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Plus
qu'un pays en Amérique du Sud, le Brésil est un continent dans le continent
(16 fois la France).
De l'Amazone infinie aux colossales chutes d'Iguaçu, des forêts d'Amazonie
au continent marécageux du Pantanal, en passant par ses plages tropicales
et des villes à l'architecture coloniale préservée, le Brésil fait frémir
les hommes qui foulent sa terre.
ITINERAIRE
(30 jours) : Foz de Iguaçu - Brasilia - Salvador
de Bahia - Pantanal - Isla Itaparica - Ilhéus - Porto Séguro
- Rio de Janeiro - Belo Horizonte - Florianopolis - Isla Santa Catarina
"RENCONTRES DANS LE BRESIL COLONIAL"
Dernier soir
avec Rudy après le départ de Yann.
Pour ce dernier soir,
Rudy me propose alors une soirée cinéma et à 21h00,
nous allons voir " Deos e brasileiros ", une très bonne
comédie sur le bonheur dans la langue brésilienne... un
style qui se rapproche d'Amélie Poulain au Brésil !
Nous finissons notre soirée au Mac Donald. Puis à la guesthouse,
je fais mes adieux à Rudy, quittant le lendemain Rio pour Belo
Horizonte. Je salue également Rodolphe, le Français en tour
du monde, en nous échangeant nos coordonnées... Il est 02h00
du matin et le réveil sonne dans quatre heures...
Dans le bus
pour Belo Horizonte...
A 07h30, le bus me dépose au rodovaria de Rio de Janeiro, terminal
terrestre où je prends alors mon bus pour Belo Horizonte, contente
d'aller découvrir l'intérieur du Minas Gerais, région
minière historique.
Sur le trajet, mon voisin Jefferson, de mère allemande et père
de famille de 41 ans habitant à Belo Horizonte, me parlera de la
beauté de son pays, de sa dimension, des endroits à visiter
absolument. A plusieurs reprises je le ferai répéter, lui
ne parlant pas l'espagnol et moi étant novice dans le Portugais.
Nous traversons les montagnes et apercevons de nombreux sites miniers.
Les couleurs d'une terre rouge ocre contrastent avec le vert vif de la
nature. Soudain, un bouchon de 2 kilomètres nous oblige à
patienter une demi-heure : il s'agira d'un grave accident de la route
et je détourne alors le regard à la vue du résultat.
Cela n'empêchera pas le bus de poursuivre sa course infernale sur
la route sinueuse...
A la recherche
d'une guesthouse...
Après avoir
parcouru ces 430 kilomètres en six heures de bus, je salue Jefferson
au terminal de Belo Horizonte et récupère mes sacs à
dos. Jefferson reviendra alors me précisant que son frère
Richard vient le chercher et que si je le souhaite, ils peuvent me déposer
dans l'hôtel de mon choix. C'est une bonne surprise car toutes les
guesthouses sont situées en banlieue lointaine de la ville !
A la pousada indiquée
sur mon guide, aucune place disponible. Jefferson m'explique alors que
suite aux très fortes pluies de décembre et janvier, l'Etat
a réquisitionné la pousada pour héberger les sans
abris en contrepartie d'indemnisations.
Jefferson et Richard m'accompagnent alors gentiment dans une autre pousada
située dans la banlieue opposée. Après avoir traversé
rapidement la ville, celle-ci me paraît à premier abord grise
avec ses hauts buildings. J'installe alors mes affaires et remercie mes
nouveaux amis de leur aide. Jefferson me laissera ses coordonnées
en cas de soucis.
Dans le dortoir féminin, seule une jeune brésilienne de
Sao Paulo, Vanessa, est présente. Etudiante, elle révise
pour ses examens qui auront lieu le lendemain. Ensemble nous dînons
avec un Israélien de 24 ans, Oz, en fin de voyage de 5 mois. J'établis
alors mon planning de visite de la ville pour le lendemain, et Oz me demandera
s'il peut se joindre à moi pour la découverte de la ville.
Ballade
au lac de Pampulha avec Oz
Au petit matin, Oz
et moi prenons un bus pour rejoindre la ville et nous nous tromperons
de sens. De nouveau, nous réitérons l'opération cette
fois-ci avec succès jusqu'à atteindre une heure plus tard
le lac. Le manque d'entretien des eaux est visible à l'oil nu.
