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La
beauté du Malawi ne tient pas seulement au miroitement de son lac, elle
se trouve aussi dans ses forêts exubérantes et dans ses parcs naturels.
Le Malawi et ses merveilleux spectacles naturels tiennent dans une étroite
bande territoriale qui ne dépasse jamais 160km de largeur, le lac Malawi
couvre lui-même le cinquième de la superficie totale.
ITINERAIRE
(15 jours) : Karonga - Chilumba
- Lac Malawi - Monkey
Bay - Blantyre - Mont Mulanje - Lilongwe
"LE MONT MULANJE"
Monkey
Bay
Nous
débarquons à Monkey Bay et rejoignons Cap Maclear, situé à 25 kilomètres
de là, pris en auto-stop par Simon et Suzanne, un couple d'anglais, enseignants
à Blantyre.
Cap Maclear est composé de plages, de Lodge en bord de lac et plusieurs
villages où la pauvreté et gentillesse donnent à ce lieu une atmosphère étrange avec une légère odeur de Majijuana.
Nous y restons deux jours, le temps de rédiger nos deux derniers articles.
Nous y rencontrerons deux Bretons (encore !), Soizic et Gaël.
Puis
nous nous dirigeons vers Blantyre, en réalisant une partie du chemin avec
Simon et Suzanne. Dans l'attente de leur pick-up, les enfants du village
se réuniront autour de nous, notre appareil numérique en guise de film..
Blantyre
et le Mont Mulanje
Nous
découvrons Blantyre, "capitale" commerciale du Malawi. A l'image
du Malawi, la ville nous paraît petite et très accessible. Nous nous familiarisons
rapidement avec ses artères principales.Comme convenu, nous retrouvons notre copine Els à Doogles, lieu ou se réunisse les expatriés,
les voyageurs et quelques locaux. : bavardages de soirées autour de bières,
musique européenne, rythmée et locale.
Au
petit matin, allégés de nos gros sacs, nous quittons tous trois Blantyre
avec le strict nécessaire, pour nous entasser dans un bus en direction
du mont Mulanje. Sur la route, nous avons peu de visibilité ; soudain,
bruits de ferraille et secousses : nous venons de heurter un autre bus
en sens inverse. C' est notre premier accident de la route ! Plus de peur
que de mal, nous resterons tout de même immobilisés pendant une heure.
Nous faisons les onze derniers kilomètres à pied pour rejoindre le camp
de base, à travers forêts et plantations de thé, d'un vert très vif du
fait d'un arrosage abondant. Nous apercevons au loin le massif Mulanje
: ce bloc de montagne est impressionnant de part ses flancs vertigineux
qui en font des précipices. A nouveau, c'est David Livingstone qui a été
le premier à faire mention de Mulanje en 1859. Une expédition arrive
avec succès au sommet Sapitwa pour la première fois en 1894.
Sur
notre route, un couple sud -africain en pick-up, mais sans place disponible,
nous prendra notre paquetage en nous donnant rendez-vous à Likhubula Forest
Station. Nous arrivons à la tombée de la nuit. Le couple sud-africain
nous fournira une casserole et nous mangerons des spaghettis en boite
dans une cuisine aux murs noirs de suie, semblant dater de l'après-guerre.
Dans la nuit, nous conterons les attaques de moustiques en nous camouflant
(bonnets, foulards, draps !).
Le lendemain matin, à 07h00, Benito, notre guide, nous ouvre le chemin.
