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CARNETS DE VOYAGE DES AMIS AU CHILI


Santiago de Chile et la côte
Vince et Manu
octobre 2005

CAPITALE : SANTIAGO

LANGUE : ESPAGNOL

RELIGION : CATHOLICISME

POPULATION : 14,8 M

SUPERFICIE : 757 000 Km²

CARNET DE VOYAGE AU CHILI
(11ème étape)

Coincé entre la Cordillère des Andes et l’Océan Pacifique, le Chili est l’un des plus beaux pays d’Amérique du Sud. 
La longue bande de terre qui va des lacs de sel du désert d’Atacama au rocher noir du Cap Horn varie à souhait les contrastes (salines, lacs, volcans), sans oublier son patrimoine architectural et la densité de sa faune
.

ITINERAIRE (25 jours) : Vallée de la Lune - Santiago - Valparaiso - Punta Arenas - Puerto Natales

"TORRES DEL PAINE"

Préparatifs à Puerto Natales...

Après treize jours passés sur la Terre de Feu côté Argentine, nous faisons une escale obligatoire d'une nuit à Punta Arenas pour nous rendre à Puerto Natales. Nous apprendrons alors pendant ce transit que la vitre du magasin avait été brisée lors d'une dispute d'un couple...

Puerto Natales est le point de départ des treks. Sur la route qui nous y mène, les paysages sont composés de toundra à perte de vue ; les rares arbres sont pliés par le vent ; la nature est vierge de toute présence humaine. A peine arrivés, nous nous empressons d'organiser les quatre jours de trek à Torres del Paine, en libre. Tels des escargots, nous avons maintenant notre maison et pouvons ainsi poser notre tente où bon nous semble. Reste à dégoter une carte détaillée des sentiers et de la nourriture. Noël arrivant, nous devons aussi, ce jour même, expédier les cadeaux de Noël en France. Le coût du timbre en Argentine étant de 1,8 euro, nous attendions notre retour au Chili pour bénéficier de meilleurs tarifs. En fin de journée, par hasard, nous rencontrons Matt et Carlie, deux anglais rencontrés pendant notre séjour à Ushuaia (cf. récit Argentine). Nous dînons alors tous les quatre et ensuite les accompagnons au port puisqu'ils partent en croisière dans les fjords chiliens jusqu'à Puerto Montt.

De retour à l'hôtel, nous préparons les sacs pour les quatre jours de trek en optant pour les sacs à dos à faible volume, au risque d'être sous équipés, mais en bonne situation (poids minimal) pour apprécier ce magnifique parc ; d'autant que nous avons prévu de couvrir plus de 20 kilomètres par jour.


Nous nous affranchissons de l'entrée au Parc national avant de le pénétrer...
Il est 7h00 du matin et un bus au pied de l'hôtel nous attend. Entourés de randonneurs, nous nous rendons vite compte que la plupart des gens sont équipés de lourds sacs à dos. Quant à nous, nous avons décidé de partir avec le minimum qui rentre ainsi dans nos deux petits sacs à dos avec en débord 3 sacs plastiques et la tente. Nous mettons 3h30 pour atteindre le Parc National Torres del Paine. Estelle pendant le trajet récupérera quelques heures de sommeil alors que Yann fera la connaissance de Carolina, sa voisine, travaillant en tant que garde dans le parc. Arrivés au parc, nous devons nous affranchir de 12 euros l'entrée. Nous sommes alors à Guarderia Laguna Amarga et avons décidé de réaliser le trek en sens inverse de l'habituel chemin, sous le conseil de notre hébergeuse, afin d'éviter le départ groupé des randonneurs à l'entrée. Nous prenons ainsi un second bus pour rejoindre Posada Rio Serrano. A peine entrés dans ce parc, face à nous, s'élève los Torres del Paine, trois montagnes en forme de tours, qui font parties d'une chaîne formée il y a douze millions d'années environ et qui ont donné leur nom au parc. Le plus haut des sommets culmine à 2 900 mètres d'altitude mais nous n'apercevons que des masses sombres enneigées pour cause de mauvais temps.
En bus, nous pénétrons dans une partie du parc et apercevons quelques bribes du paysage qui nous attend : steppe, forêt, montagnes et lacs, dont le lago Nordenskjöld qui se trouve au pied des Tres Torres del Paine ; les nombreux lacs présents dans le parc sont apparus suite à la formation des montagnes.


