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Des montagnes aux sommets couverts de neige,
de hauts plateaux dénudés et coupés de gorges spectaculaires, des vallées
perdues couvrent les deux tiers du petit royaume du Lesotho perché comme
une forteresse sur le Highveld, le plateau sud-africain.
ITINERAIRE
(8 jours) : Butha-Buthe - Morija - Semonkong - Maseru
"PERCHE SUR LES
MONTAGNES"
Butha-Buthe
Arrivés à
la frontière, nous faisons valider notre entrée au Lesotho
et atteignons Butha-Buthe de nuit, comme prévu. La ville qui nous
semble pourtant être importante, n'est éclairée que
dans son centre où trois, quatre stations essence et épiceries
font l'animation.
Il
pleut et l'eau s'écoule en sillonnant les routes en terre. Dans
la nuit et sans indication, il nous est impossible de trouver l'hôtel
indiqué sur le guide et aucun habitant ne localise précisément
ce lieu. Aussi nous nous rabattons sur un hôtel central. Nous posons
Tazz, à côté de notre chambre, dans la cour de l'hôtel,
ce qui lui permet d'être en sécurité. Ainsi, nous
pouvons facilement accéder à nos provisions et pique-niquons
assis sur la moquette de notre chambre devant un écran de télévision,
qui restera gris : le fil électrique étant trop court pour
être relié à la prise de courant ?!
Nous passons la soirée à jouer au billard, en équipe
: Yann avec la barman et Estelle avec un local. A 23h00, nous regagnons
notre chambre pour profiter d'un bon lit confortable.
Au petit déjeuner, Yann se fera servir des oeufs et des saucisses
alors qu'un membre du personnel ira chercher un pot de confiture à
l'épicerie voisine pour Estelle, refusant le salé si tôt
dans la matinée...
Nous quittons Butha-Buthe pour Katze, plus au centre du Lesotho.
Au fur et à mesure de notre avancée, de part l'altitude,
le froid et la neige feront doucement leur apparition. Nous arrivons à
un barrage où un militaire nous confirmera que la route passant
par deux cols à 3000 mètres, est praticable. Lors de notre
montée, la neige et la glace remplacent définitivement la
pluie et nous bloquent, comme tous les 4X4 qui nous précédent
ou nous suivent. Une heure se passe en attente du chasse neige qui déblaye
le col. En vain, notre Tazz ne peut poursuivre sur la route trop glacée.
Changement
de programme donc, nous décidons de rejoindre Morija à 40
km au sud de la capitale Maseru. La pluie et le vent nous accompagnent
tout au long de cette route non sans intérêt, puisque remplie
de paysages magnifiques, montagneux et variés. Les pauses photos
sont nombreuses. Des petits villages composés de huttes, apparaissent
sur les coteaux. Il est maintenant fréquent de croiser un homme
sur un cheval couvert d'un bonnet, d'une couverture et chaussé de bottes en caoutchouc.
Morija
Le soir, arrivés à Morija, nous rencontrons à nouveau
quelques difficultés à localiser notre guesthouse. Nous
dormirons finalement dans un genre de chambre d'étudiants sans
chauffage et isolée du village et du monde..... Connaissez vous
le trou du --- du monde ? Nous l'avons trouvé à Popoto
!
Nous partons visiter le musée où des empreintes de dinosaures
sont exposées ainsi que la vie des rois Moshoeshoes et de leurs
successeurs. Nous dînons le soir en ville dans le seul endroit ouvert,
une petite épicerie qui fait snack. Nous discuterons un long moment
avec la famille propriétaire. Ce repas chaud à prix modique
nous rassasiera pour la nuit, qui se veut venteuse et froide.
Au petit matin, alors que les écoliers prennent le chemin des classes,
nous nous empressons de plier bagages pour nous réchauffer à
l'intérieur de Tazz !
Nous
prenons la route de Semonkong. D'une route goudronnée, nous passons
très rapidement à une piste en terre où le relief
ne nous permet pas de dépasser les 40 km/heure. Le paysage est
superbe. Des villages de huttes, le long de la route, montrent l'authenticité
de ce pays. A nouveau, nous ne pouvons résister à des pauses
photos. Un coté naïf ressort de cette peinture où les
habitants ont toujours le sourire aux lèvres. Nous arrivons finalement
à Semonkong, accompagnés d'une locale prise en auto stop
sur le parcours.
Il nous aura fallu 3h00 pour parcourir 60km ...
Semonkong
A la fin de cette route, le seul Lodge de la région apparaît
au bas d'une vallée. Les dortoirs sont situés sur le flanc
d'un mont, nous permettant ainsi de surplomber les habitations de cette
vallée. Après une brève pause, nous partons à
la recherche des fameuses chutes d'eau de ce pays, hautes de 192 mètres.
