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Il y a un demi millénaire,
la plus brillante des civilisations indiennes dAmérique du Sud,
celle des Incas, sépanouissait sur le territoire actuel du Pérou,
laissant derrière elle un patrimoine unique.
En outre, son environnement montagneux attire les randonneurs dans des
paysages dignes de lHimalaya
ITINERAIRE
(15 jours) : Tumbes - Lima - Arequipa -
Cuzco - Choquequirao - Puno
"TERRE INCA"
Tumbes
Le
taxi, qui semble connaître tous les douaniers équatoriens
et péruviens, s'arrête au bord de la route pour prendre des
bidons d'essence et nous demande alors de lui avancer dix dollars. Nous
refusons pensant que la course ne vaut que 1,5 dollars pour trente kilomètres
; en fait elle en vaudra 15 dollars, somme que nous paierons finalement
avec amertume à notre arrivée à Tumbes au Pérou.
Après
deux heures d'attente, nous prenons un bus pour Lima, distant de 1 300
kms. Sur le trajet, après avoir visualisé le film "
Pearl Harbour ", nous tentons de discuter, en espagnol, avec nos
voisines péruviennes : l'une revenant de Colombie et l'autre de
chez ses parents à Tumbes. Nous sommes sur la Panaméricaine
et on aperçoit l'océan Pacifique de ce côté-ci
du continent.
Lima
A
08h00, le lendemain matin, nous nous posons dans la capitale du Pérou
: Lima. Les nuages sont bas, et la grisaille donne un côté
non éveillé à cette ville. A pied nous essayons de
rejoindre le centre, mais au bout d'un moment décidons de prendre
un taxi. Pendant que nous entrons dans celui-ci, une gendarmette manque
de peu d'administrer un PV à notre chauffeur pour arrêt sur
voie rapide
Il nous faudra au final payer 15 sols (4 euros), pour
une course qui en vaut la moitié !
Nous
rentrons dans un hôtel élégant où il nous semble
comprendre 8 dollars la chambre pour la nuit. Mais lorsqu'il faudra signer,
nous réalisons finalement qu'il s'agira de 48 dollars !
Nous nous retirons en nous excusant et partons à la recherche d'un
autre hôtel qui se situe dans une rue piétonne.
Là,
nous obtenons une première chambre sans fenêtre, ce qui ne
nous enchante pas. Puis, à notre demande, nous dormirons finalement
dans une chambre avec balcon sur la rue piétonne la plus animée
de la ville, à dix mètres de la Plazza Mayor qui est une
des plus belles places, sinon la plus belle, de la capitale
et tout
cela pour quatre euros la nuit... Royal !!!
Nous
partons visiter la capitale qui fut fondée par Pizarro en personne
en 1535, le 6 janvier, jour des rois ; d'où son premier nom Cité
des rois. Une légende raconte que Pizarro, à la recherche
d'un endroit idéal pour fonder une grande cité espagnole,
se fit conseiller ce lieu par un indien, celui-ci sachant pertinemment
qu'ici, les nuages sont constamment présents...
Avec ses 1,8 millions d'habitants,
Lima abrite un tiers de la population
du pays ; nombreux sont ceux qui espèrent y trouver une vie meilleure...
On
reconnaît, à travers ses nombreuses places, l'architecture
espagnole avec ses balcons en bois rapportés sur des bâtisses
en pierre. Les rues et places sont très propres et souvent bondées
de monde. Le monastère de San Francisco loge une librairie comprenant
des milliers de textes antiques. Nous visitons les catacombes qui peuvent
contenir plus de 70 000 personnes. Dans la rue, nous assistons à
une manifestation pacifique de revendications sociales. La présence
militaire est encore plus forte qu'en Equateur ; la population semble
pourtant amicale et non dangereuse. Dans l'église saint Domingo
repose saint Martin, le premier prêtre noir américain.
