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La Bolivie qui se
trouve au beau milieu de l'Amérique du Sud est l'un des pays les plus
« indiens » du continent.
Ses paysages variés sont fortement représentés de l'Amazonie à l'Altiplano
ITINERAIRE
(5 jours) : Copacabana - Isla del Sol - La Paz - Potosi
"UN PEU PLUS PRES DES ETOILES"
Copacabana
Arrivée
en Bolivie en passant par le Lac Titicaca
En Bolivie, nous passons la frontière comme on passe l'entrée
d'un parc. Il est maintenant 22h00 et alors que nous achetons notre "dîner"
dans une épicerie, un policier imposera son prix très bas
pour acheter huit pains.
Un bus navette nous dépose à Copacabana, huit kilomètres
plus loin. Nous dégotons un petit hôtel à 1,2 euro
la chambre pour une nuit, avec vue sur le lac Titicaca et sur la ville.
Au petit matin, nous quittons Copacabana qui est la ville de départ
pour l'Isla del Sol et l'Isla de la Luna. Nous montons dans un petit bateau
motorisé pouvant contenir une vingtaine de personnes et de la marchandise.
Yann aidera une famille, composée de femmes et d'enfants, à
embarquer des sacs de victuailles. Pendant le trajet, les enfants s'amuseront
de l'appareil numérique alors que deux papis bouquineront nos guides.
Isla
del Sol
Nous
traversons une partie de ce lac, long de 230 kilomètres et large
de 97 kilomètres. A 3.800 mètres d'altitude, c'est le plus
haut lac navigable au monde. Il est bordé de montagnes au sommet
enneigé. Après 1h30 de bateau qui desservira le sud et le
centre de l'Isla del Sol, nous atteignons Challapampa au nord. Nous descendons
dans un hôtel non loin de l'eau et par hasard, dans la chambre voisine,
Yann découvre un paquet de cigarettes de même marque que
celles de Bjorn ... On nous apprendra alors que nos compagnons allemands
ont quitté la ville en direction du sud ce matin même.
A la découverte
de l'Isla del sol .
Nous partons lentement vers le Nord de l'île, Estelle étant
fatiguée par un microbe temporaire.L'Isla del Sol est un lieu sacré
pour les Incas ; leur histoire débute ici avec l'apparition des
premiers êtres. Le lac Titicaca représente aussi beaucoup
de mythes, entre autre la naissance du soleil. Nous atteignons le fameux
rocher du Puma et visitons les ruines du temple del Inca, magnifique site
en pierre, perché sur la falaise et donnant sur le lac. Le coucher
du soleil au loin nous annonce la nuit tombante. Rapidement, nous empruntons
un chemin pour nous rendre au point le plus extrême et culminant
de l'île. L'orage se fait entendre et nous nous hâtons de
poursuivre notre marche dans ce paysage où le ciel, par ses grondements
et ses couleurs, rend encore plus mystérieux ce site.
A
l'approche des nuages noirs, et dans la pénombre, nous décidons
de rentrer au village. Nous repassons une dernière fois dans les
ruines du temple de l'Inca quand un bruit étrange nous fait tressaillir.
Il faut dire qu'à cette heure tardive, nous sommes seuls sur cette
partie de l'île. Au détour d'un couloir, nous nous trouvons,
non pas face à la réincarnation d'un chef inca, mais face
à un mouton en train de paître ! Sur le chemin du retour,
une femme âgée nous parle dans la langue Aymara. Face à
notre incompréhension totale, elle nous fera des signes nous indiquant
de la suivre. Est-elle venue du village spécialement nous chercher
nous croyant perdus ? Nous ne le saurons jamais.
Après un bon repas de poissons frais, sous la pluie battante, nous
regagnons notre chambre.
l'Isla de la
Luna
A 06h30, le matin, une femme nous réveille pour le paiement de
la nuitée !
Pendant
que nous prenons notre petit déjeuner, Yann entre en conversation
avec la femme du restaurant et s'isole avec elle pour l'enregistrer dans
sa langue aymara, celle-ci ne souhaitant pas être vue par les habitants
de l'île. Puis, en bateau, nous rejoignons l'Isla de la Luna qui
était un lieu réservé aux Vierges du Soleil. Ces
vierges vivaient ici comme dans un couvent, sacrifiant leur vie pour le
soleil. Sur cette île plus petite que la précédente,
il n'y a aucune habitation hormis l'office des visites. Une de ces extrémités
est orangée ; cette terre surplombe le reste de l île. L'eau
à sa base est étrangement jaune.