Il faut savoir que ce parc a été classé Réserve de la Biosphère de l'UNESCO en 1978 et figure sans doute comme le plus beau parc du Chili. Au sommet des multiples collines que nous traversons, des guanacos (espèces de lamas) ne semblent pas être dérangés par notre présence furtive. Le bus stoppe alors au Lago Pehöe pour laisser descendre de nombreux trekkeurs ayant décidé de relier en bateau un autre site qui les rapprochera du fameux glacier Grey, évitant ainsi les cinq heures de marche qui nous attendent. A Posada Rio Serrano, nous analysons le parcours et le relief sur une maquette de l'office. Il est midi quand nous débutons notre trek sous un fort vent glacial et quelques crachins bretons¨. Pour notre première étape, nous avons prévu de réaliser 25 kilomètres pour atteindre le camp Albergue Grey, près du glacier du même nom, soit 9 heures de marche.

Nos premières heures de trekking sous la pluie...


Nous marchons à travers un paysage désolé, composé de vallées à hautes herbes et de petites collines. Parfois, un bosquet nous abrite quelques instants du vent. Ce qui devait arriver, arriva : dans une plaine, le ciel s'obscurcit rapidement pour venir se vider juste dans la zone où nous nous situons ! Nous accélérons alors la cadence dans cette mini-tempête afin d'atteindre le prochain bosquet... Nous rejoignons celui-ci quinze minutes plus tard, c'est alors que le ciel s'éclaircit... Nous ferons alors notre première pause afin de faire sécher nos vêtements. Nous en profitons pour déjeuner nos premiers sandwichs de saucissons-fromage et croisons deux randonneurs équipés de gros sacs à dos. On se pose alors la question de savoir si on a emmené tout le nécessaire. Nous serons fixés dans quelques jours...
Première vision extraordinaire de ce parc qui nous réchauffe : le lago Pehöe, que nous dominons maintenant, de couleur bleue fluo et zigzaguant autour d'îlots verdoyants, le ciel dégagé, avec en fond le Torres del Paine. Pour renforcer cette image, une plante d'un rouge vif, le ciruelillo, est présente le long de notre chemin. Après cinq heures de marche, nous arrivons au camp Albergue Pehöe où nous nous délassons quelques instants. Nous réalisons alors que nous n'aurons rencontré que deux personnes pendant cette première étape. Il est 17h00. Nous remplissons nos gourdes et repartons rapidement car encore quatre heures de marche nous attendent.


Longue marche vers le Glacier Grey...


Nous attaquons le W qui est l'appellation du plus beau circuit de la forme d'un W. A chaque extrémité de branche du W, se trouve un site naturel unique. Le parc doit sa popularité à ces trois sites. Le paysage est ici différent : plus vallonné, ce qui rend notre trek un peu plus physique. Toutefois, aucun signe de pluie, seules quelques rafales de vent de temps à autre qui courbent les arbres même les plus robustes. A notre gauche, nous finissons par dominer le Lago Grey. Ce lac est alimenté par le fameux Glacier Grey qui se trouve en amont. On est encore à plus de cinq kilomètres quand déjà nous apercevons quelques signes de celui-ci : îlots de glace émergeants à la surface bleue-verte du lac, formant alors un barrage. Sous les rayons de soleil, le lac prend alors des formes de crèmes blanchâtres, opaques et fluides... Nous apercevons alors la face de l'énorme glacier : il se distingue par sa blancheur éclatante et ses reflets bleus dus au contact de l'eau. Une lueur au-dessus du glacier rend le ciel lumineux. Nous pensons alors atteindre le campement rapidement car celui-ci se trouve à proximité de cette montagne de glace. Il nous faudra pourtant arpenter à plusieurs reprises des collines, pensant à chaque sommet, découvrir le camp... Il est 20h30 quand nous arrivons à un croisement nous signalant le campement et également la direction d'un point de vue. Malgré nos épaules lourdes, nous décidons avant la nuit de nous rendre en premier lieu à ce mirador.


Premières vues du Glacier Grey...


Sur une crique, nous observons assis, ce mur blanc aux multiples pics irréguliers et balancés. Le glacier repose sur le sol et ne flotte pas comme les petits ¨icebergs¨ alentours. Il est pris entre deux chaînes de montagnes sur cinq kilomètres de largeur en moyenne et vient butter sur l'île du lac ; d'où deux murs de glace créés autour de l'île, respectivement de 1 et 3 kilomètres. En perpétuel mouvement, le glacier se fait entendre par des craquements et sa surface est ainsi formée de pics. De notre promontoire rocheux, nous n'attendrons pas bien longtemps avant de voir un petit bloc se décrocher du mur de glace et chuter avec résonance dans les eaux du lac. Pour fêter cette beauté que nous offre la nature, nous nous servons un pisco on the ...


