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Aussi
contrastée qu'immense, l'Australie est grande comme 14 fois la
France. Elle a la particularité d'être à la fois une île et un continent.
Incroyablement changeante, l'Australie offre des paysages superbes : déserts
rouges, plages de sable fin, forêts subtropicales...
C'est aussi le berceau d'une des plus anciennes civilisations au monde
que sont les Aborigènes.
ITINERAIRE
(30 jours) : Sydney - Vanuatu - Tasmanie - Melbourne -
Adelaide - flinders Rangers - Wiliam Creek - Coober Pedy - Uluru
- Alice Springs - Kakadu - Darwin
"L'OUTBACK"
Coober
Pedy et ses mines d'opale.
Ensuite, nous prenons la piste pour Coober Pedy à 166 km. Nous
aurons quelques frayeurs du fait de l'état de la route durant tout
le trajet. La piste serpente parmi un paysage que nous ne reconnaissons
pas du tout. De nombreuses marres d'eau le compose maintenant. L'effet
que produit l'eau sur le paysage est fascinant car la couleur ocre de
la terre ressort plus que jamais.
A l'approche de Coober Pedy, le paysage change de nouveau. Nous sommes
entourés de terrils dus aux 250 000 puits d'extractions d'opales,
et de panneaux d'avertissement quant aux risques de chutes dans les puits.
Nous arrivons un peu avant le coucher du soleil et nous en profitons pour
faire une petite lessive et un tour en ville afin d'y trouver un endroit
tranquille pour y passer la nuit. Il faut savoir que Coober Pedy à
part le fait d'être la capitale mondiale de l'opale, est aussi un
endroit assez " explosif " où régulièrement
bars, bâtiments publics et voitures de police explosent ! ! !
En aborigène, Coober Pedy signifie " terrier de l'homme blanc
" définition qui décrit parfaitement l'endroit car
une partie des 3 000 habitants vit dans des habitations troglodytes afin
de faire face aux rigueurs climatiques de cet endroit.
Nous garons finalement notre campervan face à l'Office de Tourisme
afin de récupérer toutes les informations nécessaires
le lendemain dès l'ouverture et visiter la ville et ses environs.
Nous commencerons par " Old Timer Mines ", mine d'opales datant
de 1916 transformée aujourd'hui en musée. Nous y apprenons
que la première opale a été découverte en
1915 par un jeune australien âgé de 14 ans, William Hutchinson,
arrivé dans la région en chameau avec son père pour
trouver de l'or. Cette découverte ne lui portera pas chance longtemps
puisqu'il périt noyé 6 ans plus tard (dans un pays si aride,
c'est une mort bien singulière !). Nous découvrons au fil
du circuit la vie des mineurs à cette époque, ainsi que
leurs habitations souterraines. Yann et Estelle ne peuvent s'empêcher
de repenser aux mines de Potosi en Bolivie, où les conditions de
travail étaient et sont toujours beaucoup plus dures. Ici, très
rapidement, une réglementation du travail a été mise
en place pour la protection des mineurs.
Intermède pour une randonnée sur la réserve de Breakaways.
Après quelques boutiques de souvenirs, la fine équipe se
rend à Breakaways, réserve à 35 km de la ville. Sur
le belvédère dominant la " Moon Plain ", nous
assistons au coucher du soleil et trouvant l'endroit charmant, décidons
de nous y installer, avec sous nos yeux une nuit étonnamment étoilée
et au loin, les lumières de Coober Pedy.
Le réveil sonne à 6H00 et nous annonce que le soleil
ne va pas tarder à se lever à son tour. Les yeux à
peine ouverts, nous nous asseyons sur le versant de la montagne pour attendre
l'instant magique. Tout d'abord, une lueur rose remplie l'horizon face
à nous, la lueur va passer par toutes les teintes de l'orange pour
finir en jaune or au moment de l'apparition de l'astre solaire ! ! ! On
a beau savoir que cela se répète jour après jour,
nous n'en restons pas moins subjugués par cette beauté magique
de la nature. Les premiers rayons du soleil réveillent également
et malheureusement des milliers de mouches qui se précipitent sur
nous. Nous retournons donc dans le campervan pour nous protéger
et terminer notre nuit, avant de partir quelques heures plus tard en randonnée
dans cette réserve de Breakaways.