Nous décidons de faire le tour du lac à pied. Mais après
deux heures de marche, ayant visité une église au design
moderne, et passé le jardin botanique et zoologique, nous sommes
obligés d'empreinter la route pour poursuivre notre marche. Nous
réalisons alors que nous ne sommes qu'à la moitié
du lac. Après un rafraîchissement, nous prenons alors un
bus qui nous déposera près du Musée d'Art Moderne
sur l'autre rive ; musée qui présente un art contemporain
étrange.
Visite de Belo
Horizonte...
Nous revenons à
Belo Horizonte où Oz ira dans un cybercafé. Je poursuis
alors la visite de la ville : avec ses rues quadrillées, la ville
est une vraie toile d'araignée. Le peu d'architecture coloniale
est dissimulée entre de l'ultra moderne. A la Plaza de la Liberdade
se tient une manifestation obligeant la présence policière.
Je décide alors de rentrer à pied à la guesthouse
: il me faudra 1h30 pour l'atteindre, après maintes demandes de
renseignements, ne possédant pas de plan de la banlieue. De retour
à la pousada, Vanessa m'annonce qu'elle est contente de ses examens
et qu'elle rentre demain chez ses parents.
Direction Ouro
Preto, ville coloniale réputée pour son passé...
Après un petit
déjeuner de fruits exotiques au yaourt, je pars rejoindre le terminal
de bus de Belo Horizonte. Je n'aurai pas besoin d'attendre un bus pour
Ouro Preto, le prochain partant dans les trois minutes qui suivent mon
arrivée. Dans le bus, ma voisine, une femme de plus de soixante
ans commence à discuter en français : Marie Teresa est une
sour religieuse qui a beaucoup voyagé en Europe. Elle me raconte
en français son séjour en France, à Paris et Grenoble
où son frère a vécu cinq ans... Elle part aujourd'hui
rejoindre sa sour qui gère la Guesthouse Nello Nuno à Ouro
Preto. A notre approche d'Ouro Preto, Marie Teresa me montre en pointant
du doigt l'horizon, une roche au sommet d'une montagne, dirigée
vers le ciel telle une fusée inclinée. Cette roche est la
fierté des habitants d'Ouro Preto avec le parc National d'Itacolomy
dans lequel elle sied. C'est aussi un indicateur de pluie si elle est
cachée par les nuages le matin...
A notre arrivée
à Ouro Preto, Marie Teresa me propose de prendre un taxi avec elle
jusqu'à la guesthouse de sa sour qui hélas ne me sera pas
abordable. Marie Teresa alors me fera visiter cette superbe demeure et
refusera que je paie la course en taxi. Dans les rues piétonnes
peu larges et fortes inclinées, toutes de pierres non alignées,
je marche avec difficulté avec mes bagages pour trouver le backpacker
bon marché que Oz m'a conseillé par mail la veille...
Je m'installe
dans l'auberge de jeunesse d'Ouro Preto...
Fernando, un jeune
habillé en Fubu, m'accueille chaleureusement à l'auberge
de jeunesse. Après discussion, il me fera alors bénéficier
d'un tarif réduit. Je m'installe, seule, dans un dortoir de six
personnes. Seulement quatre touristes semblent s'être installés
dans l'auberge...
A la découverte d'Ouro Preto à travers ses monuments
historiques...
Je pars rapidement à la découverte d'Ouro Preto qui au premier coup d'oil me
fait penser aux villages de Dordogne tels que Sarlat... Des églises
baroques multiples sont jonchées sur des hauteurs, la ville ayant
été construite sur des montagnes.
La région
fut découverte au XVIème siècle et attira foule pour
ses minerais. Dès 1698, elle fut considérée comme
l'Eldorado de l'Amérique du Sud. Face à l'apport de richesse
de son sous-sol, le roi Don Joa V instaura une sorte de taxe royale qui
financera en partie la construction de Lisbonne puis la Révolution
Industrielle britannique... C'est en 1711 que fut fondée Vila Rica
de Ouro Preto.