Nous
visitons ensuite le musée de l'Inquisition datant de 1570 et utilisé
jusqu'en 1820 comme lieu de justice et de tortures des prisonniers non
espagnols durant l'inquisition espagnole. Notre guide est d'origine indienne
Décidément, les Indiens ne semblent pas en vouloir à l'inquisiteur
Puis,
dans un cybercafé, suite à une coupure de courant, Estelle
perd trois heures de saisie d'une newsletter, malgré les sauvegardes
C'est
ainsi que nous faisons la connaissance de Ruth, la propriétaire
du cybercafé.
Le lendemain, nous partons visiter El Museo del Oro (musée de l'or),
situé à l'extérieur de la ville. A l'intérieur,
casques, armes, tenues de guerre, suivies dans d'autres salles de poteries
datant de l'époque des Chimus, des
Incas, des Nazcas
Ce musée
rassemble des multitudes d'objets provenant des pays du monde. Une bijouterie
de renom se trouve dans l'enceinte du musée. Là, les bijoux
travaillés avec finesse représentent les sigles incas les
plus connus. On nous offre un pisco sour (spécialité locale
à base d'alcool de maïs, de blancs d'ufs et de jus de
citron), malgré nos tenues de voyageurs longue durée
En
fin de journée, nous rejoignons Miraflores, petite ville dans la
ville située sur la côte. Miraflores semble abriter la classe
sociale aisée et de souche espagnole ou européenne. La présence
policière, discrète, est moindre. Le centre commercial à
ciel ouvert à une superbe vue illuminée de nuit sur l'océan.
Les prix sont élevés, aussi nous nous limiterons à
une séance de cinéma " senores " (signes) avec
Mel Gibson
où Yann s'endormira faute d'intrigues
De
retour à la Plazza Mayor, nous sommes contents de retrouver notre
quartier populaire et la rue piétonne toujours animée en
soirée.
Le
lendemain matin, après un petit-déjeuner de churros (beignets
fourrés à la confiture locale), nous rencontrons Ruth qui
nous propose alors d'être hébergés par sa famille
à Cuzco. Etant donné que nous devons retrouver nos compagnons
allemands, nous déclinons son offre tout en l'appréciant.
Nous décidons ensuite d'aller découvrir un autre quartier
de Lima. Sur le chemin, les rues sont composées d'immenses édifices
massifs et de style tout en pierre. Les places principales défilent
: Plazza San Martin, Parque Universidad, plazzas entourées de parcs.
Etonnant décor qui nous rappelle le Bois de Boulogne aux petits
bateaux où se trouvent cygnes, canards et poissons. Au retour,
nous passerons à la tombée de la nuit devant le palais de
justice et l'hôtel Sheraton.
Nous
changeons ensuite nos tenues vestimentaires car c'est le soir du Théâtre
!
A
l'hôtel, de notre terrasse, nous pouvons voir les marchands étaler
leurs objets sur le sol. Soudain un bruit de verre attire notre attention
et nous assistons à l'arrestation d'un adolescent par des militaires.
La foule fait masse et semble prendre partie pour l'enfant qui, ainsi
sera libéré, du fait de la pression !
Rapidement,
nous rejoignons le quartier d'Isidor pour assister à une représentation
théâtrale péruvienne, de l'Avare de Molière.
Le public rit régulièrement dans la salle. Deux personnes
restent toutefois de glace : c'est nous !
en espagnol, on ne comprend
pas toutes les affinités de la langue
Nous finissons ensuite
la soirée dans un restaurant-bar où compte tenu du niveau
des prix, nous nous limiterons à un jus de fruit ! Faute de trouver
un endroit pour danser et ainsi finir la soirée en musique, un
taxi nous ramènera à la Plazza Mayor en grillant les feux
rouges, comme habituellement !
Au
matin de cette dernière journée à Lima, les places
et rues de la ville sont déjà bien remplies. C'est le jour
de la procession. Nous nous joignons à la foule vêtue principalement
de violet. Sur les parterres, des fleurs multicolores sont posées
sur des petits grains de café et des copeaux de bois. Les policiers
et l'armée sont fortement présents.