Vers La Paz : en bus sur un bateau . et Yann mis en transit .
De retour à Copacabana, nous happons un bus pour La Paz. Le paysage
est fabuleux. Nous roulons sur le toit du monde. Il faut savoir que la
Bolivie est l'équivalent en Amérique du Sud du Tibet en
Asie. Nous sommes à plus de 4.000 mètres d'altitude et apercevons
à l'horizon l'immense lac Titicaca qui semble être un océan.
Lors de la descente dans les virages, des frottements suspects se feront
entendre et nous rappelleront régulièrement que nous longeons
un précipice.Puis, dans la nuit, le bus est stoppé : la
police fait irruption. Nous pensons tout d'abord à un contrôle
d'identité. En fait, nous allons traverser une partie du lac sur
un bac. Estelle reste seule avec une personne âgée dans le
bus pendant que Yann ira prendre plus de renseignements.
Alors que le bac incliné,
transportant le bus, s'éloigne de la rive, Yann surgit à
la fenêtre demandant un billet à Estelle pour payer le passage.
Il aura juste le temps de sauter à nouveau sur la rive, abandonnant
Estelle à son propre destin !
Nous comprenons ainsi que l'objectif de la manouvre est de délester
le bus lors du transfert sur l'autre rive.Dans la traversée, le
mouvement de l'eau fera balancer le bus de gauche à droite, et
Estelle se rapprochera alors de la fenêtre, prévoyant une
sortie de secours en cas d'immersion dans le lac ! Quant à Yann,
escorté par la police, il rejoindra en bateau moteur la rive opposée,
sans la moindre explication.
Il nous faudra attendre plus d'une heure pour voir au loin, La Paz, capitale
de Bolivie avec son million d'habitants.
La
Paz
La Paz : son histoire,
ses musées et ses marchés
Nous
arrivons à La Paz par les quartiers pauvres situés en haut
de la ville. Là, de nombreux chiens errent. Nous dévalons
les ruelles fortement inclinées pour rejoindre le centre ville.
La Paz fut construite en 1548 par Alanso de Mendoza suite à la
découverte d'or dans le fleuve. Puis, étant géographiquement
située sur la route principale de l'argent pour Potosi et le Pacifique,
sa progression se fit avec sérénité. Les Espagnols
sont arrivés en Bolivie quelques années auparavant après
la chute de l'empire Inca, et Gonzales, le frère de Franzisco Pizarro,
était chargé de ce nouveau territoire. Un taxi s'arrête
dans une avenue mouvementée et nous n'aurons pas le temps de décharger
nos sacs dans le coffre. A l'arrière, nous serons ainsi collés
aux sièges avant, les sacs encore sur le dos... A l'hôtel,
nous nous endormons au son de la musique classique, un gala ayant lieu
au rez-de-chaussée. Au réveil, alors que nous sortons sur
le palier, nous tombons nez à nez avec Bjorn qui se brosse les
dents. C'est encore une coïncidence que nous soyons dans le même
hôtel !
Nous
passons la journée ensemble et visitons le musée de la Coca.
Il retrace l'histoire de cette plante originaire de cette partie du globe
et fréquemment utilisée encore aujourd'hui par la population,
surtout dans l'effort physique (mineurs, porteurs...). La coca est légalement
modifiée en cocaïne et autres dérivés par quelques
pays tels que les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, etc. à des
fins médicinales. Cependant, ces derniers ont interdit ce procédé
en Bolivie ! Nous apprenons ici qu'un Français est à l'origine
d'un vin fameux à base de cocaïne, stimulant les après-repas.
Puis, un médecin américain copiera la recette en la modifiant
pour en faire le fameux Coca-Cola. Ainsi, celui-ci était à
base de cocaïne avant l'interdiction de vente légale de la
cocaïne, celle-ci ayant été reconnue comme une drogue.
Ensuite sur le marché, nous goûtons à une superbe
salade de fruits au yaourt avant d'aller prendre le bus pour Sucre.
