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La Chine reste encore mystérieuse malgré son ouverture sur le monde, et aux dimensions démesurées. Des villes incroyables et des paysages maginifiques.
ITINERAIRE
(7 jours) : Guillin - Yangshuo
"PAYSAGES POETIQUES"
HANOI
- GUILLIN
Premier poste frontière côté vietnamien. Tout le monde
descend. Je m'aperçois qu'il n'y a pas grand monde dans ce si grand
train. Nous passons quand même 1h30 dans un hall à attendre
et remplir des papiers administratifs. Nous avons également droit
à un petit diagnostic santé lié au SRAS, qui consiste
à introduire un instrument dans une oreille ! Sûrement une
prise de température !
De
retour dans le train, je m'endors rapidement dans ma couchette. Sans notion
du temps qui s'est écoulé, je suis réveillé
par une femme en uniforme. Nous devons nous trouver au deuxième
poste frontière, cette fois chinois. La douanière me parle
en chinois, elle doit vouloir mon passeport, que je lui remets, toujours
installé sous mes draps. Puis elle quitte le compartiment en possession
de mes papiers et ceux de mes voisins chinois. Je jette un oil par la
fenêtre, le drapeau rouge qui flotte sur une façade de la
gare, avec les symboles jaune de la faucille et du marteau me confirme
notre passage coté chinois.
Sans quitter nos lits, on nous restituera 1h00 plus tard nos papiers.
Je m'endors de nouveau, impatient des premières images de la Chine
en plein jour.
Malgré l'épaisseur des rideaux, la lumière du soleil
a fait disparaître la pénombre du compartiment. Je tire légèrement
le rideau, afin de ne pas réveiller mes voisins qui dorment, et
je vois enfin la Chine qui défile derrière la fenêtre.
Un paysage vaste, vallonné, et recouvert d'une petite végétation
plutôt sèche. Des villages apparaissent, mais ils sont rares.
Malgré la petite taille des villages, il y a parfois deux ou trois
immeubles aux façades vieillies prématurément par
le temps. Certains villages semblent être des collectivités,
car je peux voir sur les champs de culture avoisinant, des groupes importants
de personnes travaillant en équipe. Les quelques machines agricoles
utilisées sont d'une autre époque et me font penser à
certains clichés de nos campagnes dans les années 60.
Les gens commencent à défiler dans les couloirs du train
et les annonces faites en chinois ne m'aident pas à en connaître
la raison. Peut-être l'approche d'un arrêt, mais pas Guillin
car c'est encore trop tôt. Le jeune couple chinois m'explique alors,
que nous allons faire escale à Nanning. Elle n'est pas répertoriée
dans mon guide. C'est pourtant la capitale de la région de Guangxi,
et elle abrite 1 million d'habitants. Bon d'accord ça ne représente
que 0.008% de la population en Chine !
Kin et Yuantu m'expliquent que nous seront autorisés à sortir
du train et revenir à 11h00, heure à laquelle le train repartira.
Juste le temps de m'habiller et m'équiper, sans oublier le caméscope
pour immortaliser les premiers pas en Chine. Une grande place fait face
à la gare, au bout de laquelle se dresse une forêt d'immeubles.
Il n'y a pas vraiment de style architectural, mais tous ces bâtiments
sont en bon état. Je pénètre dans cette jungle de
béton, et me faufile au hasard des rues. Je profite d'une rue commerçante
pour prendre mon petit-déjeuner. L'obstacle que je redoutais surgit
alors ! La langue ! Il est très difficile de se faire comprendre
et de comprendre. Ici, on parle chinois et rien d'autre. Deux paquets
de gâteaux et une boisson ne me poseront pas de réels problèmes
pour cette fois. Je déambule dans un marché de rue. L'odeur
ne trompe pas, j'arrive dans le secteur des poissons qui s'agitent dans
des bacs de béton remplis d'eau. Je reconnais le poisson chat !
Je suis maintenant dans une autre rue commerçante, et la vue d'un
salon de coiffure me donne envie d'aller me faire passer un coup de tondeuse.
Je suis aussi à ce moment en train de filmer l'animation de ce
quartier, et soudain quelque chose dans mon champ de vision me trouble.
