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En
bordure de la Chine, du Cambodge et du Laos, le Vietnam, encore immergé
dans un passé légendaire, offre une palette de sites magnifiques
tels que :
les reliefs insolites de lBaie d'Along, la Cité Impériale
de Hué, les pagodes
et temples, les paysages de forêts et de rizières.
ITINERAIRE (30 jours) : Saigon -
Delta du Mékong - Mui Ne - Nha Trang - Hoi An - Hue - Hanoi
- Baie d'Along - Sapa - Mai Chau - Tam Coc
"VIETNAM NORD"
HUE
Escale dans l'ancienne capitale du pays. C'est l'un des principaux centres
culturels et d'enseignement du Vietnam. A une dizaine de kilomètres
de la ville, se trouvent de nombreux tombeaux impériaux des empereurs
N'Guyen et en pleine ville l'immense citadelle. Nous n'avons pas prévu
de rester longtemps à Hué et nous louons une nouvelle fois
un scooter afin de visiter ces lieux.
La citadelle est entourée de douves sur un périmètre
de 10 km. Dans l'enceinte, se trouvent les bâtiments impériaux
qui sont protégés par des murs
qui mesurent 6 mètres de haut sur 2km500 de long. Le reste de la
citadelle est composé de maisons et commerces, c'est une ville
dans la ville, que l'on parcour avec plaisir en scooter. Quatre entrées
donnent accès au lieu, la porte principale est surplombée
d'un gigantesque drapeau national.
Le meilleur endroit pour déguster le bon café vietnamien
est sur l'autre rive, à proximité du pont Trang Tien, qui
change sans cesse de couleur la nuit venue. Nous faisons également
un petit tour sur le fleuve a bord d'un pédalo.qui prend l'eau
!
En route pour découvrir l'une des nombreuses Pagodes des environs
de Hué, que nous ne trouverons jamais, nous avons assisté
à une cérémonie des plus étranges ! Après
avoir roulé une grande partie de la journée, nous sommes
sur le chemin du retour, et nous passons près d'un pré qui
sert de parking à une centaine de deux roues. Curieux, nous faisons
halte, et garons à notre tour notre scoot. Nous empruntons un petit
chemin qui descend sur un fleuve. Il y a foule, et beaucoup d'exposants
en tout genre sont installés de part et d'autre du chemin. Une
fois au bord du fleuve, nous apercevons sur l'autre rive une cinquantaine
d'embarcations face à une colline qui abrite apparemment un petit
temple. Qu'est donc ce temple au milieu de la nature qui suscite tant
d'adoration !? Il y a l'air d'y avoir beaucoup d'ambiance et la musique
se fait entendre depuis ce côté du fleuve. Nous rejoignons
l'autre rive à l'aide d'une des nombreuses navettes prévues
à cet effet et qui tournent sans relâche. Sur le chemin de
boue, nous longeons toutes ces embarcations à quai. Elles sont
toutes décorées à cette occasion, et dans chacune
se déroule une cérémonie. Des personnes sont assises
en cercle, les femmes ont le visage peint et sont parées de robes
magnifiques. Le plus étonnant est le style de musique et de danse.
Nos regards se croisent avec Claire, nous esquissons un sourire car nous
pensons la même chose, en effet ça ressemble étrangement
a de la techno !
Nous passons la nuit dans un pub en compagnie d'un couple français
habitant Paris et en vacances au Vietnam.
Le téléphone sonne, je regarde ma montre, il est 6h30 du
matin. Je ne comprends pas trop ce que me raconte mon interlocuteur, mais
il a l'air paniqué ou furieux. Je réalise alors que c'est
sûrement le jour de la visite de la DMZ que nous avons réservé
deux jours auparavant. Je réveille Claire qui a le sommeil profond,
et nous descendons quelques minutes plus tard à l'accueil. Dehors,
un minibus n'attend plus que nous !
La DMZ (zone démilitarisée) est le résultat
d'un accord signé en 1945 entre les USA, le Royaume-Uni et l'ex-URSS.
