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De part et dautre
de la ligne mythique qui lui a donné son nom, lÉquateur offre des
paysages naturels dune grande diversité.
La cordillère des Andes dresse ses pics et ses volcans aux neiges éternelles
(Cotopaxi,Chimborazo..).
Les plus grandes réussites de lartisanat indien dAmérique
latine sont ici.
LÉquateur est un petit condensé de ce que lon peut voir en
Amérique du Sud.
ITINERAIRE
(15 jours) : Quito - Otavalo
- Latacunga - Cotopaxi - Banos - Riobamba - Alausi - Cuenca - Guayaquil - Playas - Huaquillas
"MER
ET MONTAGNE"
Banos
Au
matin, alors que nous prenons notre petit-déjeuner dans un café
de 10 m2, nous conversons avec le propriétaire qui nous propose
tout d'abord une cigarette, et qui ensuite nous raconte sa vie de musicien-chanteur
: il s'est ainsi produit en Europe et en Amérique du Nord avant
de s'installer dans cette petite ville où vit sa femme.
Ainsi, perdus dans une ruelle au fin fond d'une petite ville d'Equateur,
les instants passés à écouter la vie d'une personne
prennent alors une autre dimension. Nos sacs sur le dos, nous atteignons
le terminal terrestre. De là, nous prenons un bus pour Baños,
un peu plus au sud. A chaque arrêt, par la fenêtre, nous jetons
un oeil sur la soute à bagages, les vols étant monnaie courante.
A
Baños, un jeune Equatorien nous propose un hôtel bon marché
" Parque Central " sur la place centrale ; nous le suivons.
Ainsi nous passerons deux nuits dans une chambre d'hôtel humide
où quelques insectes importunerons Céline dans son sommeil..Nous
partons découvrir cette ville apparemment touristique de 12 000
habitants, située à 1 810 mètres d'altitude. Le ciel
couvert nous dissuadera d'aller à la Piscine de la Viergen, source
naturelle chaude.Nous nous rendons sur les lieux sans pour autant nous
y baigner. Nous visitons la Basilique où une fontaine est reliée
à la source de la Vierge. Comme à Lourdes, les Equatoriens
aspergent d'eau la partie souffrante de leur corps. Nous en ferons de
même!
Dans
les ruelles, nous goûtons à la guimauve, spécialité
locale qui est fabriquée à l'entrée de sortes d'épiceries
par des personnes qui étirent une pâte élastique accrochée
à un clou sur le mur extérieur. Le soir, nous nous attablons
dans un restaurant français où le propriétaire d'origine
mâconnaise nous accueille. Le repas est très raffiné
et nous apprécions ce retour à notre terroir !
En
fin de repas, nous discuterons avec le propriétaire des élections,
un discours politique animant la place centrale alors que le pays est
en pleine période électorale. Ainsi, nous apprenons que
Jacques Chirac a annulé sa visite l'an dernier compte tenu du contexte
politique actuel. Suite à une affaire de corruption, certains membres
du gouvernement ont fui aux Etats Unis et un chef d'état "intérimaire"
est actuellement au pouvoir en attendant les élections de cette
fin octobre 2002.
Le
lendemain matin, Estelle, malade, passera à la pharmacie et obtiendra
sans ordonnance, des antibiotiques vendus à l'unité. Puis,
nous louons des VTT pour visiter la vallée et atteindre San Francisco,
petit village situé à plus de 30 kilomètres. "La
dramatique descente", ainsi appelée de part sa forte pente
sinueuse à travers la Cordillère des Andes, porte bien son
nom ! Sur cette route poussiéreuse, nous serons vite blanchis,
surtout lorsqu'un camion nous dépasse. Dans le noir, nous traversons
un tunnel sans visibilité et sans éclairage avec juste une
lueur estompée indiquant au loin la sortie. Heureusement, aucun
véhicule ne pénètrera dans ce tunnel au même
instant. Pendant une heure, nous resterons bloqués suite à
des travaux à l'entrée d'un autre tunnel. Dans cette attente,
nous rencontrerons Marc, un anglais qui poursuivra le chemin avec nous.
Sur notre route, nous apercevrons de nombreuses petites cascades d'eau.