C'est une simple horloge murale, mais l'heure qu'elle affiche ne correspond
pas avec celle qu'indique l'écran de mon caméscope ! Il
est 10h45 sur l'horloge, mais 9h45 sur mon écran et à ma
montre également. Je réalise alors que j'ai dû passer
un fuseau horaire cette nuit et qu'il doit y avoir un décalage
maintenant. Le train repart dans 1 quart d'heure. Le salon de coiffure
sera pour une autre fois. Je m'empresse de regagner la gare, que j'atteins
10 minutes plus tard. Dans le compartiment, je suis content de retrouver
mes amis chinois, qui commençaient à s'inquiéter
de mon absence. Nous rirons ensuite de la mésaventure que j'ai
évitée. Il reste maintenant 500 Kms à parcourir pour
atteindre Guilin. Kin et Yuantu habitent Pékin où ils sont
étudiants. Ils me confirment que la société chinoise
bouge plus que jamais et qu'ils sont ravis que leur pays s'ouvre au monde.
Il me conseille de venir à Pékin et me serviront de guide.
Ils me recommandent fortement de visiter la cité interdite. Ils
se réjouissent aussi à l'idée que la capitale va
accueillir les Jeux Olympiques de 2008.
GUILIN
Après
quelques heures le train ralentit de nouveau, nous entrons en gare de
Guilin. Je quitte mes compagnons de voyage en leur souhaitant bon courage
pour les 40h00 qui leur reste à passer dans le train.
Ne parlant pas le chinois je vais essayer de trouver cette fois-ci un
logement rapidement sans m'exposer à des discussions. Je trouve
un hôtel à proximité de la gare et le long d'une grande
artère. Il est bien placé et pas trop cher. Il se trouve
dans un quartier modeste, qui est composé de petits immeubles de
briques rouges, type HLM. Il y a peu de commerces mis a part quelques
épiceries. Les larges avenues sont fréquentées principalement
par des vélos. Je me mets alors à la recherche d'un loueur
de bicyclettes. J'approche un groupe d'hommes âgés assis
autour d'une table et en train de jouer aux cartes. Je tente de faire
comprendre mon besoin, et un des joueurs s'interrompt pour m'accompagner
dans une arrière-cour. Nous empruntons les escaliers d'un de ces
bâtiments rouges pour aboutir finalement devant la porte d'un des
locataires. La porte s'ouvre et un vieil homme apparaît. Ses cheveux
sont presque blancs, tout comme sa barbichette, il a les traits creusés
et le teint mat. Après quelques échanges entre les deux
hommes, nous redescendons tout les trois, puis mon premier interlocuteur
nous quitte en me saluant, je le remercie d'un signe de la tête.
Nous marchons en direction d'un parking à vélos, dans lequel
le vieil homme pénètre pour en ressortir avec l'un deux.
Il est de couleur rouille et en mauvais état.comme tous les autres.
D'ailleurs il est vraiment rouillé et les pneus blancs sont carrément
craquelés par le temps. Je lui fais signe que les pneus sont à
plat, mais il semble dire que ce n'est pas un problème car il est
équipé d'une pompe. Après avoir regonflé les
pneus il me dit que ça tiendra plusieurs jours. Cette situation
me fait un peu rire et le vieil homme est sympathique. J'accepte en espérant
que le vélo ne cassera pas sous mon poids. Je m'engage sur la grande
artère et me mêle au flot de deux roues, à la découverte
de cette ville.
Il me reste 10 jours avant de prendre mon avion pour la France. J'ai prévu
de rester 2/3 jours ici, 3 jours à Yangshuo et le reste à
Hong-Kong. En tenant compte du temps des trajets, je n'ai pas trop le
droit à l'erreur et je vais donc dans déja prendre mon ticket
de bus Guilin/Yangshuo.
Guilin signifie " la foret d'osmanthus ", du nom de cet arbre
aux jolies fleurs rouges ou blanches. Les nombreux " pains de
sucre ", qui dessinent le relief de la région n'ont pas
empêché cette ville de s'implanter et de fleurir parmi eux.
De plus, la rivière Lijiang qui se faufile dans ce paysage, donne
à ce cadre une image poétique qui a inspiré beaucoup
de peintres chinois. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a un
fort tourisme intérieur et en provenance d'Asie.
Le
centre ville est moderne et on peut y voir des grands bâtiments
de pierre qui abritent des shoppings et commerces sur plusieurs niveaux.
Rien à voir avec mon quartier qui n'est pas si loin. Le fleuve
qui se faufile dans la ville est bordé de quais et me rappelle
certains endroit de Paris mais plus aérés. La population
de Guilin s'élève à 800 000 habitants. Le matin de
bonne heure j'assiste à la gymnastique quotidienne de groupe de
personnes qui gesticulent sur une douce musique qui sort d'un poste posé
au sol. Je trouve dans une grande librairie des BD de tintin. Il y a l'édition
officielle et la copie. J'achète quelques exemplaires des deux.
Je visite plusieurs collines. Certaines d'entre elle abritent des grottes,
mais toutes sont sacrées et ont une histoire propre à elles.