Pour des raisons politiques et logistiques, les alliés décidèrent
que les troupes d'occupations japonaises situées au sud du 16ème
parallèle se rendraient aux Anglais et ceux du nord se rendraient
aux Chinois. Entre 1954 et 1975, la DMZ servit de ligne de démarcation
entre la république du Vietnam (sud) et la république démocratique
du Vietnam (nord). Large de 5km, elle fut le théâtre de batailles
sanglantes au cours de la guerre du Vietnam. Depuis, les mines et autres
engins non explosés ont tué ou mutilé plus de 5000
personnes.
Nous avons rencontré au cours de cette journée, des minorités
aux alentours de la DMZ. Ces populations ont choisi, pendant la guerre,
de se battre contre l'envahisseur avec leurs armes de fabrication artisanale.
Ils n'ont pourtant pas l'air d'être reconnus comme citoyens vietnamiens
et habitent toujours des maisons précaires faites de bois en pleine
forêt.
HANOI
En
découvrant la capitale vietnamienne, j'ai le reflexe de la comparer
avec Ho Chi Minh-ville. Elle paraît beaucoup moins rurale à
première vue. Claire et moi trouvons un hôtel dans la vieille
ville, quartier millénaire et l'un des plus animés. Le quartier
est composé de pâtés de maisons aux façades
étroites mais tout en longueur. Les commerces attirent une foule
de monde des l'aube jusqu'à tard dans la nuit. A l'exception de
ce quartier, la ville est plus calme que sa sour du sud. Les espaces verts
sont plus nombreux. Le lac Hoan Kiem en plein centre ville, est
charmant. Malgré les avenues qui bordent ce lac, une balade autour
de celui-ci est très reposante.
Nous nous rendons au Mausolée de Ho Chi Minh. Comme son
nom l'indique La bâtisse abrite l'ancien président et père
du peuple vietnamien. La file d'attente le long du mur est impressionnante.
Claire se voit refuser le prêt de vêtement pour visiter ce
lieu en tenue descente (épaules couvertes). Je ne vois aucun touriste
étranger. Parmi la foule, certains versent déjà une
larme à l'idée de voir Ho Chi minh. Je patiente finalement
1h30 environ avant de pénétrer dans le mausolée.
En file indienne nous suivons le parcours qui passe au pied de la boite
de verre ou est allongé " l'Oncle Ho " ! Les gardes sont
omniprésents tout le long du circuit.
Le spectacle de marionnettes aquatique est unique en son genre.
Il doit son origine à des jeux de paysans dans les rizières
! Cet art millénaire, qui fut un spectacle à la cour sous
la dynastie de Ly et Tran (1010-1400), disparut puis renaquit à
Hanoi lors de l'ouverture du théâtre municipal de marionnettes
aquatiques.
BAIE
D'ALONG
Nous
prenons un bus pour nous rendre à Along qui se trouve à
100km d'Hanoi. C'est le point de départ pour découvrir la
fameuse Baie. Nous achetons un circuit de deux jours, comprenant la visite
de la baie en bateau, une nuit à bord, une autre nuit sur l'île
de Cat Ba et la visite du parc national qui se trouve sur l'île.
Nous sommes huit à bord, en plus des trois personnes qui composent
le personnel.
La Baie d'Along fut inscrite en 1994 au patrimoine mondial de l'Unesco.
Elle couvre 1500km², et c'est l'une des merveilles du Vietnam.
Nous sommes rapidement au milieu de ces îlots rocheux et recouverts
de végétation. On peut apercevoir à la base de certains,
de petites plages de sable blanc. Le décor est féerique.
Nous faisons escale sur une île, pour aller visiter une grotte.
Elle est énorme et se nomme Hang Gau Do. Les Français l'appelaient
grotte des merveilles. Elle comprend trois grandes salles qui regorgent
de stalagmites et stalactites. De retour sur notre bateau, nous déambulons
au milieu de ces beautés naturelles. Puis nous jetons l'ancre,
pour ensuite admirer ce lieu mais cette fois-çi en Kayac. Encore
un bon moment de liberté et plaisir. Nous pénétrons
dans le tunnel d'une île pour en ressortir à l'intérieur.
