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La
beauté du Malawi ne tient pas seulement au miroitement de son lac, elle
se trouve aussi dans ses forêts exubérantes et dans ses parcs naturels.
Le Malawi et ses merveilleux spectacles naturels tiennent dans une étroite
bande territoriale qui ne dépasse jamais 160km de largeur, le lac Malawi
couvre lui-même le cinquième de la superficie totale.
ITINERAIRE
(15 jours) : Karonga - Chilumba - Lac Malawi -
Monkey Bay - Blantyre - Mont Mulanje - Lilongwe
"ILALA OU L"AFRICAN QUEEN DU MALAWI"
Passage
de frontière
Réveil matinal
à 05h30 pour un passage de frontière. Nous quittons Sophie
à Mbeya pour rejoindre notre contact initial. Sur le trajet nous
constatons que c'est en fait un dalla-dallas qui nous achemine à
Kyela, point de sortie de Tanzanie. Celui-ci s'arrêtera très
fréquemment pour prendre des locaux.
Notre second passage
de frontière se passe sans difficulté. Yann comblera l'attente
du tampon de sortie par quelques simagrées et mimiques avec un
petit africain heureux d'avoir trouvé un compagnon de jeu !
Nous
empruntons ensuite un pont à pied pour passer au-dessus de la rivière
Songwe. Toujours accompagnés de notre contact, nous sommes les
seuls touristes présents dans cette zone 'inter frontière'.
De nouveau, une démarche administrative s'impose au poste frontière
côté Malawi. Notre contact nous attend à l'extérieur
pour ensuite nous guider à travers un sentier discret que nous
serons seuls à prendre. Après quelques minutes de montée
dans cette semi-forêt, nous débouchons sur une petite route
où un mini-bus local nous attend. Nous disons donc adieu à notre contact, tels deux espions satisfaits d'avoir franchi une zone sensible
!
A karonga, après
un change de dollars en Kwacha dans la rue, afin de payer notre bus, nous
prenons la direction de Mzuzu, une heure et demi debout, avec pour 'accroche-retro'
une dizaine de moineaux pendus par les pattes, se débattant à l'approche de leur mort
Le
bus marque un arrêt spécialement pour nous à un croisement
désert, et le chauffeur nous indique la direction à suivre,
à pied, pour atteindre Chilumba. Nous nous parons pour encaisser
les huit kilomètres à pied sous le soleil et sans eau !
Pour la moitié un local nous avancera en pick-up : première tentative d'auto-stop
réussie !
Chilumba
Chilumba, petit village
côtier, semble devoir son existence à l'activité de
son port. Près de celui-ci, des semi-remorques stationnent, et
devant nous tel un océan, s'étale le lac Malawi. Nous imaginons
très bien le Docteur Livingstone arrivant cent cinquante ans plus
tôt sur un rivage du lac, se demandant quelle mer se trouvait en
face de lui, vu l'immensité du Malawi Lake, dit aussi Nyasa Lake.
L'inscription
d'armes nous fait tout d'abord hésiter devant les grillages du
port. Mais l'accueil est à premier abord agréable. Le passage
hebdomadaire du Ilala a bien lieu ce jour à 15h00.
Sur
le pont, de jeunes locaux boivent une bière et fument de la marijuana.
On ressent la pauvreté, le désabusement des habitants dans
un pays si longtemps tourmenté par le manque de liberté.
L'élection de Banda en 1966, qui donne la première république
au Malawi, a entraîné le pays dans une crise économique
et sociale.
A 22h00, après
sept heures d'attente, des lumières scintillent au loin. Le ilala
arrive enfin.
Le Ilala
Le bateau a été construit en Ecosse en 1949, puis assemblé
aux abords du lac Malawi. Il a une longueur de 50 mètres pour une
largeur de 10. Son tonnage maximum est de 620 Tonnes, et il peut loger
460 personnes. Le Ilala dessert principalement des villages du Malawi,
mais aussi de Tanzanie et du Mozambique. Par conséquent, au-delà
de cette mission, c'est surtout un moyen de lier les peoples. Il a été
privatisé en 2002 à la condition de respecter ces principes.
Nous
choisissons des billets seconde classe qui nous donnent accès au
port supérieur, mais pas aux cabines réservées aux
premières classes. La majorité des africains sont, quant
à eux, en troisième classe, dans les soutes au niveau inférieur.
Nous
quittons le port de Chilumba ; le vent se lève, chasse les moustiques
voraces et rafraîchit notre nuit que nous passons sur le pont à
la belle étoile.
Le lever de soleil nous fait ouvrir les yeux pour entrevoir un paysage
idyllique, loin de toute civilisation.
Le bateau se met en mouillage, permettant ainsi à ses deux canots
motorisés d'embarquer et de débarquer les passagers aux
villages côtiers.
Faute de monnaie locale, nous jeûnons quelque peu en attendant une opportunité propice
au change
Sur le Ilala nous passons nos journées à la contemplation
des étoiles, la nuit et des paysages, le jour. La matinée
débute par un petit-déjeuner au pain, au miel et à
l'eau, complété par des pompes et abdominaux.
Parties
de cartes, lectures et bavardages agrémentent notre quotidien.
Un bar sur le pont nous permet chaque soir de prendre une bière
avant de nous emmitoufler dans nos sacs de couchage. Nous nous réveillerons
un matin, la tente et les affaires noires de suie provenant de la cheminée
du Ilala. Faute de douche, nous sortons les lingettes d'Europe !
Un groupe d'Américains
en mission religieuse nous a rejoints dans la nuit. Parmi eux, une jeune
fille est atteinte du paludisme à un stade très avancé,
l'empêchant de marcher. Nous nous empressons d'avaler le cachet
hebdomadaire de Lariam que nous apprécierons pour une fois !
Une pause de six heures à Nkhata Bay nous permet d'échanger dans la rue nos dollars
contre des Kwachas. Plusieurs commerçants se regroupent afin de
constituer une somme correspondant à notre besoin! Nous en profitons
pour aller dans un restaurant local manger un poulet/niasmi (boules de
mais cuites).
Cette petite croisière
nous permet de rencontrer Els une Belge, professeur de religion et philosophie,
marquée par la rencontre d'un Français au Vietnam, incapable
de situer la Belgique géographiquement !
Nous partageons avec elle de si bons moments que nous nous donnons rendez-vous
pour la fin de notre périple au Malawi.
Au
son de l'harmonica, deux petits bambins abandonnent leur "game boy"
pour rejoindre Estelle et ainsi chanter "Frères Jacques"
appris à l'école locale !
Nous échangerons
aussi quelques mots avec Vlado, un slovène traversant la Zambie
et le Malawi en VTT. Nous prendrons un seul repas dans le restaurant du
bateau, en compagnie du capitaine Kinsley, nommé sur le Ilala depuis
1979.
C'est avec ponctualité que nous atteignons Monkey Bay ce qui
nous perturbera car nous n'avions pas prévu d'arriver à l'heure !
Après ces quatre
jours passés sur le lac Nyasa, l'effort physique nous manque et
un sommet se profile à l'horizon : le Mont Mulanje à 3000
mètres d'altitude, au sud-est du Malawi.
Nous comptons bien retrouver Els à Blantyre pour effectuer ensemble
cette belle aventure.
Allons-nous retirer
les bénéfices du Kili pour cette deuxième ascension
?
Estelle et Yann
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