Nous
nous rendons dans la plus fameuse qui est "El Pailon del Diablo"
dans la région de Rio Verde, où il nous faudra laisser nos
vélos et descendre le coteau à pied pour l'atteindre. Impressionnante
par sa puissance, elle transforme le réservoir d'eau en contrebas
en une multitude de gerbes d'écume blanche. Puis, nous rejoignons
une habitation en bois, perdue dans une sorte de jungle colorée.
Nous prenons un rafraîchissement dans ce cadre exotique, étalés
dans des hamacs.
Après
avoir récupéré nos vélos, nous poursuivons
notre route jusqu'à dépasser San Francisco. Dans un petit
village, nous prendrons une boisson sur le trottoir, guettant le passage
d'un bus pour revenir à Baños.
Les
vélos sur le toit, le bus roule à vitesse importante sur
cette route aux allures de piste. A nouveau, nous restons bloqués
par les travaux de voirie, mais cette fois-ci de nuit.
Pendant
cet arrêt, nous rencontrons un couple d'Allemands, Bjorn et Franzisca
: ayant débuté leur voyage aux mêmes dates que nous
mais de Québec, ils rejoignent le Brésil pour leur dernier
pays. A Baños, nous dînerons ensemble dans un restaurant
italien et assisterons à nouveau à une manifestation électorale.
Le lendemain matin, nous accompagnons Céline qui part faire une
demi-journée de rafting sur le Rio Patate, avec Bjorn, Franzisca,
et l'Israélien Haggai que nous avons croisé par hasard la
veille. Quant à nous, nous nous installons dans le parc central
afin de terminer la rédaction de l'article sur l'Afrique du Sud.
L'après-midi, avec Céline, nous déambulons dans les
rues de Baños et assistons à une procession où une
statue d'une sainte locale, portée par les habitants, est installée
sur un trône. Ce rituel précède une course cycliste
dans les rues de la ville.
Rio
Bamba
En
fin de journée, nous retrouvons Bjorn et Franzisca pour partir
tous ensemble à Rio Bamba, 50 kilomètres plus au sud. Pendant
le trajet, et comme souvent, nous croisons les doigts, notre chauffeur
ayant décidé de faire une course avec un autre bus sur les
hauteurs de la Cordillère des Andes. Nous arrivons ballottés
à Rio Bamba ! Nous cherchons un hôtel proche de la gare du
fameux train jaune et rouge qui nous mènera à Alausi sur
des versants vertigineux en passant par la terrible montagne "El
Nariz del Diablo".
Le réveil étant à 04h30 afin de réserver les
billets dès l'ouverture de la gare, Céline et Estelle fatiguées,
commenceront leur nuit alors que Yann, Bjorn et Franzisca iront dîner.
Au snack, Bjorn et Yann se réjouiront d'assister en direct à
la télévision à la rencontre de football Manchester-Everton.
A l'aube, nous sommes effectivement les premiers en gare. Il est 05h00
et les loueurs de coussins postés à l'entrée nous
apprennent que l'ouverture est à 06h00. Nous retournons donc nous
coucher et revenons cette fois-ci, nos sacs sur le dos, une heure plus
tard.
Le
caissier arrive dans les mêmes temps. Son bureau est archaïque
et il remplit les billets à l'aide d'une vieille machine à
écrire, en saisissant les informations de notre passeport. Cela
nous rappelle l'attente dans nos préfectures ! .
Cette
gare qui n'a qu'une voie est le point de départ de la ligne, en
plein centre de la ville. Les touristes se font de plus en plus nombreux
derrière nous. Comme se veut l'habitude, nous grimpons sur le toit
déjà bien chargé de touristes afin de contempler
au mieux le paysage qui va suivre alors que les compartiments restent
vides. Nous passons à travers la ville sur cette voie ferrée
qui semble invisible au sol. Le train, avec ses touristes perchés,
semble être l'attraction et les salutations ne manquent pas de part
et d'autre lors de notre passage aux abords des maisons et aux croisements
des routes. Nous quittons Rio Bamba au sifflet grave de la locomotive.
Une personne des chemins de fer se tient debout sur le toit, surveillant
nos rares déplacements. La locomotive crache sa fumée à
travers la vallée. Nous sillonnons des versants de plus en plus
abruptes où le vide nous fait reculer vers la partie centrale du
toit.
Au
fond de ces précipices, nous apercevons les riches vallées
aux cultures variées et colorées où les animaux paissent
en toute tranquillité.