A 19h30, nous quittons La Paz en ayant en dernière image, une vue
plongeante sur la ville. Les chemins empruntés par le bus sont
en terre et fortement abîmés. Nous réclamons régulièrement
des pauses "pipi" pendant le trajet de nuit. Le sommeil étant
difficile à trouver, nous bavardons tous quatre et finalement décidons
de modifier notre planning pour nous arrêter à Potosi et
non plus à Sucre.
A 05h00 du matin, nous sommes à la recherche d'un hôtel ouvert.
Dans les rues, il n'y a personne et il fait frais.
Finalement, c'est dans un hôtel trop cher que l'on nous conseillera
un autre pied à terre à prix raisonnable.
Potosi
Ainsi,
nous voici dans l'une des plus hautes villes du monde, à 4.000
mètres d'altitude. En ce dimanche férié, les rues
sont vides et les musées fermés. Même la place du
10 novembre est déserte... Nous négocions alors le prix
de la visite des mines pour le lendemain matin, dans une agence qui nous
paraîtra plus crédible que les précédentes
visitées. Puis, tous deux, nous allons à une séance
cinéma pour voir Spiderman. Le cinéma est une vaste pièce
aux sièges rouge et usés. C'est un cinéma du début
du siècle dernier, mal entretenu. On a l'impression d'être
assis dans un hangar face à un écran partiellement flou.
Les paroles sont peu audibles en anglais. Nous nous référons
tant bien que mal au sous-titrage en espagnol... Nous sommes toutefois
contents d'avoir pu voir Spiderman dans cette salle. On ne peut tout de
même pas être exigeant pour 0,80 euro la séance...
Nous retrouvons alors
Franzisca et Bjorn sur la place centrale où des comiques regroupent
la foule. Nous en profitons pour tester une boisson locale à base
de maïs, la Chicha, ainsi que des beignets. Il existe une autre version
de la Chicha, mais cette fois-ci alcoolisée, toujours à
base de maïs mais avec une fermentation... déconseillée
aux foies sensibles ! Les femmes goûtent à un thé
aux plantes médicinales de couleur vert-kaki...
Nous rentrons et programmons le réveil car la matinée du
lendemain est réservée à la découverte des
mines d'argent.
. et ses mines,
Le lendemain à 07h00, nous partons tous les quatre à la
recherche d'un endroit ouvert pour prendre un petit déjeuner. Avec
difficulté et par hasard, nous rentrons dans le marché couvert
et trouvons un petit local où une femme nous prépare un
mate de coca, pain et oeufs sur le plat... Agréable et économe,
nous promettons à la femme de la retrouver le lendemain...Nous
entrons ensuite dans l'agence Corolla Tours ou Santos, notre guide nous
accueille. Nous endossons des Kways jaunes, bottes en caoutchouc et casques
de travailleurs à la main, nous montons dans le mini-bus qui nous
emmènera au final au pied des mines.
Nous nous dirigeons tout d'abord vers le haut de la ville dans une rue
où des stands vendent le nécessaire de travail aux mineurs
: feuilles de coca, alcool à 90 degrés pour les cérémonies
de fin de semaine, cigarettes sans filtre roulées à la main
de l'épicier, dynamite. Nous achetons un paquet de feuilles de
coca et de la dynamite.
Nous
nous dirigeons ensuite vers le mont qui surplombe la ville, le Cerro Rico.
La ville, fondée en 1545. doit son origine à la découverte
de pépites d'argent dans cette fameuse montagne. IL y eût
tant de richesses que la ville devint bientôt la plus prolifique
du monde. Malgré ses 4.070 mètres d'altitude, elle a attiré
des foules au XVIIIème siècle pour devenir alors la plus
grande ville d'Amérique du Sud. La production d'argent a entretenu
pendant deux siècles environ l'économie espagnole...
Nous arrivons sur
le haut de la ville qui est en fait constituée de maisons en forme
de longs hangars alignés les uns aux autres sur quatre ou cinq
niveaux au sol, sans décoration extérieure. Ainsi, des millions
de mineurs venus d'Inde ou importés d'Afrique en tant qu'esclaves,
vivaient dans ces simples murs. Aujourd'hui, nous n'apercevons pas de
signe de vie dans ces rangées, mais 800 mineurs travaillant encore
dans ces mines qui sont désormais privatisées, vivent encore
dans ces logements de base... Sur le mont Cerro Rico, nous observons une
femme en train de casser des pierres pour y rechercher à l'intérieur,
des paillettes d'argent. La femme est assise dans cette zone de roches,
la journée durant, marteau à la main. Elle rassemble les
pierres contenant des traces d'argent et sera rémunérée
pour une partie en fonction de la quantité amassée.