Nous descendons d'abord une falaise pour arpenter un sol friable, jonché
de sauterelles qui s'envolent à notre approche. Chose étonnante,
c'est la taille imposante de ces insectes et d'autre part, le fait que
sur le dos de la plus grosse se trouve toujours une sauterelle plus petite
; serait-ce la mère et son petit ? , un couple ? , un cow-boy et
sa monture ? ? ? . En tout cas, leurs couleurs riches et variées
leur permettent un camouflage parfait avec la nature environnante. L'atmosphère
est étouffante, la végétation quasi absente, le désert
de Simpson, l'un des plus grands au monde, n'est pas loin.
Après plus d'une heure de marche dans cet environnement hostile,
nous regagnons notre campervan pour poursuivre la visite de la réserve.
Nous longeons le " Castle ", formation rocheuse qui, selon la
légende aborigène représente 2 chiens assis, un blanc
et un brun, et la montagne voisine, leur maître, appelé "
wati ". Nous atteignons ensuite une zone réputée pour
son sol renfermant une grande quantité de fossiles marins, pour
la plus grande joie de Yann. Il faut savoir, qu'ici aussi, il y quelques
millions d'années, une mer recouvrait cet endroit. Ensuite, nous
nous approchons de la " Dog Fence ", barrière aujourd'hui
de 5 300 km mais ayant fait jusqu'à 9 600 km, dressée pour
repousser les dingos loin de troupeaux de bétail. Derrière
cette barrière, se trouve la " Moon Plain " où
a eu lieu le tournage de plusieurs films comme Mad Max 3, Priscilla folle
du désert ou Ground Zero.
De retour à Coober Pedy. pour Marla et son opale
Nous effectuons un réapprovisionnement avant de partir pour Marla
à 210 km où nous avons rendez-vous le lendemain avec nos
chercheurs d'opales. Sur la route (en bitume cette fois, c'est la fameuse
Stuart Highway qui couvre les 3 400 km entre Adélaïde et Darwin),
de nombreux panneaux nous avertissent de la présence de kangourous
et autres animaux, et un rapace finira même sur la grille de protection
de notre pare-brise !
Arrivés à Marla, nous découvrons la ville
typique de l'Outback avec sa station essence-épicerie-camping et
pub où nous devons retrouver nos chercheurs d'opales.
A la recherche de l'opale
Mercredi 16 avril à 17H00 notre duo de chercheurs d'opales est
bien au rendez-vous. A peine avons-nous le temps de nous saluer que nous
nous trouvons avec un verre à la main, qui sera le premier d'une
longue, longue série. Après un léger repas arrosé
de vin et de bière, nous prenons la route de nuit pour ce que nous
pensons être leur maison. A la demande de Maxine, Yann accompagne
Stretch dans son 4x4, et elle se joint aux filles dans le campervan. Mais
avant de partir, tradition oblige, Stretch offre à tous une cannette
de rhum-coca pour la route, 70 km de piste chaotique, pendant lesquels
il y aura de nombreux arrêts " techniques " pour vidanger
et remplir les hommes !
A destination, à la lueur de quelques lumières alimentées
par des générateurs, nous découvrons en fait un campement
d'environ 70 personnes, composé de maisons préfabriquées,
de caravanes et d'engins de forage.
A l'intérieur de la " résidence " de Stretch,
le confort est assez sommaire ; cuisine, chambre, salle de bain avec WC
et douche. Aussi, serons-nous surpris d'y trouver un ordinateur dernier
cri avec son imprimante couleur et son scanner. C'est avec une certaine
fierté que Stretch nous apprend qu'il a tout construit de ses mains.
Les tournées d'alcool divers repartiront de plus belle, sans MC
qui fortement grippée quittera la joyeuse équipe vers 23H00,
sans pour autant trouver le repos du fait des éclats de rire de
plus en plus fréquents en provenance de la cuisine de Stretch.
