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La
Namibie est la destinations revée pour les amateurs de solitude et de
nature extreme.
Des dunes ocres et
rouges, des immenses plateaux brulés par le soleil, la savane, des montagnes,
des profonds canyons, la Namibie est une vaste mosaique. Et comme issues
d'un autre monde, quelques villes apparaissent, isolées les unes des autres,
si bavaroises qu'on les croiraient sorties d'un conte de fée. ITINERAIRE
(17 jours) : Grootfontein - Windhoek - Khorixas
- Twyfelfontein -
Brandberg - Cape Cross - Swakopmund - Naukluft Montain - Sossusvlei -
Lüderitz - Fish River Canyon - Keetmanshoop
"NAMIBIA FOREVER"
La traversée
de la région de Caprivi...
Confortablement installés
dans le 4X4 de Frédérika et Michaël, nous passons la
rivière Zambezi par bac, puis nous effectuons un court transit
au Botswana. Nous traversons le parc Choba où nous croisons koudous,
zèbres et éléphants. 
Nous dormirons ce
soir dans la maison ou loge Frédérika durant sa mission. Autour d'un barbecue
improvisé sur un feu, nous finissons la journée a nous raconter nos aventures.
Le lendemain matin Frédérika nous conduit sur la route principale
afin d'utiliser notre nouveau moyen de transport de ces derniers jours
: l'auto-stop. Nous réalisons les 45 premiers kilomètres,
des 800 qui nous séparent de la capitale Windhoek, à l'arrière
d'un pick-up de la Water Corporation Namibia.
A Katima Mulilo, notre tentative d'auto-stop échoue compte tenu
du peu de passage des véhicules. Nous nous décidons à
prendre un mini-bus pour rejoindre Grootfontein, point de chute à
environ 300 kilomètres d'ici. La route, malgré son excellent
état, reste dangereuse de par la traversée de nombreux animaux.
Et sans cesse ce même paysage qui défile : arbres et terres
sèches et tant de termitières, d'un marron foncé,
s'élevant à plus de trois mètres de haut sur ce sol
si nu!
La visite de
Grootfontein et de Hoba Météorite
Le bus nous dépose
de nuit à une station essence de Grootfontein faisant office de
station de bus comme dans toutes ces villes de Namibie... De là,
pour atteindre le camping municipal à 500 mètres, on nous
recommande de prendre un taxi. C'est à la belle étoile que
nous dormons emmitouflés dans nos sacs de couchage, le prix des
lodges étant trop élevés. 
Au lever du soleil nous partons visiter Grootfontein. Les rues sont structurées,
les passages piétonniers doublement balisés et les feux
de circulation identiques à ceux de l'Allemagne. La population
locale est majoritairement blanche et visiblement allemande. Ici, on dit
"Dankie" en africain pour un merci.
En auto-stop, nous comptons atteindre le site de Hoba Météorite,
à 25 kilomètres de Grootfontein, où se trouve la
plus grosse pierre au monde venue de l'espace. Après deux kilomètres
de marche à pied sous la canicule, un local nous prend à
l'arrière de son pick-up pour nous déposer à six
kilomètres du site. De là, deux Israéliens nous mènent
à bon port. 
La visite est rapide, car centralisée, mais intéressante
: le météorite pèse plus de 60 tonnes et son alliage
ferreux est impressionnant. Nous repartons sur le chemin poussiéreux
et sans fin. Nous parcourons plus de 4 kilomètres à pied
avant qu'un Sud-Africain, Maurice, voyageant pour ses affaires, ne nous
prenne pour nous déposer au centre ville de Grootfontein.
Après une seconde nuit à la belle étoile, nous quittons
Grootfontein pour rejoindre Windhoek en mini-bus. Il nous faudra à
peine six heures pour couvrir les 500 kilomètres qui nous séparent
de la capitale. Le paysage est sec, spacieux, avec toujours autant de
termitières et le ciel toujours aussi bleu.
Windhoek ou
Windy Corner...
A notre arrivée à Windhoek il fait assez sombre et frais,
mais cette ville nous semble étrangement familière. De notre
guesthouse, nous partons dîner avec nos deux voisines de dortoir,
une Américaine et une Allemande, Pétra, travaillant toutes
les deux dans la recherche pour le gouvernement. Dans la Bier House, taverne
bien allemande, nous testons la brochette dite "Bushmen", spécialité
locale composée de viande d'autruche, crocodile, zèbre,
koudou et poulet. La soirée se veut agréable, Pétra
nous exposant son point de vue sur l'Allemand en Namibie.
Le lendemain matin, le froid ne nous motive pas à sortir de nos
sacs de couchage. Nous prenons notre petit déjeuner avec notre
polaire.
Nous
partons ensuite à la découverte de la capitale située
à 1 660 mètres d'altitude et entourée de montagnes.
Etrange ville aux allures occidentales en pleine Afrique australe! Nous
ressentons toujours la présence allemande de par la population,
l'architecture au look bavarois, les administrations bien organisées,
les galeries marchandes, les voitures s'arrêtant pour laisser passer
les piétons, les jardins de la bière... La ville est très
gaie avec ses façades aux couleurs vives et multiples. On rencontre
dans la rue, nos premiers Bushmen, reconnaissables à leur visage
très marqué parmi ces 160 000 habitants. Hélas, il
nous est difficile de distinguer les autres ethnies présentes ici
: Owanbo, Kavango, Herero, Damara, Caprivians, Namas...