Nous
allons rendre visite à Ruth qui abaissera les grilles de sa boutique
à la venue de la procession dans la rue. Nous sommes ainsi à
l'écart des mouvements de foule. Autour de nous, à l'avancée
de la procession, les gens pleurent à l'écoute de la musique.
Ruth nous explique que cette cérémonie est en mémoire
d'une femme qui, selon le rituel, doit sacrifier son fils en le donnant
en offrande au Christ pour ainsi libérer celui-ci. Alors la joie
revient sur les visages !
Nous
faisons la connaissance de Roso, le mari de Ruth, et de leur fils Brian.
Roso est aujourd'hui en tenue civile de policier. Il portera tout de même
son arme sous son veston
Puis nous nous promenons au bord du canal
en attendant notre bus pour Arequipa. Nous assistons à des sketches,
comédie ou musique dans des petites arènes tout au long
de notre ballade. Nous serions bien restés plus longtemps mais
notre séjour à Lima prend fin maintenant.
Arequipa
Aussi
nous nous installons dans le bus pour seize heures de route. De nuit,
nous traversons Pisco et Nazca sur la panaméricaine. Au petit matin,
nous distinguons nettement à notre gauche le désert et ses
dunes, et à notre droite l'océan Pacifique. A midi, nous
arrivons à Arequipa où nous dégotons, une fois de
plus, un hôtel bon marché et très bien situé
car il nous offre une magnifique vue sur la très jolie place de
cette ville, la Plazza del Armas.
Arequipa, situé à 2 300 mètres d'altitude, compte
presque un million d'habitants. Ce qui en fait la seconde plus grande
ville du pays. A ses alentours, des montagnes et volcans dont le plus
connu El Misti. La ville blanche doit son surnom à la roche volcanique
blanche du nom de " Silla " qui a servi à la construction
des édifices par les Espagnols en 1540. Régulièrement
la ville subit des tremblements de terre dont le dernier date de 2001.
Dès
notre arrivée, nous partons pour la visite du Monastère
Santa Catalina, construit en 1580, c'est un des plus fascinants édifices
religieux coloniaux du Pérou. A l'époque, seules les femmes
qui avaient une dote importante pouvaient y accéder. C'est d'ailleurs
grâce à la richesse d'une femme que fut bâtie cette
ville dans la ville. A l'intérieur de ce monastère, nous
arpentons les ruelles et habitations qui abritaient à ses débuts
500 nonnes et servantes. En 1970, le monastère fut ouvert au public.
Aujourd'hui, trente nonnes résident encore dans ces lieux.
Puis, nous revenons sur nos pas visiter la place des armes et sa cathédrale.
La place est comme toujours, composée de verdures et arbres dont
de nombreux palmiers, bancs publics et arcades sous lesquelles se trouvent
de petits commerces. De part sa couleur blanche, c'est l'une des plus
belles places des armes que l'on ait vue sur ce continent. A ses côtés,
la Cathédrale, bâtie en 1656, a été reconstruite
à maintes reprises suite à des incendies ou séismes.
L'intérieur que nous visitons lors d'une messe est lumineux, spacieux
et sans surcharge décorative.
Le
soir, nous apprécions la cuisine épicée d'un restaurant
mexicain accompagné d'un pisco sour.
Faute de trouver à nouveau un lieu pour danser en ce samedi soir,
nous buvons une cerveza dans un bar local et finirons au casino dans l'espoir
de rallonger ce voyage de quelques années ! Puis, de notre fenêtre,
la blancheur de la cathédrale et de la place des armes accentuée
par l'illumination des projecteurs de nuit, ressort plus que jamais.
Le
lendemain, nous décidons d'aller visiter Chiguata, petit village
situé près du volcan El Misti à 5.822 mètres
d'altitude. Sur le chemin, nous pouvons apprécier une vue panoramique
d'Arequipa.