Compatissant, ce dernier, ira même jusqu'à rouler une cigarette
d'origan pour dégager le nez bouché de MC. sans succès.
La soirée se poursuivra jusqu'à 4H00 du matin, malgré
une apparition orageuse de MC pour demander de stopper la musique à fond du 4x4 !
Yann et Estelle apprendront pendant cette mémorable soirée,
que Stretch n'est chercheur d'opales que depuis 5 ans. Avant, il était
enseignant, il est divorcé avec 2 grands enfants. Maxine sa compagne,
est divorcée également avec 2 grands enfants, elle enseigne
encore de temps en temps, habite à Adélaïde et tente
de passer autant de temps que possible près de Stretch, dans ce
campement sommaire loin de tout.
A 4H00 du matin, MC entendra plus qu'elle ne verra Yann et Estelle rentrer
au campervan et se coucher péniblement. D'ailleurs, Estelle devra
se lever en catastrophe peu de temps après, pour évacuer
le trop plein ! A 10H00 le réveil sera encore plus difficile pour
elle, et elle n'émergera vraiment qu'en milieu d'après-midi.
Comme si de rien n'était, Stretch et Maxine emmènent la
fine équipe visiter leur concession et lui expliquent leur métier
de chercheur d'opales.
Stretch nous présente Betty, une jeune femme de moins de 30 ans
qui cherche aussi durement cet " or bleu ". Cette dernière
est en train de sonder le sol à l'aide de foret pouvant atteindre
25 m de profondeur, tout en surveillant les débris extraits dans
l'espoir d'y trouver quelques pierres colorées et peut être,
le filon qui lui permettrait d'arrêter de travailler aujourd'hui,
voire même définitivement.
Si une présence d'opales est détectée, le bulldozer
intervient pour aplanir le sol au niveau souhaité, car contrairement
à Coober Pedy, ici l'extraction se fait à ciel ouvert. Yann
et MC joueront du marteau et du burin sur une paroi indiquée par
Stretch, dans l'espoir, pour l'un de trouver quelques pierres précieuses
et, pour l'autre, de rallonger pourquoi pas de quelques mois ses vacances
! Le tout sous le visage O ( combien ) PALE ! ! ! d'Estelle, qui disparaîtra
à de nombreuses reprises durant la matinée. Ils ne trouveront
que quelques opales sans couleur et donc sans valeur appelées "
Porch ".
De retour au campement, pendant que MC préparera des sandwichs
et Maxine du café, Stretch fera des mots croisés, comme
à son habitude. Yann nettoiera les pierres trouvées le matin
et Estelle fera ses derniers aller-retour aux toilettes. Betty passera
même nous inviter à dîner pour le soir même,
mais du fait du peu de temps restant à MC avant son retour en France,
nous déclinerons cette chaleureuse invitation.
A 14H00, bien à contre cour, nous quitterons notre couple de chercheur
d'opales. Stretch offrira à chacun de nous quelques opales de valeur
afin que nous pensions à eux lorsque nous les regarderons plus
tard. En retour, nous lui laisserons la bouteille de St Emilion 1997 apportée
par MC.
Nous retrouvons la Stuart Highway et les 450 km qui nous séparent
d'Ayers Rock se feront dans un profond silence, chacun étant
dans ses pensées ou terminant sa nuit.
Nous arriverons à destination à la nuit tombée mais
devant le prix exorbitant du camping (15$ par personne), nous déciderons
de nous installer sur un parking d'hôtel pour dîner et jouer
à l'Outback. Vers 22H30, un garde du parc viendra nous déloger
et nous emmènera jusqu'au camping mais moyennant seulement 10 $
en tout, bon plan !
AYERS ROCK / ULURU - 18 AVRIL
Dès
le réveil, nous partons sans tarder à la découverte
du plus grand monolithe au monde : 3,6 km de long, 348 m de haut, sachant
que l'on suppose que, tel un iceberg, les 2/3 se trouvent sous terre !
A 10 km, nous découvrons enfin le rocher appelé ULURU par les aborigènes et nous sommes déjà émerveillés
par sa masse imposante et ses couleurs jaune ocre.