Les parois rocheuses sont hautes et donnent un effet de résonance
au moindre bruit. Puis nous allons passer un moment sur l'une de ces petites
plages.
Le soir venu, nous mouillons dans la baie. Soirée animée
et arrosée de bière. Nous faisons connaissance avec le reste
du groupe dont un couple québécois quinquagénaire
qui effectue aussi un tour du monde. Avant de se coucher nous allons nager
pour clôturer cette merveilleuse journée.
Le
lendemain, nous accostons sur l'ile de Cat Ba, au port de Phu Long.
On nous accompagne à l'hôtel réservé pour nous.
Nous avons une grande chambre avec vue sur le port qui est principalement
composée de petits hôtels
La baie à cet endroit est recouverte de bateaux en tout genre,
qui en fait un gros village flottant.
L'après midi, Nous faisons une grande marche dans le parc national
de Cat Ba. Beaucoup d'oiseaux et mammifères habitent ce site, mais
nous n'en verrons pratiquement pas. Il faut dire qu'il a commencé
à pleuvoir fortement et nous atteignons après 2 heures de
marche le sommet de l'île. Nous grimpons prudemment sur l'observatoire
en bois, les escaliers sont glissants. Le point de vue est magnifique
malgré le temps couvert.
Sur le retour à Hanoi, nous faisons une halte dans un restaurent
isolé, au milieu de rizières à perte de vue.
SAPA
Depuis Hanoi, nous prenons le train de nuit pour rejoindre la ville de
Lao Cai, au nord du Vietnam et à la frontière chinoise (380km).
Le prix du billet en couchette étant élevé, nous
avons opté pour la classe assise. Mais surprise dans le train,
il ni y a pas de places assises ! nous passons une bonne partie du voyage
au wagon bar à jouer aux cartes et boire coca sur coca. Puis nous
finirons allongés dans un couloir. Nous prenons ensuite un bus
depuis Lao Cai pour parcourir les 40kms qui nous séparent
de Sapa. La route zigzague sur le flanc d'une chaîne de montagne.
A Sapa, il fait frais, le relief est alpin, forêts et rizières
habillent le paysage. On peut voir par endroit une étroite route
de terre qui parcour l'épaisse végétation. Il est
encore de bonne heure et une petite brume matinale remonte des vallées.
L'hôtel dans lequel nous descendons est très bien placé.
Nous avons depuis le balcon de notre chambre une vue panoramique sur une
des faces cachée de la nature vietnamienne.
Sapa est une station de montagne érigée en 1922 pendant la présence
française. La ville ressemble plutôt à une petite
bourgade.
L'intérêt principal pour nous, en plus de ce cadre, est la
présence de minorités hmong et dzao. Ces montagnards oubliés,
pauvres et souvent ne sachant ni lire et écrire, peuplent la région,
en retrait de la société vietnamienne. La seule relation
actuelle avec le gouvernement est due à la forte pression qu'exerce
ce dernier sur les minorités pour éradiquer une la culture
de l'opium, qui est une très ancienne tradition. On peut croiser
en ville des hmongs venant commercer. Ils sont facilement reconnaissables
à leur physique et leurs vêtements traditionnels. Leur visage
est rond, la peau mate et les joues rouges. C'est sûrement dû
à l'altitude et au climat. Leurs habits sont fait de toile noire.
Les femmes portent jupes et tabliers par-dessus des guêtres et aussi
un chapeau cylindrique. Elles se parent de grands colliers, de bracelets
et de boucles d'oreilles en argent.
Nous louons un scooter afin de quitter Sapa et nous aventurer dans les
endroits les plus reculés. Nous avons parfois du mal à progresser
compte tenu du mauvais état de la route. Il faut dire qu'il y a
peu de temps, cette ville était difficilement accessible depuis
Hanoi, et a été laissé longtemps a l'abandon. Elle
fut pendant une période la destination privilégiée
des Français de l'époque qui retrouvaient ici un peu de
France montagneuse. Il y a d'ailleurs toujours de vieux hôtels français
parmi d'autres récents plus modernes.