En 1750, la ville
comptait alors 110.000 personnes (dont la majorité d'esclaves)
contre 50.000 à New York et 20.000 à Rio de Janeiro ! Furieux
de l'impôt, les mineurs paulistes se rebellèrent sans succès
contre les Portugais.
En 1789, les poètes Claudio Da Costa, Thomas Antonio Gonzaga et
Joaquim Jose da Silva Xavier (surnommé Tiradentes pour ses capacités
de dentiste...), inspirés de la Révolution française,
complotèrent l'Inconfidencia Mineira ; rébellion qui n'aboutira
pas et qui aura pour conséquence, l'exil de Gonzaga au Mozambique
et l'emprisonnement de Da Costa. Tiradentes fut abandonné par ses
amis, jeté au cachot sans procès pour trois ans, puis écartelé
! En 1721, la ville prit le nom définitif de Ouro Preto abritant
le siège de l'Etat jusqu'en 1897. Belo Horizonte prit ensuite le
relais. En 1933, la ville fut déclarée monument d'intérêt
national et en 1988, classée Patrimoine culturel mondial par l'Unesco.
Les rues sont difficilement
identifiables, n'ayant pour certaines aucun nom, pour d'autres deux noms
différents... Je déjeune alors de feijaos (plat typique
de haricots rouges, riz, viande) dans un petit restaurant local pour 1
euro !
Je pars ensuite à
la visite des nombreux musées et églises. Tout d'abord la
Matriz de NS do Pilar, église la plus riche du pays après
celle de Sao Francisco de Salvador de Bahia, et contenant 434 kg d'or
et d'argent ! Je visite ensuite l'Igleja SF de Paula sur les hauteurs
de la ville et décorée à l'intérieur d'une
mosaïque bleue.
J'entre alors dans
la Casa del Contos : construite de 1782 à 1784 par un riche particulier
responsable des impôts. Le bâtiment massif se compose de deux
étages et d'un sous-sol riche en histoire. En 1789, endetté,
le propriétaire loue une partie de la demeure à l'Etat.
C'est là que vit se conspirer alors l'Inconfidencia Mineira. Suite
à la rébellion, la Casa fut alors utilisée en tant
que prison pour les conspirateurs arrêtés. Je découvre
les cachots où Da Costa mourut, les archives des conspirateurs,
les salles de réunions, une bibliothèque. C'est en 1973
que la Casa dos Contos fut restaurée en musée.
Je marche ensuite
dans les rues animées de la ville et arrive alors face à
NS Do Carmo, église construite de 1766 à 1772 et qui est
le résultat de la collaboration de différents artistes.
La façade est l'ouvre de l'Aleijadinho (Antonio Francisco Lisboa),
sculpteur qui perdit l'usage de ses mains et de ses jambes à l'âge
de trente ans, d'où son surnom signifiant "petit estropié".
Son marteau et son ciseau fixés sur les bras, il réalisa
des sculptures nombreuses de style baroque à rococo. Fils d'un
architecte portugais et d'une esclave noire, né en 1730, il vécut
84 ans sans sortir de sa région. C'est en 1973 que l'Etat le déclara
Patron des Arts brésiliens.
Je visite ensuite
le musée de l'Inconfidencia, ancienne mairie et prison municipale
de 1907 à 1937, construite au XIIIème et XIVème siècle
et qui se situe sur la Plaza Tiradentes.
Soirée
cosmopolite...
La nuit tombe alors que je rentre à l'auberge. Je retrouve alors
Oz, et je le convaincs de faire avec moi le lendemain une randonnée
à cheval jusqu'à la pierre d'Itacolomy. Nous allons ensuite
tous deux dîner dans un restaurant au kilo avant de retrouver Fernando
après son travail, devant quelques capirinhas... Sur le chemin
du retour, un homme m'interpelle. Quelle n'est pas ma surprise : il s'agit
de Martin, l'Allemand rencontré à Copacabana dix jours auparavant
! Nous nous donnons alors rendez-vous au lendemain soir pour passer la
soirée ensemble. Avant de nous coucher, Fernando nous fait écouter
quelques musiques brésiliennes...
Une journée
de randonnée à cheval dans la Parque national d'Itacolomy...
Après un réveil
matinal, nous partons, Oz et moi, en randonnée à cheval.
