ces passionnés
de montagne faisant de l'équilibrisme, encordés et n'étant
pas à l'abri d'un affaissement de terrain. Le plus dur reste pourtant
à réaliser avec ce mur de roches se présentant à eux.
Nous
pique-niquons dans ce cadre majestueux. Nous allons alors sur un mont
avoisinant. Nos derniers efforts seront récompensés car
une fois sur son sommet, quelle surprise : un lac d'une beauté
bleue-verte colore ce décor de montagnes échancrées.
Nous restons assis un long moment, seuls, à contempler ce paysage
hors pair. Nous sommes conscients de bénéficier d'une vue
ensoleillée très dégagée sur le mont Fitz
Roy si souvent caché d'épais nuages. Nous mettons alors
deux heures pour rejoindre la base d'El Chalten, ayant réalisés
ainsi plus de six heures de marche.
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