Nous croisons sur la route des paysans hmong, souvent jeunes. A proximité
d'habitations, on voit aussi des buffles, des porcs et des poules, parfois
seuls. La route appartient à tout le monde ! Nous faisons de nombreuses
haltes afin d'admirer le paysage, ou de prendre un verre. Le plus dur
est de trouver dans un village le café ! Malgré la barrière
de la langue, il est facile de communiquer avec ces gens. Ils sont surpris
de nous voir, mais la curiosité est plus forte et nous sommes rapidement
assis à discuter, faire des signes et sourire.
Puis après avoir roulé quelques temps sans plus croiser
personne, nous décidons de poser notre scoot. et de nous enfoncer
à pied dans l'épaisse forêt qui recouvre le flanc
d'une montagne. Nous approchons d'un groupe d'habitations que nous détournons
afin de ne pas perturber et de respecter cette communauté. Nous
sommes interpellés par une femme toute vêtue de noire, qui
nous fait signe de la rejoindre. Le hameau est composé de quatre
ou cinq maisons faites de planches en bois, ainsi que de quelques cabanes
destinées aux animaux. Les chemins sont de terre et très
irréguliers. Plusieurs personnes sont maintenant autour de nous.
C'est un village hmong. On nous invite rapidement à pénétrer dans une des
maisons. Une fois à l'intérieur, nous réalisons que
ces gens allaient se mettre à table, car celle-ci est recouverte
de vaisselle, de plats variés et joliment composés. Le tout
très bien arrangé sur deux petites tables. Nous sommes dans
une situation gênante, et je ne sais que faire. M'installer à
table comme on nous le demande ou partir et refuser cette invitation.
Il serait incorrect de partir ! nous prenons place sur un banc, et essayons
de communiquer, afin de comprendre le mode de vie des hmongs. Puis deuxième
surprise de taille, encore plus gênante ! Le repas a été
spécialement préparé pour un événement.
Une personne a quitté pour toujours ce village. Cette personne
est un bébé qui est mort quelque temps après sa naissance.
Un homme me montre du doigt la maman, elle me sourit mais je devine la
tristesse d'une mère qui perd son enfant. Nous restons une partie
de l'après midi avec eux, et encore une fois à amuser les
enfants. Je tente aussi de communiquer tant bien que mal avec la doyenne
du village. L'heure est venue de rentrer à Sapa et nous devons
quitter nos hôtes si accueillants et chaleureux. Je fais mes adieux
à la vieille femme en lui tendant la main qu'elle me prend avec
les deux siennes. Je vois dans son regard toute la sagesse de son age.
Je me souviens alors d'une autre doyenne rencontrée pendant ce
tour du monde. Jeannette de Vanuatu.
HANOI
Nous voici de retour dans notre quartier de Hanoi, ou nous avons laissé
nos sacs à l'accueil de l'hôtel.
En préparant ce tour du monde, j'ai noté diverses choses
que j'ai souhaité réaliser durant ce voyage. Une d'entres
elles doit s'organiser ici. La Minsk est une moto russe, 125cc et conçue
avant guerre. Dans les montagnes accidentées du Vietnam, rien n'égale
la Minsk. On n'en a d'ailleurs croisé quelques unes dans la région
de Sapa. On nous a parlé d'un endroit au sud de Hanoi, où
se trouve une Baie d'Along, mais sur terre. Ca serait le moyen de transport
idéal pour nous y rendre. Il ne me reste plus qu'à convaincre
Claire. Après quelques mots du projet, elle est aussi emballée
que moi. J'ai repéré un loueur de Minsk à mon arrivée
à Hanoi et qui se trouve dans notre quartier. Il faut maintenant
le retrouver dans ce labyrinthe qu'est la vieille ville. Nous laissons
une fois de plus notre gros sac à l'accueil de l'hôtel, qui
ne fait pas vraiment une bonne affaire avec nous.