Nous prenons ensuite
le véhicule pour nous diriger vers l'édifice de San Cristobal,
lieu de prières surplombant la ville au-dessus des mines, et établi
en la mémoire de Simon Bolivar. Nous admirons le point de vue avant
de redescendre au pied des mines pour une séance explosion. Notre
guide nous montre la méthode pour allumer l'explosif, et nous nous
accroupissons derrière des rochers, appareil photo à la
main. La détonation est telle que nous recevrons des éclats
de cailloux sur le corps.Santos nous explique ensuite la constitution
du réseau minier interne avant de pénétrer dans l'obscurité.
Nous allumons notre lampe torche dont l'éclairage proviendra d'un
mélange d'eau, de pierres spéciales et d'une réaction
chimique à la chaleur. Nous allons pénétrer dans
ces mines qui sont à l'origine de huit millions de morts durant
les trois dernières décennies, suite aux accidents mais
aussi aux produits chimiques toxiques. Santos nous apprend qu'il a lui-même
travaillé pendant plus de quinze ans dans ces mines avant de créer
une agence touristique avec son frère.
Nous pénétrons
dans cette montagne où le noir, la fraîcheur et l'humidité
nous entourent. Dans ce labyrinthe, telles des fourmis, nous avançons
dans des couloirs pour parfois nous hisser d'un niveau et poursuivre dans
ces canaux tranchés à coup de dynamite. Nous arrivons dans
un niveau bas où un mineur perfore la roche à l'aide d'une
barre à mine pour ensuite y déposer un bâton de dynamite.
Il ouvre ainsi un nouveau chemin près de la source d'argent.
A la découverte
des mines de Potosi...
L'homme travaille depuis trente huit ans dans cette mine, six jours sur
sept, le septième étant réservé en partie
à l'église. Nous
poursuivons notre percée dans le noir, et nous nous faufilons dans
des ouvertures si petites que nous devons parfois ramper... A un autre
niveau, nous nous assiérons devant la statue du "Dieu"
des mineurs : Tio. Le rituel veut que les mineurs lui offrent cigarettes
et alcools lors du cérémonial de fin de semaine. Au final,
après l'avoir arrosé d'alcool, les mineurs boivent ce liquide
à 90 degrés en remerciant Tio pour la bonne "récolte"
de la semaine, et en implorant une bonne production pour la semaine à
venir. Santos nous abandonnera sur ce lieu, seuls afin de tester notre
sens d'orientation...A un niveau supérieur, un enfant de quinze
ans soulève des pierres pour dégager un passage après
un éboulement dû à la dynamite. Ce jeune travaille
depuis plus de trois ans dans ces conditions, sans torche et seul. C'est
l'occasion de nous rappeler à nouveau quelle chance nous avons
d'être nés en Europe. Comment au XXIème siècle,
cette exploitation est-elle encore possible ??? L'enfant gagne 3 euros
par jour pour quinze heures de travail et n'ira pas à l'école...Nous
retrouvons le jour, éblouis par la luminosité. et dire que
les mineurs passent plus de la moitié de leur vie dans cette obscurité...
Petits chevaux
et coupe de cheveux...
Nous rejoignons ensuite Potosi, émus de cette dernière vision.
L'après-midi, nous le passerons dans un bar à jouer aux
petits chevaux en appliquant les règles allemandes ! Le soir, Franzisca
coupera les cheveux de Bjorn que Yann s'empressera de raser à la
demande de l'intéressé, une bouteille de vin rouge bolivien
à l'appui ! Pour fêter notre dernière soirée
tous ensemble, nous allons au restaurant puis terminons la nuit par des
jeux de cartes accompagnés de vin rouge...
Hasta luego amigos
de Alëmana...
Le lendemain matin, nous retrouvons le marché et nous nous installons
dans le stand habituel de Maria pour notre petit-déjeuner, complété
cette fois-ci d'un leche con platanas, boisson au lait et à la
banane. Nous faisons ensuite nos adieux à Bjorn et Franzisca, ceux-ci
ayant décidé de retrouver directement le Brésil par
faute de temps. Là-bas, une mission les attend dans le cadre de
leurs études.
Visite du Musée
de la Monnaie...