Il est possible de faire le tour d'ULURU en voiture, mais nous préférons
faire ces 10 km à pied afin d'être encore plus proche de
ce mastodonte.
Chemin faisant, nous découvrons les différents aspects de
ce gigantesque rocher, et les lieux sacrés pour les aborigènes
sont indiqués, en précisant qu'il est interdit de les photographier.
Selon la légende aborigène deux êtres ancestraux,
KUNIYA la femme python et LITU le serpent venimeux, se sont battus ici.
Les crevasses que nous pouvons voir témoignent de la férocité
de ce duel, ensuite nous trouverons KURPANY le chien et MALA le walabi-lièvre.
Nous passerons devant le point de départ permettant l'ascension
du rocher proposée par toutes les agences touristiques. Cependant,
il est nécessaire de rappeler que les propriétaires de ces
lieux, à savoir les aborigènes, le considèrent comme
sacré et préfèrent que les touristes ne le grimpent
pas. De plus, c'est une ascension périlleuse qui a déjà
coûté la vie à une quarantaine de personnes.
Au retour de la ballade, nous prendrons la voiture pour faire les 50 km
vers les Monts OLGA / KATA TJUTA ( plusieurs têtes en aborigène
), second site de la région plus imposant mais nettement moins
connu qu'ULURU. Sur place, Estelle et Yann partiront à la découverte
de la principale gorge du site, WALPA GORGE, composée de 36 dômes
dont le plus haut fait 546 mètres. A l'intérieur de celle-ci,
ils découvriront, entre deux rochers en forme de boule, une véritable
petite oasis pour la végétation et les animaux.
Nous retournerons vers ULURU pour assister au coucher du soleil, mais
le flot de voitures à contresens nous indiquera que nous arrivons
un peu tard. Qu'à cela ne tienne, la fine équipe célébrera
le lieu autour d'une boite de foie gras et la bouteille de champagne amenés
pour l'occasion par MC.
Le parc fermant à 20H00, nous sommes obligés de sortir et
nous rejoignons une station essence en vue de faire le plein et de dîner,
avant le départ pour Kings Canyon.
Avant de prendre la route, pendant une partie d'Outback, MC réalise
que ses baskets ne sont pas dans le campervan. Nous retournons donc en
catastrophe au camping pour les retrouver à l'emplacement où
nous avions passé la nuit. Il faut croire que c'est la façon
pour ULURU de nous remercier de ne pas avoir fait son ascension ! ! !
Sa protection se poursuivra tard dans la nuit, puisque MC, au volant,
évitera de justesse trois chameaux et trois kangourous sur les
300 km séparant Ayers Rock de Kings Canyon.
LA VALLE DES ROIS - 19 AVRIL
Cette fois-ci,
camping sauvage au bord de la route à côté d'une base
d'hélicoptère. Le lendemain, après nous être
rendus sur le parking de Kings Canyon, nous prenons notre petit
déjeuner et notre partie de cartes quotidienne, avant de partir
pour une randonnée de 6,6 km à travers un paysage nouveau
et inattendu.
Dès le départ, nous attaquons une montée de 500 m
assez raide pour arriver sur le plateau du canyon, dominant ainsi une
vallée verdoyante. D'ici, difficile d'imaginer que tout ceci était
sous les eaux il y a plusieurs millions d'années. Lors de notre
progression, nous distinguons les couches successives de la roche. Cette
dernière, du fait de l'érosion, prend des formes rondes
que les aborigènes appellent " les chats assis ". La
promenade nous fait ensuite descendre à l'intérieur du canyon
jusqu'à une piscine naturelle du nom de " Garden of Eden ".
L'eau est très transparente, mais le fond reste invisible, et les
parois orangées des rochers l'encerclant se reflètent dans
l'eau. Des libellules bleues et rouges tourbillonnent autour de nous.
Pour respecter la volonté des aborigènes et ainsi ne pas
polluer l'eau, nous ne nous baignerons pas. D'autres touristes n'hésiteront
pas quant à eux, à plonger et rompre le silence magique
de ce lieu paradisiaque. Ecourés, nous regrimpons sur le sommet
aplani de l'autre versant du canyon par un escalier en bois. Les motifs
de la roche de ce côté nous rappellent la faïence murale.