Première nuit sous la tente...


Après ces instants de contemplation, nous descendons au campement Camping Grey payant (un camping sur deux est payant...). Il est 21h30... Nous installons notre tente au bord du lac avec vue sur le glacier. Nous apprendrons par la suite que cet emplacement est interdit mais la tente étant montée, on nous laissera tranquille pour la nuit. Nous entrons au chaud dans le seul bar et ne serons pas tentés de consommer vu le prix de la consommation (1,5 euros le thé !). Estelle apprend ici à jouer aux échecs... Avant de se coucher, on prend la précaution de mettre de grosses pierres sur les crochets de la tente, celle-ci commençant par se déformer avec le vent qui se lève... Couchés, nous réalisons que nous avons effectivement couvert 25 kilomètres en 09h00 de marche comme prévu. Malgré le peu de confort (sans matelas, dans le froid et au fort souffle du vent..), nous sommes heureux de nous étendre sachant que demain, 10 heures de marche nous attendent pour 20 kilomètres... Au petit déjeuner, face aux îlots détachés du glacier et dérivants, Yann appréciera ses quelques tartines de Manjar, dulche de leche, et Estelle sa confiture de Ciruella accompagnée d'eau bien fraîche !


Hors piste : le Glacier Grey à bout de bras...


Ensuite, nous tentons de nous rapprocher au plus près du glacier en escaladant des collines rocheuses tout en mesurant les risques, jusqu'à nous trouver sur un versant d'une paroi pratiquement verticale collée au glacier. De là, nous pouvons apercevoir les entrailles bleutées de celui-ci ainsi que les pics plus près que jamais. Hors sentier battu, nous sommes seuls et infiniment petit devant ce géant blanc... Pour continuer dans le hors piste, nous décidons de longer le lago Grey et ainsi toucher du bout des doigts les gros glaçons détachés du glacier et qui se sont égarés, stagnants le long de la rive. Deux heures plus tard, de retour au camp, nous plions la tente pour rejoindre le camp Italiano qui se trouve au centre du "W". Au détour d'un sommet, nous avons conscience que nous quittons définitivement le glacier et nous restons ainsi quelques secondes à contempler son immensité, éloignés déjà de plus de cinq kilomètres.


Prévision du jour : 20 kilomètres, 10 heures de marche pour atteindre le second campement...Le beau temps nous accompagne durant notre marche et renforce les couleurs environnantes. Après 4h00 d'avancée, nous atteignons Albergue Pehöe où nous faisons une pause gâteaux secs-oranges. Lors de l'étape suivante, nous longeons le Rio del Frances et passons le Bridge del Frances. Le sentier est de plus en plus incliné et traverse des forêts. Après 9 heures de marche, nous atteignons le campement et dormons au bruit du Rio ; une nouvelle fois, le vent nous accompagnera dans nos songes, tout comme le pisco quotidien du soir...


Impressionnants paysages...


Au lendemain, sans bagage, nous grimpons une colline afin de nous rapprocher du Glacier del Frances à notre gauche et du fameux Cuernos del Paine à notre droite. Cette dernière montagne, trapue, nous fait penser à un gâteau marbré, avec ses couches de couleurs bien délimitées : marron, blanc, marron foncé.
De retour au campement, alors que nous retirons les piquets de la tente, celle-ci s'envolera quelques mètres plus loin... Voilà comment notre "maison" a failli nous échapper ! Deux heures plus tard, à l'auberge Los Cuernos, Julio, le "cuistot" du refuge, nous fournira du sucre glacé pour la composition de notre pisco du soir...
Il est 14h00 et il nous reste 07 heures de marche pour accéder à la dernière branche du "W", soit 20 kilomètres à pied. Sur notre droite, nous longeons le Lago Nordenskjöld aux reflets verts. A notre gauche, la Cordillera Paine et ses multiples pics ; le point culminant se trouve à 3050 mètres et se nomme le Punta Principal. Pendant notre marche, nous passons à proximité d'oiseaux qui ne fuient pas pour autant. La végétation la plus courante est composée d'arbustes dont certains aux fleurs d'un rouge flamboyant. Nous traversons de temps en temps une végétation plus riche nous ombrageant des rayons du soleil... Le sentier est vallonné et des rios noyant une partie du chemin casse notre rythme : nous devrons traverser ces derniers, par des pas d'équilibre sur les grosses pierres émergeant de l'eau. Nous marchons sur une plage de galets nous offrant ainsi une vue de l'environnement au même niveau que le lac. A un mètre de l'eau, nous pouvons d'ici confirmer sa couleur verte.