A nouveau seuls dans notre aventure, nous partons visiter le musée
de la monnaie appelé Casa real de la moneda. Ce musée à
été construit en 1753 et 1773 par l'autorité espagnole.
C'est maintenant un des plus beaux musées de Bolivie. On y trouve
de nombreux éléments de l'époque : machines à
fabriquer de la monnaie, pièces d'art religieux, reliques de guerre.
A cette période, la fabrique de monnaie située à
proximité de la mine d'argent, tournait à plein régime
et fournissait toutes les colonies espagnoles. En guise de petite anecdote,
aujourd'hui, la France fournit en billets la Bolivie.
Dernier jour à Potosi...
Pour notre dernier jour à Potosi, nous prenons notre petit déjeuner
au stand de Maria. Les rayons de soleil pénètrent jusqu'à
nous et nous annoncent une belle journée. Nous nous rendons ensuite
à la gare de bus. Cet endroit est vraiment authentique de part
ses vendeurs locaux installés sur une voie ferrée abandonnée
et en fond de décor, le Cerro Rico et ses mines d'argent. En attendant
le bus, nous faisons la connaissance de Lina et Peter, deux jeunes Suédois
se rendant également à Uyuni pour une expédition
à travers le Salar.
Uyuni
Préparatifs
pour l'Altiplano...
Arrivés
à Uyuni, nous nous empressons de trouver une agence pour la traversée
du Salar de l'Altiplano et de régler les formalités administratives
pour quitter le pays car nous avons l'intention de poursuivre directement
en direction du Chili.
Le soir, nous dînons tous les quatre et faisons ainsi plus amples
connaissances.
Le lendemain matin, devant l'agence, nous rencontrons Andy, Ecossais,
et sa femme Tracy, Anglaise. Nous sommes tous les six prêts à
découvrir un des endroits les plus étonnants et les plus
beaux de la planète.
On a marché sur la Terre de Sel...
Nous partons à travers l'Altiplano. A vingt kilomètres d'Uyuni,
nous accédons au campement de Colchani, sorte de petit village
à l'entrée du salar. Quelques mètres plus tard, nous
roulons sur le sel. Ici, les travailleurs constituent de petits monticules
de sel qu'ils ramènent au village pour les iodiser avant de les
vendre. La déficience en iode entraîne hélas chez
eux des problèmes de thyroïde et de goitre. Nous poursuivons
notre route jusqu'à l'hôtel Playa Blanca et le Palacio del
Sel : maisons toutes deux construites de sel. Ce lieu a été
fermé en 2001 suite à des protestations contre la pollution.
Nous reprenons la route et traversons une immensité de sel. Le
salar est couvert de formes hexagonales et pentagonales telles des nids
d'abeilles qui semblent avoir été dessinés à
la main. Au Nord, les vues sont dominées par le Volcan Tuñupa
à 5.400 mètres d'altitude, couvert de neige.
Incahuasi, l'île
aux cactus...
Après 80 kilomètres à travers le salar, nous atteignons
l'Isla de Pesadores. Le nom original de cette île de 10 hectares
était Incahuasi (maison de l'Inca), mais l'île a pris le
nom d'une île voisine située 15 kilomètres à
l'ouest (suite à une erreur dans un guide touristique). Incahuasi
est une des plus impressionnantes îles sur les 60 existantes dans
le salar. Plus nous nous rapprochons de l'île et plus nous apercevons
des formes verticales érigées de celle-ci. Lorsque nous
"accostons", nous constatons que l'île est peuplée
de cactus pour la plupart dépassant les 10 mètres de haut
et vieux de plusieurs centaines d'années. Pendant que Maria, notre
cuisinière, prépare le déjeuner, nous partons à
la découverte de l'isla del pescadores. Une maison, tout d'abord,
aura pour façade un cactus. Nous empruntons un chemin à
travers cette forêt de cactus. A moment donné, nous nous
trouvons face à un cactus haut de douze mètres et vieux
de 1.200 ans. Du haut de ce "rocher", nous avons vraiment l'impression
d'être sur une île au milieu d'un océan blanc. Assis
sur le sol de sel, nous déjeunons face à l'horizon. Telles
des fourmis, nous nous sentons minuscules dans cet espace blanc.
Première
nuit dans l'Altiplano...