Notre guide, Dany, un métisse de petite taille, menu et dynamique,
est très attentionné et à l'écoute durant
toute la promenade. Mon cheval Tipui est de couleur blanc gris. Pour cause
de banditisme dans l'arrière pays, on nous déconseille l'apport
de l'appareil photo. Nous nous éloignons tout d'abord de la vallée
par des champs et pâturages très verts, puis grimpons des
collines, passant d'un vallon à un autre, parfois au galop... Dans
ces chemins mal tracés et de caillasses, les chevaux refuseront
parfois d'avancer... Le Parc Itacolomy me rappelle nos Pyrénées,
aux plantes basses sortes de garrigues, petits bosquets et roches éparpillées.
Nous descendons plusieurs fois de cheval pour laisser avancer les canassons
librement dans les chemins difficiles d'accès. Dany encourage alors
les chevaux d'une voix douce... Oiseaux et insectes accompagnent le souffle
des chevaux... Nous réalisons quelques courses de galop à travers les arbustes.
Finalement pour le dernier tronçon, nous finissons l'escalade à pied, laissant les chevaux sur une plate-forme d'herbes que deux locaux
sympathiquement garderont un oeil pendant leur sieste...
Le Pic d'Itacolomy
qui est situé à 18 km de la ville et à plus de 1.700
mètres d'altitude est maintenant à portée de main
après trois heures trente de randonnée. Etonnement, vue
à mi-hauteur, la roche a perdu son effet incliné. Assis
sur le rocher voisin, nous admirons tout d'abord silencieusement le paysage
qui s'offre à nous sur toute la vallée. Puis Dany, étudiant
en écotourisme, nous expliquera qu'il vient lui-même d'une
famille d'esclaves arrivée dans les années 1875. Afin de
parfaire sa connaissance de la faune et de la flore, sa formation l'oblige
périodiquement à changer de lieux au Brésil revenant
tout juste d'une année de guide au Pantanal...
Nous dévalons
ensuite la montagne et allons alors nous baigner dans une cachoeira, cascade
naturelle quelques mètres plus bas. L'eau est glacée. Nous
repartons ensuite sur le chemin d'Ouro Preto avec nos chevaux. Nous atteindrons
la ville deux heures plus tard... Sur le chemin du retour, nous aurons
le plaisir de découvrir chacun deux tics sur nos corps et n'avons
alors qu'une envie : prendre une douche ! Devant notre auberge, nous remercions
Dany pour son agréable présence et pour son savoir...
Un vendredi soir bien arrosé à Ouro Preto...
Après une bonne
douche, Oz et moi allons dîner de poissons grillés avec grande
faim. Puis, Oz prendra le bus pour Sao Paulo et je retrouverai Martin
à peine une heure plus tard, me laissant alors peu de répit
pour le repos.
Devant les deux premières
bières dans un bar, nous nous remémorons les bons moments
passés ensemble à Rio de Janeiro. Nous changerons trois
fois de bars. mais pas de boissons. Dans le dernier bar, je rencontre
deux femmes du dortoir voisin au mien, et nous poursuivons la nuit au
capirinha. Tous ensemble, nous entrons dans une première discothèque
dont l'ambiance nous fera tous les deux fuir. Sur la place Tiradentes,
nous pénétrons dans une grande bâtisse où répète
en public une école de samba pour le carnaval. Les locaux sourient
en nous voyant essayer de les imiter dans leurs déhanchements !
A quatre heures du
matin, un videur s'approchera de nous alors que nous sommes tranquillement
debout sur un côté de la salle, et nous demandera de quitter
les lieux immédiatement sans motif donné : est-ce le fait
que nous soyons les seuls touristes apparents? On nous expliquera le lendemain
que si des locaux sont jaloux ou envieux d'une personne (surtout étrangère),
leur regard devient insistant et, par sécurité le videur
préfère expulser la personne concernée. Etrange ?
Notre soirée prend donc fin subitement, et nous nous décidons
de nous retrouver le lendemain afin de poursuivre la visite de la ville
ensemble.
Et un samedi
gris.
Je me réveille
le lendemain midi avec un fort mal de tête et des haut-le-cour,
réalisant rapidement l'abus d'alcool de la veille. Patraque, je
rejoins tout de même Martin à sa pousada. Le temps est maussade,
c'est décidément une journée à ne rien faire.