Sous un vent fort, nous attaquons la dernière branche du "W"...


Après ces trois dernières heures de marche, nous atteignons une intersection qui nous permet de rejoindre plus rapidement la dernière branche du "W". Une demi-heure plus tard, dans notre ascension, on aperçoit des randonneurs sur un sentier en provenance de l'Hosteria Los Torres, le point de départ classique du parc. Sur notre chemin, nous croisons des oies sauvages, et un couple de rapaces que l'on aura du mal à identifier. Le sentier est de plus en plus ardu, se transformant en une perpétuelle montée. Nous rejoignons alors le chemin des autres trekkeurs. Nous entrons alors dans un canyon en le longeant par l'un de ses versants. En bas, le puissant Rio Ascencio gronde. Un vent fort se lève et nous assurons nos pas. Soudain une rafale de vent nous déstabilisera, poussant Estelle au bord du précipice. Yann s'empressera de regarder si Estelle est toujours de ce monde ! A un détour, le chemin sera dévié sur la gauche suite à un affaissement de terrain. Nous restons prudents. Finalement nous rejoignons le chalet de Chileno où nous prenons notre première boisson chaude de notre trek. A chaque fois que nous nous enfonçons dans une branche du "W", la température descend. Cette pause est ainsi la bienvenue. Sous quelques gouttes de pluie, nous reprenons notre marche pour cette dernière étape car nous avons décidé de nous rapprocher du Glacier Ventisquero Torres.
Nous longeons le Rio et marchons principalement dans les sous bois, sur un terrain vallonné.

 

Fatigués de la journée, cette dernière étape nous parait interminable. Nous traversons ce qui semble être une ancienne rivière actuellement asséchée, large de 100 mètres dont le sol est composé de galets. Après ces 11 heures de marche (soit 22 kilomètres) dans la journée, nous installons en fin le camp à Campemento Torres. Le relief du terrain ne se prête pas vraiment au camping et nous aurons quelques difficultés à trouver un emplacement plat. Pour terminer la soirée, nous discutons avec deux Espagnols de Madrid et nous en profiterons pour faire un échange d'information puisque nous allons voyager là où ils sont allés et réciproquement.


Ascension du Glacier Ventisquero Torres....

Le lendemain matin, pour notre dernière journée, nous sortons de notre tente à 08 heures pour rapidement nous diriger sur le glacier Ventisquero Torres avant que d'autres randonneurs ne prennent les meilleures places du mirador.
Il pleut et vente et nous sortons nos ponchos, gants et bonnets. Nous escaladons alors cette fameuse rivière asséchée qui nous permet de nous rendre directement au pied du glacier où se trouve un lac. L'ascension est rude et sur les galets, nous glissons de nombreuses fois. Les nuages sont si bas que l'on n'a aucune visibilité sur la fin du glacier. Nous sommes bien seuls. Des rayons de lumière, à notre surprise, apparaissent l'instant d'apprécier le glacier, le vent semblant pousser pour nous ces nuages grisonnants… Comme d'habitude, l'eau du lac est d'une couleur si prononcée qu'elle amplifie la beauté du site. Mais les conditions climatiques se dégradent rapidement et nous reprenons alors le chemin en sens inverse. La descente se veut prudente et nous essuierons malgré tout quelques glissades.