Nous reprenons ensuite la route. Nous avons l'étrange sensation
de flotter sur un lit blanc. Nous n'avons aucun repère visuel au
sol. Parfois, nous tombons en panne mais Marino, notre guide, de par son
expérience, saura nous amener à la destination prévue
: San Juan, petit village situé dans un no man's land, gris et
isolé. Une sorte de guesthouse nous permettra d'y passer la nuit.
Nous partons tous les six visiter les alentours, à la recherche
d'une momie. Nous passons près d'un point d'eau où est en
train de s'abreuver un troupeau d'alpagas (lamas sauvages). L'alpaga a
une façon fière de nous regarder, tête droite et les
yeux dans les yeux ; ce qui ne nous motive pas à nous en approcher.
Sa laine est superbe et différemment colorée. Elle est très
utilisée dans la conception des vêtements. Sa viande est
mangée à des occasions spéciales. Peut-on le considérer
comme le mouton d'Amérique du sud ? ...Plus au loin, dans des cavités
rocheuses étrangement formées, nous trouvons un squelette
vêtu d'un tissu marron.
De retour au village, nous achetons une bouteille de vin rouge bolivien
que nous dégusterons pendant des parties de cartes... Extinction
des feux à 21h00 pour cause d'énergie solaire...
Feux de couleurs sur
les eaux du désert...
Après
cette première nuit passée dans l'Altiplano, nous partons
au sud pour rejoindre le poste frontière Chiguana, où nous
effectuons quelques formalités pour quitter la Bolivie. Ce poste
a des airs de station lunaire avec ses quatre ou cinq bâtiments
aux toits arrondis et aux couleurs militaires de camouflage.
Sur notre route, nous stoppons à plusieurs lacs, tous aussi beaux
les uns que les autres, de couleurs différentes du bleu au rouge,
du jaune au vert et semblant servir de réservoirs aux artistes
peintres.
Le lac Hedionda (littéralement lac puant), doit son odeur à
la composition de son sous-sol chargé en souffre. Dans les lacs,
des milliers de flamands se nourrissent et se colorent. Toujours en arrière
plan, les montagnes crevassées à leur sommet, parfois couvertes
de neige, dont le volcan actif Ollagüe. Un arrêt nous permettra
de voir de près des vizcachas, sorte de lapins à tête
de souris, à queue touffue, large et enroulée. Ces petits
rongeurs sont rares à s'adapter à ce climat aride, froid
la nuit et chaud le jour. Dans le 4X4, Andy, fan de disco, nous met quelques
musiques anglaises des années 70... Nous attendons maintenant de
voir son costume sur mesure à la " Travolta ", qu'il
compte bien s'acheter en Asie !Dans ce paysage sans vie et sans élément,
nous atteignons une étrange zone de rochers éparpillés,
érodés par le vent. L'Arbol de Piedra (arbre de pierre),
très connu, est seul, balancé dans ce désert.
Ballade le
long du Laguna Colorada...
Après trois heures de route, nous arrivons à la réserve
de Fauna Andina Eduardo Avaroa (REA) au sud-ouest. Cette réserve
de vie sauvage a été trouvée en 1973 et agrandie
en 1981. Sa raison d'être est la protection des vicunas ainsi que
des flamingoes James, espèce rare. Située à 4.278
mètres d'altitude, elle est distante de 300 kilomètres de
la ville la plus proche... Dans cette zone, la température peut
descendre jusqu'à -20°C la nuit. Dans cette réserve,
se trouve le fameux Laguna Colorada, chargé de couleurs bordeaux
rougeâtre. Cette teinte est due à la réaction de micro-organismes
présents dans le lac avec le soleil. Vêtus de nos polaires,
bonnets et gants, nous longeons le bord du lac. Nous marchons sur une
terre grise et craquelée. Parfois, nous nous enfonçons et
sommes dans l'obligation de rejoindre une terre plus ferme... Nous marchons
alors sur un sol de gravillons gris et de plantes jaunies à piquants
durs, basses en taille. Nous escaladons les rochers pour nous rendre au
sommet d'une petite montagne voisine au lac. Nous bénéficions
alors d'une vue panoramique sur les 60 kilomètres carrés
du lac. Peter, affaibli par un mal de ventre, nous quittera pendant la
randonnée. Nous observons les flamands roses déambuler dans
cet étang profond d'un mètre maximum. Nous rejoignons ensuite
le campement par un vent violent qui rend difficile l'avancée.