Lorsque
nous nous trouvons à proximité de villages, la population
est plus authentique que jamais, habillée de tissus colorés
vifs et coiffée de chapeaux. Nous sommes comme au cinéma
avec les paysages qui défilent. Parfois le film s'interrompt momentanément,
moutons, vaches ou cochons se retrouvant sur la voie ferrée quand
ils ne sont pas attachés à une corde.
Alausi
Au bout de quatre heures, nous pénétrons dans le village
d'Alausi et le train emprunte l'avenue principale en longeant les habitations
et nous laissant ainsi apercevoir l'intérieur de celles-ci. Une
pause rapide permettra à d'autres voyageurs de nous rejoindre pour
faire l'attraction à sensation : "El Nariz del Diablo",
un mont élevé, isolé des autres montagnes où le train slalomera sur un de ses versants.
Sur
ce parcours, seuls les contrôleurs et vendeurs de bonbons, beignets,
boissons, oserons s'aventurer debout sur le toit. Ils s'agripperont tous
les deux mètres à la main d'un touriste, sans crainte apparente.
Un jeune enfant vendant des bonbons s'assiéra aux côtés
de Yann, ne préférant pas déambuler durant cette
descente. Une fois atteint la base de cette montagne, tel un manège,
nous refaisons le même parcours afin de revenir à Alausí.
Compte
tenu du très peu d'activité à Alausí, nous
décidons tous les trois de prendre immédiatement un bus
pour Cuenca, 100 kilomètres au sud, alors que Bjorn et Francisca,
fatigués et malades, se poseront dans un hôtel de la ville.
Sur la route, les panoramas sont nombreux, les précipices aussi
et nous redoutons les dépassements sur les flancs montagneux.
Cuenca
Au
lendemain matin, nous découvrons Cuenca, ville fondée en
1557 par les Espagnols, ainsi que ses nombreuses églises datant
du 16e et 17e siècle. Nous visitons le musée des Aborigènes
où 5 000 pièces archéologiques sont représentées
dans un lieu très bien décoré. On peut y voir notamment
des têtes humaines réduites.
Nous
partons ensuite à la recherche d'une randonnée à
cheval. On nous dirigera alors vers l'Organisation Médecins du
Monde, qui semble proposer cette activité. Là, une Française,
Justine, nous accueille et nous précise que les randonnées
n'ont lieu que le mercredi. Aussi, nous nous installons pour un thé.
Céline et Estelle discuteront un long moment avec Justine alors
que Yann ira chercher un livre. Puis, les filles iront se promener le
long du Rio Tomebamba avant de retrouver Yann, Bjorn et Franzisca dans
un cybercafé.
Dans un restaurant allemand nous mangeons avec Erwan, un Français,
puis nous finissons la soirée dans un club voisin où se
produit un groupe local de jeunes musiciens. Céline et Estelle
se feront inviter par deux Equatoriens de petite taille... On discute,
on boit, on danse jusqu'à trois heures trente du matin, heure de
fermeture.
Avant
de partir, Frederico, un gérant en assurance, éméché,
s'assiéra près des femmes et nous proposera une randonnée
à cheval au départ de son ranch pour le lendemain matin.
Lorsqu'il s'agira de fixer un rendez-vous, il esquivera en prétendant
que le ranch est trop éloigné de la ville...
Dans
la rue, au détour d'une ruelle, Frederico en voiture et accompagné
d'un ami, dans une voiture, retrouvera notre trace et montera le son de
son autoradio ! tenace l'équatorien !
Le
lendemain après-midi, après un réveil difficile,
nous quittons Bjorn et Francisca pour Guayaquil, distant de 350 kilomètres
plus à l'ouest.
Le
bus longe de nouveau les flancs des montagnes et nous permet d'admirer
le contrebas qui est rempli d'une mer de nuages. Dans cette descente de
2 500 mètres d'altitude, nous traversons finalement cette masse
brumeuse pour en ressortir de nuit sur des reliefs nettement plus plats.
Guayaquil
Arrivant à Guayaquil à 20h20, nous apprendrons que le bus pour Playas,
village sur la côte Pacifique, est parti dix minutes auparavant.
Nous hésitons à dormir dans le terminal de bus dans l'attente
du premier bus le lendemain matin ou alors rejoindre le centre ville et
rechercher un hôtel.