LE
NORD EN MINSK
La
Minsk rouge est maintenant devant notre hôtel et fait sensation
! nous enfourchons la machine, et nous voila en route pour l'aventure
équipés de deux petits sacs à dos sur notre bolide.
Nous roulons prudemment dans les petites rues de notre quartier, surtout
fréquentées par des piétons ou des vélos.
Le bruit de notre Minsk attire les regards sur notre passage. L'embrayage
me fait un peu peur car j'ai du mal à passer la troisième.
J'espère que ça tiendra. Nous parcourons 50 kms avant de
quitter complètement la capitale. J'ai du mal à expliquer
la sensation de plaisir que je ressens à chevaucher cette moto
dans ce cadre. Nous sommes maintenant en pleine nature et les champs et
rizières défilent de part et d'autre de la route. Notre
premier objectif est d'atteindre Mai Chau distant de 135 kms. Le café
vietnamien est délicieux, et nous feront quelques haltes pour l'apprécier
avant de commencer l'ascension d'une chaîne montagneuse du nord.
La route, souvent en cours de construction, est en très mauvais
état. L'environnement rocheux et sec ne laisse pas beaucoup de
chance à la végétation également. La difficulté
est de rouler sur ces grosses pierres qui nous déséquilibrent.
Parfois Claire marche sur le coté tandis que je fais du rodéo
avec notre Minsk. Puis ce qui devait arriver.la chute ! je crois que je
me suis cassé un doigt de pied (étant en sandales). Puis
enfin la route en meilleur état et la verdure qui renaît.
Les rizières et les forêts ont remplacé la pierre.
Nous amorçons la descente dans une vallée et apercevons
ce grand réservoir naturel, point de repère à l'approche
de Mai Chau. Nous passons la nuit dans une des maisons de bois
sur pilotis qui compose un village Thaï. On nous alloue une immense
pièce, ou on nous sert le copieux repas du soir sur un plateau.
Les propriétaires de la maison sont des gens très discrets
mais très accueillants. Le soir une petite fête traditionnelle
et animée par un orchestre à lieu sur la place du petit
village. Les chants et la musique ressemblent étrangement à
ces fameux airs russes ! On nous explique que les maisons sont ainsi surélevées
par tradition, et par sécurité car jadis de grands tigres
peuplaient les montagnes. Cette vallée est recouverte de rizières
épaisses. Par endroit on peut voir un chapeau chinois isolé
dépasser de cette verdure. La population vit exclusivement de cette
culture et d'élevage.
En
route pour Tam Coc ! Nous sommes conscient d'être dans un endroit
très peu fréquenté par les touristes. Déjà
par l'état de la route, bien que celle-ci soit maintenant une piste
de terre rouge en assez bon état, et par la réaction des
gens à notre vue. Nous croisons des fermes qui ressemblent à
des collectivités, des scieries à flanc de montagne qui
profitent de la pente et du fleuve en contre bas pour déplacer
les gros troncs d'arbres, des villages démunis de tous commerce
invitant le voyageurs de passage à y faire halte. Ce circuit reste
l'un des plus authentiques que j'ai pu faire. Le ciel se couvre et une
pluie intense s'abat rapidement sur nous. Nous souhaitons arriver à
Tam Coc avant le coucher du soleil, mais cette averse nous oblige à
faire escale dans un village. Un moment suffisant pour nous imprégner
de l'ambiance de ce village. Il doit y avoir deux ou trois cent habitants
dans ce bourg. La seule activité sont les quelques cars tout terrain,
qui déposent ou ramassent quelques villageois à leur passage.
Cette route qui traverse le village en le reliant à d'autres a
une importance inimaginable à nos yeux.
La pluie a presque cessé et il nous faut repartir. A partir de
ce moment nous allons parcourir un bon nombre de kilomètres sans
savoir vraiment ou nous allons ! Le paysage est beau et les gens sont
gentils certes, mais personnes ne sait comment rejoindre Tam Coc et les
panneaux d'indication sont inexistants. Il semblerait que l'on soit descendu
trop au sud et c'est finalement dans la nuit que nous atteignons le site.