A perte de vue, de multiples dômes colorés s'élèvent
devant nous. Sous cette chaleur écrasante, nous arrivons au bout
de cette randonnée enivrés par la beauté et la magie
de ces paysages, mais au bord de la déshydratation !
Ce n'est qu'après avoir repris des forces, que nous partons pour
Alice Springs à 330 km de là. Alice Springs est une ville
qui se trouve presque au centre de l'Australie et qui représente
aussi la moitié de notre périple.
Nous roulons sur une piste ondulée, " corrugated " comme
disent les Australiens, sur 200 km environ, et croisons alors un troupeau
d'une dizaine de chameaux sauvages. Nous assistons à un superbe
coucher de soleil rosé. La lune, à notre grand étonnement,
n'apparaîtra que deux heures plus tard, toute de couleur orangée,
tel un soleil levant, et ne prendra sa couleur blanche que tard dans la
soirée. Nous quittons ensuite avec grand plaisir la piste qui laissera
à l'intérieur du campervan, une épaisse couche de
poussière ocre.
Pour la première fois en Australie, la police nous arrête
en pleine nuit à la lueur de lampes torches, pour un contrôle
des papiers et un alcootest que Yann passera avec brio (ici le taux maximum
autorisé au volant est de 0,05 g !). Arrivés à Alice
Springs, alors que nous comptions camper sur le parking du Centre Culturel,
la police à nouveau arrive et nous demande si nous n'avons pas
entendu des coups de feu ??? Estelle et MC devant l'incongruité
de la question feront répéter les agents de police pour
être surs d'avoir bien compris ! Estelle devra même décliner
son identité et date de naissance à un agent, qui aura préalablement
relevé la plaque numérologique du campervan. Ce même
agent nous conseillera de passer la nuit au camping de la ville, et ses
mots " Alice Springs is not the safest place in the world " finira de nous convaincre !
Aussi, après une bonne douche bien méritée pour nous
décrasser de toute cette poussière de l'Outback, la fine
équipe ira au lit.
ALICE SPRINGS - 20 AVRIL
Le lendemain,
nous partons à l'exploration de cette ville de 23 000 habitants,
qui doit sa création au développement de la ligne de télégraphe.
Elle fait en effet partie des 12 points de relais entre Adélaïde
et Darwin. Nous allons d'ailleurs visiter la Station de télégraphe
qui date de 1870. Nous découvrons à cette occasion la rivière,
aujourd'hui asséchée, qui a donné son nom à
la ville. Nous apprenons également que cette station a servi de
Bungalow. Les Bungalows étaient des campements pour les enfants
métis (pères blancs et mères aborigènes) enlevés
à leur mère et élevés de façon européenne.
Cette époque est d'ailleurs appelée la " Stolen Generation
". Ces pratiques, traumatisantes pour les mères comme pour
les enfants, ont fort heureusement cessé entre les deux guerres
mondiales.
Nous nous rendons ensuite à ANZAC HILL, place dédiée
à tous les combattants des différentes guerres du 20e siècle.
Cette place, se trouvant au sommet d'une colline en plein centre d'Alice
Springs, nous permet d'avoir une superbe vue de la ville et de ses alentours.
D'ici, Alice Springs, est beaucoup plus basse et petite que nous ne l'imaginions.
Elle est très étalée, et en partie sous une végétation,
soigneusement entretenue par l'homme. Pour cause de planning serré
et manque d'intérêt de cette ville, nous reprenons la route
pour Darwin qui se trouve encore à 1 500 km !
Pour info, ANZAC signifie Australian and New Zeland Army Corp, et la fête
nationale, ANZAC DAY, en souvenir du débarquement de Gallipoli
en 1915, est le 25 avril.
En direction de Darwin
En cours de route, nous nous arrêtons à Barrow Creek, à
280 km au nord d'Alice Springs, pause suggérée par Stretch
pour son bar local. Là, un homme barbu à la ZZ Top, propose
à MC de boire un verre pendant que Yann fait le plein d'essence.