De
nombreux vigiles armés se promènent dans le terminal terrestre,
nous confirmant l'image réputée dangereuse de cette ville.
Nous dégotons alors un hôtel sans luxe mais propre et peu
cher où un jeune à l'extérieur, échange de
la drogue devant nous.
Playas
A
08h00 le lendemain matin, un bus local nous conduit à Playas. A
10h30, nous voilà à Playas, petite ville de pêcheurs
où nous ne croisons que des touristes Equatoriens. Les touristes
étrangers auront sûrement préféré Salinas,
petit Saint-Tropez de la côte...
Nous
passons l'après-midi à nous relaxer sur la plage où
de forts rouleaux rythment la côte. Le soir, nous dégustons
les spécialités locales de poissons accompagnées
d'un vin. d'Alsace !
Nous déambulons ensuite dans les rues qui commencent à s'animer.
Nous pénétrons dans une enceinte où se déroule
un jeu collectif avec un public libre de participer sur la scène
aux animations...
Puis
plus loin, un autre spectacle a lieu : cela semble être une élection
de miss. Celles-ci sont en pleine épreuve de danses. La ville est
maintenant bien animée en ce samedi soir.
Nous trouvons une petite salle dansante au rythme sud-américain
où une vingtaine de personnes se déhanchent. Nous en profitons
pour prendre une bouteille de piña colada. Nous aurons à
peine le temps de goûter à ce cocktail car le rythme nous
appellera alors sur la piste...
A
la fermeture, nous rattrapons d'autres musiques plus européanisées,
quelques rues plus loin. Nous faisons également la fermeture et
sortons vers 04h00 du matin : il fait bon dehors avec un air frais venant
de la mer. A Paris, c'est dimanche et il est 11h00 !
Le
lendemain matin, avant de reprendre un bus pour Guayaquil, nous achetons
quelques CD typiques tels que Bacilos...
Arrivés
à Guayaquil, nous passons les derniers instants avec Céline
qui, après ces quinze jours agréables passés ensemble,
s'envole pour Paris...
A
nouveau seuls, nous nous dirigeons alors au terminal terrestre afin de
rejoindre Huaquillas, petite ville près de la frontière
avec le Pérou.
De nuit, sur le trajet, des policiers stoppent le bus et demandent à
tous les hommes de descendre pour une fouille au corps...Puis quelques
kilomètres plus loin, deux hommes avec le visage en sang pénètrent
dans le bus suite à un accident de voiture. Le chauffeur les déposera
au prochain village où ils tituberont malgré l'aide des
habitants. Nous ne sommes pas plus rassurés que cela, d'autant
plus que le chauffeur poursuit sa course effrénée dans la
nuit.
Huaquillas
A
Huaquillas, on aperçoit le panneau de la frontière, mais
celle-ci étant fermée à cette heure tardive, nous
recherchons avec l'aide d'un passager local, un hôtel à proximité.
L'hôtel trouvé est à première vue correct.
L'homme à l'accueil est à moitié endormi vue l'heure
tardive, mais commence tout de même à nous questionner sur
notre vie en nous demandant même si nous ne sommes pas catholiques
?!
Yann lui montrera alors la croix de Triskel en lui disant que c'est une
nouvelle religion !! Surpris, notre homme abandonnera ses interrogations.
La
chambre est humide, sans eau, et les moustiquaires trouées permettent
aux moustiques de nous tenir compagnie pendant la nuit...Le lendemain
matin, nous passons la frontière en taxi. Nous nous remémorons
alors les bons moments passés avec Céline.
Ce
voyage à trois fut une expérience plaisante et intéressante.
La pointe de déception du Cotopaxi nous motive à réitérer
l'ascension d'un sommet pendant ce tour du monde...
Afin
que Céline puisse profiter au maximum de ce pays, nous nous sommes
efforcés de découvrir le maximum en quinze jours, ce qui
fut assez physique avec peu de repos !
Aussi,
pour ce premier pays d'Amérique du Sud, Estelle, grippée,
aura du mal à réaliser qu'elle a mis pied sur de nouvelles
terres malgré toutes les différences présentes...
Quant a Yann, il est tout simplement ravi d'être sur ce continent
qui lui tient tant à cour.
Nous
espérons bien revoir Bjorn et Franzisca au Pérou pour, tous
ensemble, aller à la recherche d'une cité Inca récemment
découverte...
Estelle&Yann
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