Des les petits parcs aux pieds des collines les enfants, jouent et des
hommes agés disputent des parties de cartes. Les multiples restaurants
proposent des spécialités régionales. La cuisine
de Guilin est réputée dans tout le pays. Plats exotiques
à base de serpent, tortue et autres animaux sauvages. Peu de personnes
parlent l'anglais, mais tous font l'effort de comprendre lors des contacts.
YANGSHUO
J'arrive à la gare routière de Yangshuo par bus. Je trouve un petit
hôtel à proximité, et donnant sur l'artère
principale de cette ville qui ressemble plutôt à un bourg.
Dans la rue, je fais la connaissance de Rong, une jeune chinoise local,
qui me propose de me faire visiter la région en vélo. Equipé de deux VTT flambant neufs, nous quittons rapidement la ville pour nous
retrouver au milieu de ces " pains de sucre ", en longeant
les étroits chemins qui servent de petits ponts de circulation
entre les rizières. Puis nous traversons un petit village où
Rong semble être connue de tous. Elle me présente à
plusieurs personnes. Puis nous faisons une autre escale dans un village
plus grand celui-ci et animé par un marché. Nous déambulons
dans le long des étalages ou on peut sutout voir de l'alimentaire
et parfois des fleurs. Il y a toujours ses bacs de béton hébergeant
des gros poissons tout en longueur. Le ciel se couvre rapidement et il
finit par pleuvoir. Nous restons un long moment sous une bâche d'un
de ces étalages, à attendre le moment propice pour nous
remettre en selle. La pluie cesse au bout d'une heure, et nous nous rendons
directement dans un petit resto qui fait face au Moonhill. La "
colline de la lune " est surmontée d'une arche naturelle,
c'est-à-dire un vaste trou percé dans la roche. La famille
qui tient ce restaurant (qui ne ressemble pas vraiment à un resto),
est très accueillante et connaisse également Rong. Je prends
mon repas en compagnie de toute la famille. Le grand père ne cesse
de se servir de l'alcool de riz et me remplit également mon verre.
Ce qui me vaudra de faire une sieste dans un hamac. Nous repartons en
milieu d'après midi, pour visiter Yangshuo. La ville semble vivre
du tourisme, et le charme de cette région est un atout considérable.
Une longue rue semi piétonne est bordée de petits commerces
ouverts très tard dans la nuit et qui proposent l'artisanat local.
On trouve de tout ! baguette de jade, coffret de calligraphie, sceaux
personnalisés, peintures, vêtement traditionnel.Il y a aussi
beaucoup d'endroits pour se restaurer et le personnel maîtrise très
bien l'anglais.
Au bord de la rivière Li qui traverse la ville, je découvre
la surprenante pêche aux cormorans. La barque du pêcheur
est équipée d'une lampe à pétrole, car l'activité
commence en général en fin de journée. L'homme envoie
son associé à l'action en sortant un son spécial
de sa bouche. L'oiseau plonge alors et réapparaît avec un
poisson dans le bec qu'il rapporte aussitôt à son maître.
Le cormoran à tout de même une ficelle serrée autour
du coup afin qu'il n'avale pas la proie.
Je loue de nouveau un VTT pour les dernières journées, et
je m'aventure dans cette étonnante nature. Je longe la rivière,
traverse des étendue de rizières, j'emprunte des petits
ponts pour changer de rive, pénètre dans des villages pittoresque
sans âmes qui vivent. Je rencontre un homme en plein milieu d'un
champ qui porte un tee shirt avec l'effigie d'un célèbre
personnage. Ce tintin est vraiment une star internationale. Je parcours
ainsi 50kms dans ce paysage de toute beauté !

Cette
incursion en Chine m'aura permis de me faire une petite idée de
ce pays qu'on dit qu'il sera bientôt la première puissance
économique du monde. Malgré cet instant bref, j'ai pu sentir
le bouleversement que vit cette population qui semble cependant préparée
et impatiente. Ici on dit " tu pars une semaine, tu ne reconnaît
plus ta rue, tu pars 1 mois tu ne reconnais plus ta ville, et si tu pars
un an tu ne reconnais plus ton pays. " La Chine détient le
record de population avec près d'un milliard trois cent mille personnes,
mais la densité reste à peu près la même qu'en
France !
Je
me dirige vers Hong-Kong dans un petit bus couchette comme je n'ai jamais
vu. Il y a en fait quatre rangées de lits superposés sur
trois niveaux. Hong-Kong signifie " Port au parfum. C'est la place
préférée de tous les business men et autres self-made
men de la planète. Phare du capitalisme en Asie, c'est aussi le
mariage de l'Occident et de l'Asie.
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