Nous passerons alors la plupart du temps à discuter dans les hamacs
du patio intérieur, aspirine à l'appui... Dans l'après-midi,
nous nous installons à une terrasse de café pour déjeuner
avec un londonien rencontré à la pousada, mais mon corps
refusera toute alimentation. Je quitte alors mes compagnons pour retrouver
mon lit.
Dans la soirée,
Martin passe me prendre à l'auberge de jeunesse pour aller dîner
de spécialités locales dans un restaurant "guindé"
mais à prix pourtant raisonnable !
A 23h00, les rues
sont désertes ce samedi soir et Martin, gentleman, me raccompagnera
à la porte de mon auberge.
A la découverte
de sites historiques avec Martin.
Le lendemain matin,
je fais quelques abdominaux et pompes avant que Martin me rejoigne pour
poursuivre la visite des monuments historiques.
Nous marchons un long
moment dans les rues pavées très pentues afin d'accéder
à l'Igreja de Santa Efigencia dos Pretos et la Capela do Padre
Faria. Sur le chemin, nous passons devant l'Oratorio Vira Suia datant
du XVIIIème siècle et ayant pour but à l'époque
de faire fuir les fantômes-brigands qui pillaient les passants de
leur sac d'or. L'oratoire ressemble à une église miniature
positionnée sur un mur et comprenant une statue du Christ visible
par une façade vitrée, ainsi qu'une croix sur le toit.
Puis, un jeune homme
proposera ses services de guide dans la découverte de l'église
de Santa Efigencia dos Pretos ; Construite en 1740 par les esclaves noirs,
elle est dédiée à la reine de Nubie. Deux Saints
noirs sont représentés ! C'est ici que les esclaves venaient
demander la protection de Dieu pour leur travail dans les mines. Eglise
riche en peinture et pauvre en or, on y retrouve la trace d'Aleijadinho.
Le guide nous propose alors de visiter une mine d'or située dans
la même rue. Nous refusons d'abord puis pensons que notre acceptation
pourra être un moyen d'aider financièrement ce jeune homme
agréable. La mine est un couloir long de 137 mètres. Il
était rare que les esclaves dépassent les sept ans de survie.
Nous pouvons observer à l'oil nu les grains d'or brillants et les
lamelles de fer au sol et sur les parois du tunnel. Nous remercions notre
guide et lui donnons quelques reals avant de rejoindre la Capela do Padre
Faria. Plus ancien lieu de culte de la ville, elle date de 1703 ; Devant
la chapelle, une croix à trois branches représente le pouvoir
temporel, spirituel et matériel du pape. La cloche de la chapelle
retentit lorsqu'en 1792 le corps de Tiradentes fut ramené à Rio et aussi lors de l'inauguration de la nouvelle capitale Brasilia!
Après cette
visite très instructive, nous déjeunons dans un snack local.
De retour sur la place du marché, je rentre dans un magasin artisanal
pour acheter une peinture sur bois de madère recyclé représentant
un perroquet coloré, vu quelques jours plus tôt. Martin me
dira par la suite qu'il a été étonne de ma négociation
du prix !
Nous poursuivons par
le musée de Minerais, plus connu sous le nom de Escula de Minas,
relatant de l'évolution de la technologie et de la science avec
une petite exposition de minerais. Les musées fermant leur porte
à 17h00, nous décidons de faire une halte sucrerie.
Nous nous quittons
ensuite pour faire nos sacs et prendre nos billets de bus, chacun partant
dans des directions opposées le lendemain matin.
Dernière
soirée avec Martin.
Le soir, sur une terrasse
de café, des locaux dansent la samba devant un orchestre et nous
nous joignons à eux. Nous finirons à 1h du matin devant
une pizza où un guitariste en solo animera la salle. A la fermeture
du restaurant, Martin me raccompagne à nouveau à l'auberge
de jeunesse et après deux heures de bavardages à voix basse,
nous nous souhaitons le meilleur pour la suite de notre voyage respectif.
Je quitte
Ouro Preto pour Tiradentes...