MC accepte seulement car Estelle l'accompagne. Le pub nous rappelle effectivement
celui de William Creek avec ces cartes, ces T-shirts. accrochés
au plafond et aux murs. L'ambiance est chaude et MC devra couper court
à la discussion pour ne pas ressortir éméchée
! Cet accueil, toujours très chaleureux, est vraiment une caractéristique
des contacts de l'Outback.
Nous nous arrêterons pour passer la nuit à Devil's Marbles.
C'est l'un des seuls lieux intéressants sur notre route, qui est
composé de pierres arrondies de différentes tailles toutes
très imposantes. Ces dernières semblent avoir été
déposées sur cette plaine par la main de l'homme. Certaines
sont en équilibre les unes sur les autres depuis des centaines
de décennies. Ce site est également déclaré
sacré par les aborigènes.
Nous découvrons, ici aussi, une grande quantité de sauterelles,
cette fois-ci très fines et colorées, qui parfois à
leur envol, peuvent être prises pour des papillons. Une fois notre
promenade réalisée, nous repartons pour les 900 km qui nous
restent pour arriver à notre destination.
Dans le campervan, pour tuer le temps nous faisons des jeux, toujours
en surveillant les bas côtés à la recherche d'animaux
(spécialement quand MC est au volant . car elle semble les attirer
! ! ! )
Le seul fait marquant de la journée est que nous fêterons
Pâques dans notre campervan où chacun aura caché des
oufs en chocolat pour les autres !
Nous arriverons à KAKADU National Park vers 23H00 en croisant un
âne et un oiseau " haut sur patte ", et tout de suite
nous serons frappés par la chaleur moite de cet endroit, mondialement
renommé, que nous découvrirons le lendemain.
KAKADU NATIONAL PARK - 21,22 et 23 AVRIL
Nous nous réveillons
en sueur au petit matin sous ce climat tropical. La végétation
est très verte et touffue. Pour la première fois, nous allons
franchir des creeks pleines d'eau ! Mais attention, nous découvrons
aussi les premiers panneaux " No swimming-Don't risk your life -
Crocodiles ". Sur les bas côtés nous découvrons
aussi des termitières impressionnantes par leur taille, environ
deux fois la hauteur d'un homme.
Au Centre d'Information climatisé, nous nous apercevons qu'une
grande partie du parc est inaccessible car inondée. En effet, c'est
encore la saison humide, " dry season " comme dise les Australiens.
Nous calons donc notre programme en conséquence, car le campervan
ne supportera pas ces conditions extrêmes.
Au belvédère de BUKBUKLUK, nous nous rendons compte de l'immensité
de l'endroit. Face à nous, une forêt à perte de vue
et des sommets à l'horizon.
Il faut savoir que le KAKADU NATIONAL PARK est déclaré Héritage
Mondial, pour les sites culturels et naturels dont il regorge.
C'est, une nouvelle fois, l'un des plus grand et plus riche parc national
au monde, avec ses 20 000 km2, ses 2 espèces de crocodiles, dont
une d'eau douce unique au monde. Ses espèces ; 60 de mammifères,
280 d'oiseaux et pas moins de 4 500 insectes. On y trouve aussi de nombreux
minerais, depuis l'or jusqu'à l'uranium.
Il est mondialement réputé pour sa SOUTH ALLIGATOR AREA,
ses JIM FALLS et TWIN FALLS, où ont été tournés
les différents volets de Crocodile Dundee. Les aborigènes
qui vivent ici, font partie de la tribu des BININJ/MUNGGUY.
Le " Fire Management " est plus primordial ici que dans le reste
de l'Australie, et la " Traditional Burning " fait partie intégrante
de la vie aborigène.
En effet, le feu permet :
- de signaler sa position aux autres
- de faire cuire les aliments
- de faciliter la chasse
- d'attirer les animaux
- de protéger la nourriture
- de nettoyer les terres avant la saison chaude et donc éviter
les incendies " sauvages "
- de faire favoriser la sélection naturelle, seules les espèces
les plus résistantes survivent
Nous
verrons, tout au long de notre séjour dans le parc, de nombreux
feux sous contrôle, sur les bas côtés de la route.
