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La grande vallée
du Rift qui la traverse abrite les premiers témoignages sur les balbutiements
de lhumanité.
La Tanzanie détient aussi quelques records du continent et du monde:
Le Kilimandjaro (le plus haut sommet), Le lac Tanganyika (le plus profond),
Le lac Victoria (le plus grand du monde), Le cratère du Ngorongoro (le
2ème de la planète par sa superficie), Ce même cratère et le parc national
du Serengeti sont les réserves animalières les plus fournies au monde.
ITINERAIRE
(15 jours) : Arusha - Ngorongoro
- Odulvai - Moshi(Kilimanjaro) - Dar Es-Salaam - Zanzibar
- M'Beya
"DEUX ALLERS SIMPLES POUR M'BEYA"
Dar
Es-Salaam
Il est 06h15 quand
nous errons déjà dans les rues de Dar Es Salaam, paquetage
sur le dos dans l'attente de l'ouverture d'un café. Nous rencontrons
un jeune couple sud-africain/québécoise dans la boulangerie
Epis d'Or (!) de la ville. Ils effectuent, comme nous, un tour d'Afrique
et leur connaissance du milieu nous guidera sur le choix du train pour
rallier Mbeya dans le Sud de la Tanzanie. C'est l'occasion de tenter les
rails africains ! Après un refus de réservation par téléphone,
nous sommes dans l'obligation de rejoindre la gare à environ 8
kilomètres de Dar Es Salaam.
A cours de liquidité,
ce sera notre première longue marche avec notre sac de 15kg
sur le dos.
Après 3 kilomètres, nous nous décidons à solliciter
un dalla-dallas, mini bus utilisé par les locaux. Dans le bus,
tout espace vide étant rempli et les places assises étant
prises, nos sacs seront posés sur les genoux de deux femmes. Quant
à nous, nous nous collons aux portes-fenêtres. Ici, tout
le monde s'entraide !
Tazara
railways station est immense par rapport au nombre de personnes qui s'y
trouvent. Parmi les trois classes de réservation, première,
seconde et économique, nous choisissons la deuxième. Avec
notre paquetage, nous reprenons un dalla-dallas pour Dar Es Salaam. Nous
avons quatre heures devant nous.
Nous passons une bonne
partie de notre temps à la recherche de la Barclay's Bank, seule
banque apparemment permettant les retraits de la Mastercard d'Estelle.
Quant à Yann, il retirera avec facilité quelques shillings
avec sa Visa Card. Estelle prendra sur elle sa première colère!
Il nous est maintenant possible de faire quelques achats pour le long
voyage en train ( 16h ) qui nous attend !
Deux
allers simple pour M'Beya
Sur les quais, les
deux trains présents ressemblent à nos trains corail, à
la différence que les fenêtres sont grandes ouvertes et les
moustiquaires existantes. On dénote un certain laxisme dans l'entretien
!
Notre cabine est composée de six couchettes ; un contrôleur
( et aussi balayeur !) est responsable de son wagon. Quatre femmes se
joignent à nous : Trois 'mamas' africaines, d'un certain âge
et de corpulence forte qui mettent la cabine sans dessus-dessous avec
leurs nombreux sacs à patates. Elles iront en Zambie. Une jeune
femme, Marie, rejoindra, quant à elle, le Botswana.
Notre train d'origine et à destination de Zambie, prendra trois
heures de retard suite à un problème technique sur la locomotive
au départ.
Pendant ce temps, le contrôleur explique à Yann qu'il a une
place dans une mauvaise cabine. Nous mettons quelques minutes à
décrypter sa demande, ce qui vaudra à Yann une exclamation
"But I can't stay with my wife !!". Puis nous comprenons
au regard des femmes que les principes africains imposent une séparation
Hommes/Femmes la nuit !
Le train enfin se
lance, roule à une vitesse "routière" et nous
n'aurons d'autres envies que de le comparer à notre TGV ! Malgré
les occasionnelles secousses virulentes, les freinages bruyants et imprévisibles,
nous apprécions l'installation, surtout de part notre position
côté fenêtre grande ouverte sur le paysage de la campagne
tanzanienne.
Quelques passages sur des ponts entourés d'un vide majestueux nous
font croiser nos regards de stupéfaction. A chaque coup de trompette
une halte s'impose. Et quel spectacle que de voir ces Africains le long
des rails, bras tendus de corbeilles de bananas, cacahuètes, viandes,
accessoires ménagers, boissons et artisanat, comme un marché
mobile criant le prix à qui en veut !
Nous
dînons dans notre compartiment et avons la chance de bénéficier
de la tablette pour poser notre assiette de frites. La soirée
se terminera sur une partie de cartes avant que Yann rejoigne le compartiment
des hommes.
Entre les secousses,
les discussions incessantes et bruyantes, les vas-et-viens, la nuit sera
longue.. A chaque arrêt, le train entier semble se réveiller
et revivre brutalement. Au petit matin, les femmes partent à tour
de rôle faire leur toilette et reviennent avec de larges culottes
lavées on ne sait où, qu'elles étendent le long des
bagages. Très pudiques, elles se recouvrent le corps d'un grand
drap pour changer de tenue. Le compartiment hommes est, quant à
lui, moins distingué : cigarettes et bières seront au menu
du réveil, ce qui fait aussitôt "rappliquer" Yann
chez les femmes !
D'après nos
calculs, nous devons arriver vers 09h00, soit dans une heure, à
Mbeya. Nous guettons avec attention les pancartes à chaque halte.
A 10h00, toujours pas de Mbeya. Et personne n'est apparemment en mesure
de nous renseigner sur la position géographique de cette ville.
A midi, toujours pas de Mbeya .A la demande de Yann, le contrôleur
nous précise qu il viendra nous prévenir, mais sans notion
de temps !
A 14h00, toujours pas de Mbeya.Nous enchaînons donc sur une partie
de cartes partagée avec Marie.
Soulagement, à 16h00, une de nos voisines nous informe qu'il reste
encore deux heures à patienter.
Nous voila donc
fixés !
A la desserte d'une gare, nous achetons par la fenêtre cacahuètes
et bananes. Après vingt sept heures passées dans le train
pour parcourir 400kms, nous arrivons enfin à Mbeya ! Il est 18h00
!
Arrivée à M'Beya
A la gare, un jeune
nous propose de nous emmener à la guesthouse de notre choix puis
d'organiser notre passage de frontière du Malawi le lendemain matin.
Nous acceptons la proposition qui nous paraît intéressante
et sincère.
A la guesthouse, une lilloise, Sophie, interpelle Yann , ravie de pouvoir
communiquer dans la langue de Voltaire. Faute de places disponibles, elle
nous invite à partager sa chambre.
Après
une douche terriblement attendue, Sophie nous emmènera dans un
"bar-resto" local pour y manger viandes et bananes grillés.
Pour une nuit, Yann dormira seul, laissant Estelle et Sophie entre filles
!.
Après dix neuf jours passés en Tanzanie, c'est notre
dernière nuit dans le pays.
L'expérience
du train nous a, une fois pour toute, mis à l'heure africaine.
Et même s'il est difficile de ne pas esquisser des gestes d'impatience,
nous nous surprenons dans notre facilité à accepter l'attente
qui est devenue quotidienne.
Toutefois, nous avons hâte de nous retrouver sur le Ilala, en espérant
ne pas louper son passage hebdomadaire à Chilumba, pour la traversée
du lac Malawi.
Estelle et Yann
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