Dans
le village, des habitants traversent les rues accompagnés de leurs
ânes et vaches, les enfants jouent sur la route avec les chiens,
des dames âgées, sur un banc orange, s'ouvrent une bouteille
de coca cola, les amoureux, mains dans la main, déambulent. Nous
nous installons sur la place principale pour écrire la newsletter
de l'Equateur.
En
fin de journée, alors que nous attendons le bus pour retourner
sur Arequipa, des gens s'amassent dans une voiture. Le chauffeur nous
propose alors de nous conduire à Arequipa. A dix dans le véhicule,
plus les trois enfants du chauffeur dans le coffre, nous prenons la route
; Estelle s'installera à l'avant sur les genoux de Yann

Rapidement
nous retrouvons les rues animées d'Arequipa. Le soir, nous partons
à la recherche d'un restaurant. Nous dégotons une sorte
de cantine locale où le prix économique nous y attire :
1 euro le menu poulet-frites avec un verre de vin ! Après avoir
goûté au vin, nous nous promettons de ne plus y toucher par
sécurité
Le reste du repas nous remplira tout simplement
l'estomac.
Cuzco
Le
lendemain, nous prenons un bus pour Cusco et mettrons dix heures pour
atteindre cette ancienne capitale de l'empire Inca. C'est ici que l'on
peut retrouver les descendants des Incas qui parlent quechua. La ville
située à 3.326 mètres d'altitude comprend 300 000
habitants. C'est la ville inca la plus traditionnelle, en pierre taillée,
associée à des fondations espagnoles dont de nombreuses
églises.
Historiquement,
les
Incas ont construit Cusco après avoir battu les Chancas
en 1438. Pachacutec, le fameux chef inca, est à l'origine du développement
de la cité et de l'empire inca. Au XVIème siècle,
le conquistador Pizarro, après avoir enlevé un des fils
héritier de Pachacutec, marcha en direction de la cité afin
d'affirmer son pouvoir espagnol. Aujourd'hui, ce ne sont plus les Espagnols
mais le monde entier qui marche sur Cusco, ville de départ de nombreuses
excursions archéologiques.
Cusco
est aujourd'hui saturé au risque d'y perdre son âme
A Cusco, nous descendons par hasard à 20 mètres de l'hôtel
de Bjorn et Francisca que nous devons retrouver dans la ville. Nous passons
l'après midi à rechercher tous les quatre une bonne opportunité
de trek. Compte tenu des tarifs exorbitants pour le Machu Picchu et le
Chemin de l'Inca, nous décidons de trouver plus d'informations
sur un nouveau site Inca récemment découvert et ainsi vérifier
la validité de la rumeur qui fait bruit.
Pour
optimiser la recherche, nous partons chacun de notre côté
et nous donnons rendez-vous une heure plus tard. Bjorn reviendra avec
une carte grossière d'un site encore à semi-enfoui qui se
trouve à environ 80 kilomètres de Cusco et qui se nomme
Choquequirao. Ensemble, nous décidons de partir le lendemain à
la découverte de ce site malgré le peu d'informations que
nous avons.
D'après
les données de la carte (dénivelés, distances), nous
nous donnons quatre à cinq jours pour couvrir l'aller-retour. Nous
nous lançons dans les préparatifs (location de tentes, alimentation
).
En fin de journée, nous partons visiter le site de Sacsayhuaman
sur les hauteurs de la ville. Ce fut le lieu de festivité de la
capitale des Incas. Le prix forfaitaire de la visite comprend cinq sites
que nous ne pouvons pas faire par manque de temps. Aussi, nous décidons
de rejoindre à pied Cusco en contrebas, profitant des points de
vue panoramiques.
Le soir, tous ensemble, nous apprécions un repas mexicain.
A
l'aube, un taxi nous emmène au village de Cachora, point de départ
de notre trek.
Choquequirao.....existe-elle
?
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