08h00
de marche nous attendent pour atteindre Lichenya Hut. Nous traversons
la rivière Likhubula ; l' ascension est rude : à travers cailloux, rochers,
nous nous fourvoyons. La côte est souvent raide laissant peu de répit
à nos muscles. Les sacs de nourriture pèsent sur les épaules, le dos,
les bras...Mais le paysage est merveilleux : il nous fait penser à nos
Pyrénées cette fois-ci. Une végétation parsemée tente de pousser au-delà
des rochers, telles nos garrigues du sud. Des fleurs par milliers, de
couleurs jaunes, puis mauves, blanches, roses, et de formes variées, jonchent
les chemins. Les senteurs sont multiples. La flore est riche et chaque
avancée, même difficile, nous réjouit. Des pauses nous permettent d'apprécier
ce paysage où les montagnes ont des formes arrondies, parfois des pics
pointus, parfois des sortes de plateaux ou une forêt verte est mise en
valeur.
Nous atteignons Lychenya Hut vers 15h00. Els et Estelle iront immédiatement
se baigner dans la rivière en contre-bas, et en profiterons pour se mettre
à nues et ainsi laver leurs vêtements.
Le
soir, Yann s'attarde à la cuisine : deux boîtes de purée de mais et de
haricots rouges chauffent sur la grille de la cheminée. Le bois illumine
la pièce du chalet. Benito se joint à nous pour une dernière partie de
cartes, puis Els et Estelle s'installent face au feu crépitant, dans leur
sac de couchage, à même le sol. Yann, quant à lui, profitera de la mezzanine
pour contempler les étoiles.
A
sept heures, le lendemain matin, nous quittons le camp pour huit heures
de marche afin d'atteindre Thuchila Hut. La marche est moins éprouvante
que celle de la veille, même si elle se veut physique. Nous dévalons les
chemins pour mieux remonter d'autres sentiers. A ce moment, nous flirtons
avec les 2500 mètres d'altitude. Nous nous pausons pour contempler le
paysage composé de cèdres, de fleurs, de sortes de palmiers noirs à feuilles
très vertes. Quelques bruits d'oiseaux et de singes viennent à nous. Sur
le chemin, nous rejoignent deux hollandaises, Nike et Kike, en provenance
de Chambe Hut. Nous partagerons avec elles les montagnes sur lesquelles
nous pensions être seuls.
Nous traversons ensemble la vallée, pour rejoindre le versant opposé.
Nous apercevons le pic Sapitwa, inaccessible dans le temps souhaité ;
quelques pauses nous permettent de nous reposer dans un cadre très agréable
: le bruit de l'eau s'écoule sur la roche en guise d' air musical. Dans
notre traversée, nous cueillons du thé à la menthe. A notre arrivée à
Thuchila Hut, nous nous empressons de prendre notre "tea time".
Nous décidons tous ensemble de rejoindre la rivière la plus proche, le
Thuchila, afin de nous savonner.nus. Il aura fallu attendre la venue de
ces hollandaises pour que Yann puisse se joindre aux filles !!
Sur le chemin du retour, nous restons un bon moment, tous les cinq, assis
et muets, devant le coucher du soleil entachant le ciel d'un rose-oranger
perçant, au-dessus d'une vallée parsemée de petits sommets. 
Le
soir, nous mettrons en commun nos vivres, ce qui donnera une platrée de
riz à la purée de mais et aux haricots rouges, que nous nommerons "
Mixed Mulanje". Une bière alimentera les parties de cartes qui suivront,
toujours sous la lumière de nos torches. Soirée faite d'éclats de rires,
de blagues, d'histoires de Hollande, de Belgique et de France ! Yann se
dévouera pour alimenter le feu durant la nuit. Nous nous étalons dans
nos sacs de couchage, toujours à même le plancher.
La
nuit sera courte, avec un réveil à 05h30 du matin.
De
Thuchila Hut, nous devons maintenant revenir à Likhubula Forest Station.
Nous attaquons la descente après avoir saluer rapidement nos dormeuses
hollandaises.
La pente est rude, les genoux vacillent, les pieds ne doivent pas glisser.
Le moindre faux pas peut être fatal dans cette descente vertigineuse.