Le réveil ne sonnera pas à 6h00, mais inconsciemment, je
réagis. J'attrape un mini bus par chance à 6h30 pour rejoindre
le terminal de bus sur la hauteur de la ville. Le bus au trois-quarts
vide part tout de même, et j'aperçois alors deux Français
croisés de nombreuses fois dans les rues d'Ouro Preto.
Après quatre
heures de bus sur une route sinueuse et bosselée à travers
vallées vertes et touffues, nous atteignons Sap Joao del Rei, lieu
de transit pour Tiradentes. C'est d'apparence, une ville grise aux habitations
en briques non recouvertes et chargées d'immeubles. A première
vue, aucun attrait pour le voyageur même si j'ai pu lire quelques
monuments historiques existants.
Au terminal, je m'empresse
donc de prendre un nouveau billet pour Tiradentes, petit village situé
à 10 kilomètres de là, et qui est le but de ma visite.
Dans l'attente du bus, je discuterai avec Amélie et Mike, les deux
Français. Ils réalisent aussi un tour du monde dans le sens
inverse au nôtre et reviennent fraîchement d'Asie. C'est ensemble
que nous regagnons Tiradentes. Le bus s'arrêtera de nombreuses fois
sur la route pour prendre des locaux. Le paysage déjà très
vallonné forme désormais une muraille de montagnes au loin.
En contrebas de celle-ci, des pâturages s'étendent, la forêt
s'agrippe aux coteaux, le vent domine. La nature encercle le village de
Tiradentes.
A Tiradentes, nous
choisirons la même guesthouse, tellement déserte que nous
la croirons au premier coup d'oil fermée. Nous serons les seuls
à dormir ici (ce n'est pas la saison touristique), et comme ces
derniers jours, je serai seule à dormir dans un dortoir.
A la découverte
de Tiradentes.
Ce petit bourg de 4.000 habitants environ semble avoir trouvé son
origine à l'époque de la ruée vers l'or. Du fait
de ses sites coloniaux très bien conservés et de sa localisation
en bas des montagnes de la Serra de Sao José, Tiradentes est aujourd'hui
le lieu de vacances des Brésiliens aisés. Ce bourg fut baptisé
Tiradentes en l'honneur du héros martyr de l'Inconfidencia né dans une ferme voisine.
Le ciel est gris,
nuageux. Je quitte Amélie et Mike pour entamer une visite du village
avant de les retrouver en soirée.
Les rues piétonnes
faites de pierres non taillées nécessitent que l'on prenne
attention à chaque pas. Les rues du "centre" sont remplies
de petits magasins d'artisanat, antiquaires et artistes. Ces échoppes
tellement nombreuses dénaturalisent hélas une partie de
ce beau bourg historique. Les restaurants eux aussi abondent. Pourtant,
je ne vois que peu de visiteurs dans les rues.
Je m'éloigne
alors du centre et rejoins la Chafariz de Sao José, fontaine datant
de 1749 et composée d'un bac pour boire, d'un lavoir et d'un abreuvoir
pour chevaux. Les trois filets d'eau sont acheminés par un vieil
aqueduc en pierre. Je prends le temps dans ce cadre agréable de
déjeuner d'un sandwich et d'une agua de coco, ma boisson préférée
du pays. Mais le temps se chargeant de plus en plus, je dois reprendre
le pas pour gagner les nombreuses églises. Par une rue pentue,
j'atteins l'Igleja Matriz de Santo Antonio, impressionnant église
qui se dresse sur la colline du village, semblant par sa position en hauteur
vouloir rivaliser avec la chaîne de montagnes face à elle.
Consacrée au saint Patron de la ville, elle fut entreprise en 1710
sur l'emplacement d'une plus ancienne église. Sa couleur jaune
et ses contours ocres ont été restaurés en 1983.
Située dans un jardin vert et parmi des palmiers, une croix en
bois bordeaux et un cadran solaire la précède en alignement,
renforçant ainsi le charme de ce site. L'Aleijadinho a réalisé
deux des clochers. A l'intérieur des couleurs or et pastel se côtoient.
Un superbe orgue fut acheminé du Portugal en 1798. L'église
est dite l'une des plus belle du Brésil ; c'est en tout cas la
plus belle de toutes celles que j'ai pu visiter jusqu'ici (et pourtant,
celles d'Ouro Preto étaient superbes.)