Le chien des propriétaires,
Pommy nous accompagnera pendant ces 3 heures de marche. La pluie abondante de
ces derniers jours rend le terrain difficile ; Yann s'enfoncera dans la
boue jusqu'aux genoux et Estelle se retrouvera dans la rivière
après un saut loupé !Un peu perdus, c'est par leur bruit
que nous atteindrons les chutes. Le paysage en forme de canyon nous rappelle
étrangement la Fish River Canyon de Namibie. Des montagnes séparées
par une crevasse, où en contrebas coule la rivière alimentée
par la chute, nous apparaissent en 3 dimensions cachés sur notre
nid d'aigle. En face de nous, cette chute d'eau se jette dans un bouillon
blanc avec fracas.
Au retour, nous rencontrerons
deux jeunes femmes portant des fagots de bois qui se proposerons de devenir
nos servantes en France ! Une fois au Lodge, la douche est obligatoire
compte tenu de nos péripéties ! A la sortie de la douche,
Yann retrouvera Pommy avec sa forte taille couché sur son lit, bien évidemment
sans avoir fait sa toilette ! Le lit sera condamné !
Nous terminons la soirée par un excellent repas suivi de parties
de billard.
Il est nécessaire de prendre des forces car deux jours de randonnée
à cheval nous attendent. Le lendemain, on nous présente
notre guide ainsi que nos deux montures, Forward et Marcel ! Nous
partons avec une sensation de liberté vis à vis de la nature
environnante, et du guide ! Il fait froid et nous devons rejoindre avant
la nuit un village haut perché à plus de 15 kilomètres
à travers plaines et montagnes.
La prudence des chevaux lors des passages pentus est surprenante ; jusqu'à
nous transmettre leur peur. Il n'est pas rare qu'un cheval trébuche
sur la caillasse aux abords de précipices !
Marcel a aussi peur d'Estelle qu'Estelle de Marcel, ce qui ne les rassure
pas !
Nous traversons des villages, les locaux nous saluent par des bye-bye.
Nous passons des ruisseaux, longeons des coteaux, parfois un ravin. Le
cheval du guide, maigre à en voir l'ossature, nous fait pitié.
Un autre cheval, encordé par le guide, porte notre chargement pour
la nuit en montagne.
Au sommet des monts nous découvrons des traces de neige, mais le
soleil malgré un vent frais, nous réchauffe mains et visage.
Nous arrivons à 16h00 au village. Celui-ci est composé de
quelques huttes éparpillées sur la colline, dépourvues
d'électricité et de tout autre confort moderne. Aucun habitant
n'est visible, hormis le chef du village. Seuls cochons, poules, moutons
et chiens donnent vie à ce village.
Notre guide nous propose, avant le coucher du soleil, d'aller admirer
la deuxième plus grande chute d'eau du Lesotho à une demi-heure
de marche. Nous voilà donc à escalader les rochers pour
nous retrouver allongés sur un roc surplombant de 100 mètres
cette chute d'eau haute de 100 mètres. Nous avons donc en-dessous
de nous 200 mètres de vide ! D'où nos impressions de vertige
...
Nous
cuisinerons et dormirons ensuite dans une petite hutte où la température
atteindra les -5°C la nuit. Mais nous restons joyeux, emmitouflés
dans nos duvets ! A l'aube, le soleil levant nous tirera du lit et de
cette hutte froide.
Au retour, nous trouverons une rivière qui immergera nos chevaux
jusqu'à leur bassin. Parfois devant la difficulté et le
danger du terrain, nous mettons pied à terre. Estelle, plus sûre
d'elle ce deuxième jour, tentera de suivre Yann au galop sur les
plaines du Lesotho. Nous atteignons les chutes d'eau de 192 mètres,
vues la veille, mais cette fois ci à cheval et d'un meilleur point
de vue. De retour au Lodge et après la douche, nous reprendrons
notre activité nocturne, le pool et rivaliserons en équipe
contre des locaux...
Maseru
Le lendemain, nous
reprenons la route pour Maseru, capitale du Lesotho, à 80 kilomètres.
Par sa petite taille et sa pauvreté, ses rues sales et en travaux,
Maseru ne semble pas présenter d'intérêt particulier.
Son artisanat à prix élevé est tenu par le gouvernement.
Notre passage sera bref avant de reprendre la route pour l'Afrique du
Sud.
Au poste frontière,
une surprise nous attend. Le tampon d'entrée ayant été
anti-daté à notre insu et le temps de présence ayant
ainsi été dépassé, les autorités nous
précisent que nous sommes en situation irrégulière.
Heureusement, par insistance et explications factuelles, nous réussissons
à quitter le pays sans amende.
Ainsi
nous retrouvons les routes d'Afrique du Sud, avec pour cette fois ci comme
destination, Kimberley la ville aux diamants.
Estelle & Yann
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