Nous trouvons un hôtel qui est hors de prix. Nous décidons
donc de nous rendre dans la ville voisine ou un vieux couple nous ouvrira
ces portes. Un petit restaurant local à proximité et encore
ouvert nous concocte un bon plat avant d'aller nous coucher épuisé
par cette journée de moto.
A l'aube et après un bon petit déjeuner nous arrivons de
nouveau à Tam Coc. Cet endroit est appelé plus communément
la baie d'Along des rizières ! Effectivement de hautes formations
rocheuses émergent des cultures. Nous visitons le lieu avec un
bateau qui glisse paisiblement sur la Ngo Dong. La petite rivière
serpente à travers ces formes et pénètre dans des
grottes obscures. Une pluie fine nous empêchera d'apprécier
pleinement le paysage qui ne manque pas de charme, mais nous sommes tout
de même arrivés à Tam Coc !
Il ne nous reste plus qu'à remonter sur Hanoi, à 130km au
nord. Nous filons sur la RN1 en rivalisant avec le train qui relie Ho
Chi Minh Ville à Hanoi. Nous rendons notre Minsk qui a perdu de
son éclat car elle est recouverte d'une légère couche
de terre.
HANOI
Nous passons nos derniers moments ensemble à nous promener dans
la vieille ville. Claire doit se rendre au Népal pour prendre son
poste de maîtresse d'école. Elle compte passer par le Cambodge
et la Birmanie. Je dois rejoindre Hong Kong en faisant une petite incursion
en Chine pour voir à quoi ressemble ce pays si mystérieux,
puis prendre cet avion qui me ramènera en France. C'est dur de
se quitter après avoir passé ce mois ensemble à travers
le Vietnam.
Je
me rends à la gare ferroviaire de Than Quy avec mon billet Hanoi-Guillin
acheté quelques jours auparavant. La nuit commence à tomber,
je m'approche de la gare et j'enjambe dans la pénombre les nombreuses
voies ferrées pour rejoindre un des quais éclairés.
J'aperçois un long train, ça doit être le mien. Il
est gris et bleu, plutôt ancien et la locomotive aux angles vifs
est très imposante. C'est bien le Hanoi Pékin. Il fait la
navette une fois par semaine et va parcourir 2951kms en 55 heures pour
rejoindre la capitale chinoise. Une fois à l'intérieur,
ma première impression du train se confirme, c'est très
spacieux. Les accessoires sont anciens, comme l'épaisse moquette
dans les couloirs et les compartiments, ou les rideaux qui ornent les
fenêtres. Chaque compartiment est équipé de banquettes
convertibles en 4 lits superposés. Tout ça donne un charme
certain à ce train et je ne peux m'empêcher de penser à l'Orient Express.
Je partage mon compartiment avec un couple de jeunes chinois, qui s'avèrent
être frère et sour. Ils sont venus rendre visite a leur père
qui travaille à Hanoi. Celui-ci qui les a accompagnés s'empresse
d'embrasser ses enfants, car une sirène et le bruit du moteur annoncent
que nous allons partir !
Je
n'oublierai pas ce mois passé dans ce fabuleux pays, si surprenant,
si varié dans sa nature et sa population et riche culturellement.
Les vietnamiens sont un peuple joyeux et blagueur malgré leur histoire
mouvementée. Je n'oublierai pas Claire, rencontré un mois
auparavant et qui n'est pas étrangère à tout le plaisir
que j'ai ressenti au Vietnam et que je quitte avec regret. Il me reste
deux semaines avant le grand retour, mais je semble inconscient et loin
de cet événement.
Mon
séjour en Chine sera court et donc limité géographiquement,
devant me rendre à Hong Kong. J'ai choisi comme escale Guillin
et Yangshuo, une grande ville et une plus petite. Toute deux se trouvent
dans une région aux paysages poetiques, composés de "
pains de sucre " au milieu de rizières.
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