A l'origine la ville s'appelait " Windy Corner", "coin
venteux". C'est durant l'occupation allemande qu'elle a été
rebaptisée Winterhoek puis Windhoek. La ville a été
le siège de la Schutztruppe chargée de casser la paix entre
les tribus Herero et Namas.
Sur les hauteurs de la ville, nous visitons l'église Christchurch
construite entre 1907 et 1910 en pierre Sandstone. Cette église doit son style néogothique et Nouvel Art à Gottlieb Redecker.
Le soir, après un repas avec Colin, notre voisin irlandais de dortoir,
nous allons pour la première fois de notre voyage au cinéma
pour y voir Spy Game.
Notre escale à Windhoek est l'occasion pour nous d'avoir certains
de nos proches au téléphone pour la première fois
depuis notre départ.
Nous réservons la journée du lendemain à rechercher
des partenaires pour partager une voiture de location, ce qui multipliera
nos rencontres. Ainsi nous prenons notre premier repas "cuisine"
avec Nike, une Suisse, et ouvrons notre première bouteille de vin
rouge en provenance d'Afrique du Sud. Nous discutons avec deux couples
espagnols, Pet et Muntsa, Xus et Elisabeth, qui tentent désespérément
de franchir la frontière de l'Angola.
Finalement nous décidons, avec Colin l'Irlandais, de louer une
voiture pour 15 jours ainsi qu'une tente et des matelas, le camping étant
la seule solution sur les sites isolés de Namibie.
Plus au nord-est
: A la découverte de la Petrified Forest, du langage Damara et
de la Welwitschias Mirabilis...
Nous partons pour Khorixas situé plus au nord-est. Yann aura besoin
d'un peu de temps pour adopter la conduite à gauche, ce qui donnera
quelques sueurs à Colin!
500
kilomètres nous séparent de Khorixas. Les montagnes au loin
défilent, disparaissent pour laisser place à d'autres. Les
couleurs qui nous entourent, tournent du marron au rouge en passant par
l'ocre et le blanc. Quelques plantes sèches et arbres verts prennent
leur eau on ne sait où... Le paysage désertique abrite quelques
maisons éparpillées, habitations sans voisinage. La route,
en grande partie en terre stabilisée et toute droite, reste de
bonne qualité, ce qui nous permet de rouler à bonne allure.
Au passage de la voiture, la poussière s'élève du
sol et suit le vent à son bon gré. Nous filons tous trois
au rythme de U2, Lenny Kravitz, Manu Chao et Red Hot Chili Pepper. ( Merci
Colin!!)...Une impression de liberté nous envahit plus que jamais
dans ce cadre de vastes étendues.
En fin de journée
nous visitons le site de Petrified Forest. Nous nous attendons à
y trouver des arbres morts et secs. Suzanna, notre guide damara, nous
montre des troncs d'arbres couchés à terre, de composition
rocheuse, pouvant atteindre 34 mètres de long et datant de 260
millions d'années. Suzanna nous explique qu'il existe quatre langages
différents chez les damaras. 
Chacun des langages
est accompagné de sons émis par le claquement de la langue
à la manière des Bushmen. Il faut savoir que pendant des
millénaires, les seuls êtres humains à vivre en Afrique
australe étaient les Sans, peuple semi-nomade de chasseurs et cueilleurs,
mieux connus aujourd'hui sous le nom de Bushmen. A ce jour il reste environ
33 000 Sans mais hélas très peu ont encore accès
aux territoires de leurs ancêtres. L'artisanat typique de leur culture
est la fabrication de colliers en coquilles d'ufs d'autruche.
Sur le chemin de la découverte, Suzanna nous chante, dans sa langue,
une musique relative à Dieu et à la bienveillance de ses
hôtes.
Nous trouvons sur ce chemin peu fertile, une des plus rares plantes du
monde : la Welwitschia Mirabilis ou arbre nain. Sa longévité
s'étend sur plus de 1 500 ans. Son goût désagréable
aux animaux et aux humains a assuré sa survie en zone aride jusqu'à
nos jours. C est un médecin botaniste autrichien, Friedrich Welwitsch
qui l'a rendu connu en 1859.
Twyfelfontein
et ses 2 500 peintures gravées sur pierre...
Nous poursuivons notre route vers Twyfelfontein et nous campons à
mi-chemin. Un feu de camp nous permet de faire cuire nos boîtes
de conserve. C'est notre premier campement en pleine nature! Nous nous
réveillons autour de montagnes éclairées par le soleil
levant et partons à la découverte du site de Twyfelfontein,
la "fontaine du doute", située au cur d'une vaste
vallée. Sur le chemin les montagnes ressemblent à de gros
rocs amassés, placés les uns près des autres, "démantibulés",
disproportionnés et en dégradé.
Ici se trouve un regroupement d'art rupestre des plus anciens et des plus
spectaculaires. Les dessins gravés dans la pierre représentent des animaux,
empreintes d'oiseaux, symboles, schémas et cercles. La teinte a été ravinée
par les intempéries mais on peut toutefois y voir un centaure africain
ou un éléphant... Il y a plus de 2 500 peintures gravées à cet endroit.
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