Sous la pluie et l'orage,
je me dirige vers l'Igleja Do Santissima Trinidad datant de 1810, simple
et peu surchargée à l'intérieur, contrastant ainsi
avec les églises coloniales de l'époque. Un peu plus proche
du centre, l'Igleja NS Rosario dos Pretos de 1708, toute de pierre, renferme
des saints noirs.
Sous l'averse, j'arpente
alors les rues pour rejoindre le Museu do Padre Toledo, et les locaux à leur fenêtre commencent à afficher un visage de
pitié en me voyant marcher sous ces trombes d'eau. il est temps
de courir !
Ce musée fut
le lieu où vécut Pablo Toledo, héros lui aussi de
l'Inconfidencia. C'est ici que s'est déroulée la première
réunion des Inconfidentes. On peut y admirer des plafonds peints
avec style, 18 salles et une prison souterraine.
L'orage sévissant
toujours, et ayant parcouru les principaux sites historiques de Tiradentes,
je regagne la guesthouse..
Dans la journée
et à plusieurs reprises, je tenterai de contacter la compagnie
aérienne Qantas afin de confirmer le vol pour la Nouvelle-Zélande.
Finalement, un opérateur m'affirme que nous ne sommes pas sur les
listes du départ de samedi prochain et me conseille d'aller au
plus tôt dans une agence locale afin de régler le problème. ce n'est pas dans ce petit bourg que je vais trouver une solution !
Unique soirée
à Tiradentes : elle se veut française.
A 20h00, je retrouve Amélie et Mike et nous partons dîner.
Dehors, l'air frais nous surprend. le calme aussi. Nous bavarderons tous
trois autour de beignets de morues, boudin noir local et d'une bonne bière
dans un pub-resto. Après quelques conversations avec les locaux,
la fermeture du bar nous pousse à regagner nos pénates.
Nous nous donnons rendez-vous au petit déjeuner le lendemain pour
une éventuelle randonnée au pied de la chaîne de montagnes.
Départ
précipité pour Rio de Janeiro
Au petit matin, après réflexion (la nuit ne porte-t-elle
pas conseil ?), je décide de rejoindre par le premier bus, Rio
de Janeiro afin de résoudre notre problème de vol sur la
Nouvelle-Zélande. Ma visite à Tiradentes doit être
écourtée ! J'informe Amélie et Mike pendant un appétissant
petit déjeuner, de mon départ précipité pour
Rio de Janeiro. Nous nous quittons en nous donnant rendez-vous sur Paris
en septembre, date de nos retours mutuels.
Au terminal de bus,
j'arrive en retard pour le premier départ et devrais attendre deux
heures avant enfin de pouvoir m'installer confortablement pour 5h30 de
trajet. Après chaque pause, le chauffeur, tel un père, prend
soin de vérifier que je suis bien à ma place. Un homme un
peu étrange étant assis à proximité, le chauffeur
me précise qu'il va le surveiller. A notre arrivée à
Rio, je remercierai ce bon "père" de son attention et
de sa gentillesse.
De retour chez
les cariocas.
Il est 17h30 ce mardi lorsque nous arrivons à Rio de Janeiro et
je m'empresse de prendre un bus de ville pour regagner Copacabana et la
guesthouse quittée quelques semaines plus tôt. Cette fois-ci,
dans mon dortoir, je serai en compagnie d'Australiennes, Norvégiennes
et Anglaises.qui chaque matin reviendront d'une nuit de samba bien imbibée.
Au matin, j'attendrai
un bus, deux heures durant, sur l'Avenida Atlantica et sous la chaleur.
Je ferai alors connaissance avec Josefina une institutrice de Santiago
de Chili en vacances. Nous ferons ensemble le trajet jusqu'à l'aéroport
avec une heure de bouchons.
De là, je me
présente à l'agence Lan Chile, associée à
Qantas, qui me précise que seul Qantas peut gérer ce problème
de réservation. N'ayant pas d'agence au plus près, c'est
par téléphone que je dois contacter Qantas qui ne parle
pas anglais. mais portugais ou espagnol.en vain, aucun interlocuteur tout
au long de la journée.
A 18h, désabusée, un footing s'impose pour oublier une journée
sans succès.