Lever du soleil
au Geyser du Sol de la Manaña...
Le
lendemain matin à 5h00, nous nous installons dans le 4X4, frigorifiés
par une température avoisinant les -10°C. Ainsi, nous partons
visiter le geyser El Sol de la Manaña (le Soleil du Matin), sous
le lever du soleil. Une musique disco tente de dynamiser l'équipe
encore mal réveillée tandis qu'un trou dans la carrosserie
rend l'atmosphère, à l'intérieur de la jeep, poussiéreuse...
Nous admirons dans notre progression le lever du soleil colorant les flancs
de montagnes. La zone des geysers est maintenant visible : un épais
brouillard est présent et on discerne des ombres de visiteurs.
En nous approchant, nous entendons de nombreux soufflements, sifflements,
et bruits d'ébullition. Nous prenons garde à ne pas marcher
sur une formation de mini-geysers. Le sol ressemble à un gruyère
où dans chaque trou, une boue marron bouillonne. Le souffre embaume
l'air et rend la respiration difficile. Il y a ici, un projet de générer
de l'électricité géothermale.
Paysages diaboliques
et chaleur... eux...
Nous poursuivons notre route et pouvons alors apprécier les paysages
lunaires et désertiques, composés de rochers, semés
dans l'immensité du désert... c'est ce tableau surréaliste
que nous retrouvons sur les fameuses peintures de Dali ! Trente minutes
plus tard, nous atteignons le Lagnua Chalviri avec ses eaux thermales
à +30°C. Des vapeurs de chaleur s'élèvent timidement
du lac et des sortes de mouettes volent au-dessus de nos têtes.
C'est la première et dernière chance pour un bain de pieds.
Estelle et Lina en profiteront. Dans ce cadre agréable, nous prenons
notre petit-déjeuner tant attendu. En 4X4, nous traversons la pampa
de Chalviri en empruntant une piste à 5.000 mètres d'altitude.
Nous atteignons le Laguna Verde avec ses eaux frissonnantes du fait du
vent. A ses bords, des amas de mousse s'envolent comme un bain moussant
sous l'effet du corps en mouvement. Avec ses 17 km carrés, le Laguna
Verde est au pied du volcan Licancabúr, haut de 5.868 mètres
et qui est une frontière avec le Chili.
L'expédition touche à sa fin...
Nous
longeons ensuite le Laguna Blanca pour arriver à 10h30 au poste
des bus pour le Chili. Marino notre guide, et Maria notre cuisinière,
nous quittent ici et nous nous retrouvons à attendre le bus pour
San Pedro de Atacama au Chili. Tracy et Andy seront prioritaires pour
le départ, possédant déjà un billet de transport
au prix de dix dollars. Après deux heures d'attente, Lina, Peter
et nous deux avons enfin accès à un bus à 5 dollars
la place. Ainsi, même ici, le temps vaut de l'argent ! Le bus stoppe
au poste d'immigration Hito Cajón pour des formalités de
sortie. Après ces journées passées sur des pistes,
nous accédons alors à une route neuve, goudronnée.
Premier signe d'un retour progressif à la société
! A la frontière chilienne, le règlement nous oblige à
nous délester de tout aliment. Nous laissons nos sandwichs et fruits
en Bolivie... Alignés dans une salle, sacs à nos côtés,
les douaniers inspectent nos bagages. Notre douanier s'empressera de dire
quelques mots en français dès qu'il prendra connaissance
de notre identité. Il passera plus de temps à citer des
lieux parisiens (Montmartre, Moulin rouge, Montparnasse, Tour Eiffel...
) qu'à fouiller nos sacs !
Adios Altiplano
!
Nous venons de passer plus de douze jours à 4.000 mètres
d'altitude ; Et l'Altiplano nous a fait tourner la tête par ses
paysages surprenants à la fois si vides et pourtant si chargés...
Il nous semble que nous quittons le dernier pays d'Amérique du
Sud aux fortes traditions. Le Chili nous reçoit à l'européenne.
Retrouverons-nous l'accueil chaleureux qui nous a été réservé
jusqu'à maintenant ?Deux zones extrêmes nous attendent :
le Nord avec le désert d'Atacama, un des endroits les plus secs
du globe, et le Sud, un des endroits les plus humides avec l'île
de Chiloe...
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