Dans notre phase finale, nous traversons un fleuve mouvemente, chaussures a la main…De retour au campement, nous plions la tente et effectuons nos dernières heures de marche pour rejoindre l'Hosteria Las Torres, 2h30 plus loin.
Vu notre avancée sur le planning, nous prenons le temps de déjeuner à un endroit où nous dominons une partie du parc. Puis, nous continuons notre descente et arrivons face à un fleuve. Il y a du courant. Nous avons le choix entre rebrousser chemin en revenant sur nos pas 500 mètres pour emprunter un pont ou bien traverser à pied le fleuve dans lequel aucune pierre n'émerge... Il fait chaud et nous ne nous sommes pas lavés depuis quatre jours! ...
Quelques personnes, plus loin sur l'autre rive, attendent de savoir qu'elle décision nous allons prendre. On vous laisse deviner..... Chaussures à la main et pantalon retroussé jusqu'aux cuisses, nous mettons nos doigts de pieds dans l'eau glacée provenant d'un glacier en amont. Le courant nous déstabilise, obligeant à l'un de tenir l'autre dans son mouvement. La seconde difficulté est le froid qui commence à geler nos jambes... c'est le pantalon mouillé que nous arrivons à l'Hosteria las Torres. Là, nous subirons une forte averse de pluie et devrons rester à l'extérieur d'un hôtel où seule l'entrée est réservée à la clientèle... Après une heure d'attente, nous reprenons notre bus pour Puerto Natales.
Il existe plusieurs moyens de visiter le parc Torres del Paine car les bus pénètrent jusqu'aux principales auberges et le bateau vous permet de vous rapprocher du glacier. Toutefois, le meilleur moyen de rentrer en rapport avec le Parc est de le parcourir à pied. C'est ici la découverte de la Patagonie en concentré : on ne peut pas rester insensible à ce cadre splendide et mystérieux. Du fait de l'isolement que nous avons éprouvé, le besoin de communiquer nous a fait rentrer en contact avec la nature... Ici la solitude se marie à merveille avec le paysage.

Pendant ces quatre jours de trek, nous avons réalisé 82 kilomètres de marche en 34 heures

La cerise sur le gâteau reste l'apparition du Glacier Grey à nos yeux, de part son immensité, son union avec les terres avoisinantes et ses couleurs bleutées au soleil...

De retour mouvementé à Puerto Natales....


Après ces quatre jours de Trek à Torres del Paine, de retour à Puerto Natales, nous retrouvons l'hôtel de départ. A cette veille de réveillon, un vent impressionnant en ville nous rappelle notre tempête de décembre 1999. Dans le confort de nos lits, nous pensions passer une nuit fortifiante, mais par manque de chance, un homme de forte corpulence ronflera toute la nuit dans le dortoir ! Yann, au-dessus du lit superposé, remuera les barres pour le réveiller, mais en vain...Yann finira alors dans la banquette de la salle à manger. Estelle, imperturbable avec ses boules quies, résistera !
Le lendemain matin, nous partons pour El Calafate en Argentine pour rejoindre le Parc national Los Glaciares, son fameux glacier Perito Moreno, et ainsi continuer sur notre lancée des parcs, glaciers et nature... Nous saluons définitivement Matiás, fils des propriétaires de l'hôtel, sourd et muet, qui passera Noël seul à s'occuper de la guesthouse.

En route pour l'Argentine...


Sur le trajet pour Calafate en Argentine, nous passons la frontière dans les steppes de la Patagonie où seuls des guanacos donnent du mouvement à ce lieu. Nous quittons alors définitivement le Chili.


Rétrospective et continuité...


Après ce mois passé au Chili, nous pouvons dire, par l'absence de population indienne, que les traditions des indiens sont inexistantes. Dans cette société à l'européenne, la pauvreté est moins présente que chez nous. Et comme dit Charles Aznavour : ¨la misère est moins pénible au soleil¨. Sans avoir été influencés par l'accueil des Pompes France qui nous ont reçus comme une famille, la population chilienne est sans contexte des plus accueillantes. Les plusieurs milliers de kilomètres parcourus dans le pays nous ont permis d'apprécier la richesse de la nature chilienne si variée : désert, glaciers, côtes océaniques, chaînes de montagnes, steppes...

Nous quittons à regret ce pays mais sommes toutefois impatients de visiter les terres de son ¨frère ennemi¨, l'Argentine. Allons-nous réussir à passer Noël au pied du Perito Moreno, le plus gros glacier du monde, sachant que l'on quitte le Chili ce 24 décembre, sans la moindre réservation, ni les moindres modalités d'accès à son parc...?
La nature sera-t-elle aussi belle et diversifiée qu'au Chili, l'Argentine étant aussi étendu que ce dernier ?
Aurons-nous une vision aussi critique de l'Argentine que les chiliens ?


Et surtout finalement, comment va nous apparaître la crise qui a touché le pays il y a peu de temps ?

PUERTO MADRYN (Argentine)

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