Mercredi : Allo
Qantas ??
Nouvelle journée qui s'annonce administrative : j'appelle Qantas
de Buenos Aires puis de Sao Paulo. et aucun interlocuteur ne trouve de
solution pour notre vol " effacé " de Santiago sur Auckland.
On m'annonce : "Aucune place disponible sous quinze jours".
Seule solution, faire intervenir notre agence tour du monde à Paris.
J'écris aussi par hasard au webmaster du site d'Internet de Qantas.
Après l'envoi des mails, un peu de répit sur la plage de
Copacabana est bien mérité !
Jeudi : Coupe du monde
Soccer beach (France - Japon : 7-2 !)
A 16h00, j'assiste à la coupe du monde du Soccer Beach sur la plage.
Les tribunes sont quasi complètes et je me faufile pour soutenir
l'équipe de France qui gagnera alors 7-2 contre le Japon. A ma
surprise, Cantona est sur le terrain ! Se présente alors l'Uruguay
contre le Portugal avant que le Brésil n'entre en jeu.C'est alors
la hola générale, acclamations de toutes parts. Les corps
dans les tribunes se mettent au rythme de la samba. Dehors, une foule
est bloquée à l'entrée attendant patiemment son tour.
Je quitte les tribunes
vers 20h00 pour finir la soirée à marcher le long de la
plage, puis à la guesthouse.
Vendredi : vol
ou pas vol au samedi ????
J'attends impatiemment la réponse de Connaisseurs du Voyage, notre
agence de Paris et de Qantas On Line. Ma persévérance sera
récompensée puisque enfin, Qantas m'envoie le numéro
de notre réservation. comme par magie, mais je suppose suite à
l'intervention de notre agence parisienne, notre réservation a
réapparu ! Soulagée, j'envoie un mail à Yann l'informant
de nos retrouvailles au lendemain à Santiago pour nous envoler
vers Auckland !
Après une semaine d'interventions, c'est à la veille d'un
supposé départ que nous avons confirmation de notre vol
.!!
La journée
s'annonce belle ! Derniers moments sur la plage, dernières dégustation
de sucos, d'agua de coco et de cerveza. Je passerai l'après midi
à discuter avec un jeune carioca ayant choisi d'habiter dans un
appartement entassé avec plusieurs autres jeunes au lieu de rester
dans une "maison" de la favela voisine, plus spacieuse mais
difficilement avouable dans le monde professionnel.
Ma dernière
soirée à Copacabana se veut tranquille, promenade le long
de l'océan, dans les ruelles, puis repos à la guesthouse.
Mes retrouvailles
avec Yann à l'aéroport de Santiago de Chile.
A l'aéroport de Rio de Janeiro, j'apprends que le vol pour Santiago
prévu à 14h30 est repoussé à 18h30 ! Le doute
s'installe : aurais-je le temps d'avoir la correspondance pour Auckland
à Santiago ? Décidément, l'histoire n'est pas finie
!!
A l'enregistrement
des bagages, le guichetier refuse d'inscrire ceux-ci en correspondance
directe Santiago - Auckland et je devrai faire intervenir un manager afin
qu'il enregistre mes bagages sans que j'aie à les prendre en charge
à Santiago ! Du fait du report d'horaire, j'ai droit à un
superbe restaurant offert par la compagnie aérienne, avec service
à volonté. J'en profite ! A 18h30. Lan Chile demande de
nouveau aux voyageurs de patienter, le vol n'étant pas confirmé,
sans plus d'indications. Finalement, nous partirons à temps pour
atterrir à Santiago à 23h00. J'ai juste le temps de retrouver
Yann avant l'embarquement pour Auckland !
C'est avec émotion que nous nous sautons dans les bras et Yann
m'offrira alors une bonne bière bienvenue ! A nos côtés
au bar, le chanteur d'INXX qui prend le même vol que nous !! Yann
en profitera pour lui demander du feu !
Nous embarquons pour douze heures de vol, ce qui est assez court comparé
aux longues heures passées dans les bus sud-américains.
Sur nos sièges dans l'avion, des petits écrans nous permettent
de sélectionner jeux vidéo, films et cd de musique. Nous
laisserons le décalage horaire intervenir lors de notre survol
des terres et océans.
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