Le paysage est superbe : un panorama des terres du Malawi où quelques
monts se haussent à l'horizon, et puis, derrière nous, ces pics impressionnants,
alignés les uns près des autres. La végétation est toujours aussi dense
et les fleurs de multiples couleurs. Benito nous propose une pause là
où la rivière passe sur de gros rochers, qui parfois capturent l'eau pour
en faire de vastes baignoires !. Benito ne voyant pas d'opposition à nous
dénuder, nous irons de bon cour nager, corps nus, dans ces piscines d'eau
fraîchement descendue des sommets.
Quelques
singes fuiront à notre arrivée.
Après
une descente de plus de deux heures à travers les rochers, nous atteignons
des villages où les habitants, toujours aussi souriants, nous saluerons.
Par un sprint, Benito rattrape un pick-up, et nous nous entassons avec
difficulté parmi les locaux. L'avancée est chaotique, le pick-up se stoppant
pour des pannes à répétition. Nous appréhendons chaque secousse qui peut
faire chavirer le pick-up à tout moment. Nous nous agrippons les uns aux
autres, et à la ferraille qui se présente à afin d'éviter qu'il n'y en
ait qui descendent plus vite que prévu !
De
retour à Doogles, un lavage s'impose, mais cette fois-ci individuellement
!
Le soir, nous dînerons pour la première fois dans un restaurant digne
de ce nom, et chinois. C'est l'occasion de nous remémorer les bons moments
passés tous les trois au Mont Mulanje. Quelques douleurs nous rappellent
que nous sommes peut être arrivés trop confiants suite à l'ascension du
Kilimandjaro. Moralité : il ne faut jamais sous estimer son adversaire
quelle que soit sa taille !
La
journée du lendemain est consacrée aux préparatifs de notre départ pour
la Zambie, et de celui d'Els pour le Mozambique. La soirée, bien que joyeuse,
à tout de même un air de séparation : Yann offre à Els un bracelet africain,
quant aux filles, elles se dédicacent réciproquement leur livre sur le
"Mulamje Massif".
Au matin, nous quittons avec regret et définitivement Els, pour monter
dans le bus qui nous emmène à Lilongwe. Il faudra sept heures pour parcourir
les 475 kilomètres qui séparent les deux villes.
Lilongwe
Lilongwe,
devenue capitale en 1975, était à l'origine une petite ville vivant de
son industrie du tabac. Le gouvernement ayant souhaite favoriser son développement,
et Lilongwe étant au carrefour des routes pour la Zambie, un nouveau centre,
The City Centre, à été créé à l'extérieur de l'ancienne ville, The Old
City.
Nous découvrons une ville fade, sans attrait qu'il soit architectural,
culturel ou relationnel. Au bout de vingt quatre heures, nous décidons
de rejoindre la Zambie, en passant par Mchinji, dernier village du Malawi
avant la frontière.
Le
Malawi nous laisse perplexe de part ses richesses : Richesse de ses terres
ou le Mont Mulanje cache sa flore si variée, de ses plaines parsemées
d arbres touffus et de villages égrenés le long des routes ; Richesse
de son eau, avec le Lac Nyasa, où les poissons pullulent. Le Ilala est
une valeur culturelle, mais surtout relationnelle que nous n'oublierons
pas. Richesse de ses gens locaux, qui pourtant si pauvres offrent sourires
et services à qui le demande.
Si petit sur la carte du Monde, oublié de notre continent, tells des Lilliputiens,
les habitants du Malawi, se débattant pourtant dans la majijuana et la
bière, viennent ainsi de nous donner une belle leçon de vie sur l'entre-aide,
le partage, et la joie de vivre.
Compte
tenu de la situation politique actuelle au Zimbabwe, nous avons décidé de ne plus nous y rendre. Nous persistons à vouloir découvrir les
chutes Victoria. Aussi, nous irons les atteindre en passant par la Zambie.
Quelle aventure nous attend donc dans ce vaste pays non programmé sur notre circuit initial ?
Estelle
et Yann
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