Enfin, la devise du parc est : " If you respect the land, then you
will feel the land. Your experience will be one that you cannot get anywhere
else in the world ", Si tu respectes la terre, alors tu sentiras
la terre. Ton expérience sera une de celles que tu ne connaîtras
nulle part ailleurs dans le monde.
Nous visitons le WARRADJAN ABORIGINAL CULTURAL CENTER, au centre du parc,
où nous visionnons un film expliquant les peintures faites sur
le torse nu des femmes aborigènes. Nous apprenons aussi que selon
les coutumes aborigènes, quand une personne décède,
il est interdit de prononcer ou écrire son nom, ainsi que de montrer
son visage pendant 2 à 3 ans.
En fin d'après midi, nous partons pour MARDUGAL, faire une randonnée
de 2 km, la GUN-GARUN WALK. La végétation dense abrite de
nombreux insectes et reptiles. Des libellules et des papillons nous accompagnent
pendant toute cette ballade. Nos yeux se rivent en direction de chaque
bruit. Au coucher du soleil, trois kangourous s'installent sur l'emplacement
de camping voisin du nôtre.
Ce qui est bien ici, c'est qu'il n'y a AUCUNE mouche, alléluia
!!! par contre nous découvrirons le lendemain qu'elles sont largement
supplantées par les MOUSTIQUES !!!
En discutant avec le gardien du camping, super sympa et qui se déplace
à vélo, nous apprenons qu'à côté se
trouve une rivière, dans laquelle, à la nuit tombée,
on peut trouver des crocodiles. Après dîner, Yann propose
d'aller à la chasse aux crocos équipé uniquement
d'une lampe torche !!! Accrochés les uns aux autres, plus nous
nous approchons de l'eau et plus Estelle et Yann doivent tirer MC, cette
dernière ayant un grand instinct de conservation ! A l'approche
de la rive, chaque bruit est un mystère effrayant dans la pénombre.
Avec la torche, nous tentons de repérer des yeux rouges qui
sont le signe de la présence de mammifères ou, dans notre
cas, de crocodiles. Seul Yann, plus courageux, parviendra à en
voir.
Sur le chemin qui nous ramène au campervan, nous voyons notre première
grenouille taille miniature, pas plus de 3 cm. Nous passons la nuit calfeutrés
dans le campervan pour éviter les crocos, mais surtout les piqûres
de moustiques. Ce sera bientôt un véritable sauna !
Le réveil sonne à 6H00 le lendemain matin car nous avons
réservé un tour de bateau à YELLOW WATER sur la SOUTH
ALLIGATOR RIVER, une rivière regorgeant de faune et flore tropicales.
Cette croisière est réputée pour la découverte
du parc national. L'heure est idéale, car avec le lever du soleil,
on assiste à l'éveil de cet écosystème aux
couleurs féeriques. Clou du spectacle : on nous assure que l'on
verra des crocodiles ! ?
Tout d'abord, nous glissons au travers de hautes herbes denses appelées
BUFFALOS GRASS, car elles sont le met favori des buffalos. Ces derniers
l'aiment tant qu'il a fallu que les autorités prennent des mesures
restrictives quant au nombre de ces animaux dans le parc, afin d'éviter
que cette plante ne disparaisse totalement.
Nous découvrons de nombreuses fleurs de nénuphars de diverses
couleurs : rouge, violet, blanc au fond jaune. Au sol, se dressent fièrement
des jabirus. Perchés dans les arbres : des aigles, des martins
pêcheurs et autres espèces dont nous prendrons de nombreuses
photos.
Le silence règne sur le bateau alors que tout le monde est bien
réveillé, mais sans cesse, chacun scrute les alentours à
la recherche du moindre signe de vie saurienne, et le premier crocodile
fera pousser un cri jubilatoire à MC ! Immobile, uniquement la
tête émergée, dans l'attente d'une proie (grenouille
ou poisson) . Il faut dire que dans cette partie du parc, nous voguons
sur de l'eau douce, les crocodiles sont plus dociles que ceux des eaux
salées. Mais il faut tout de même rester prudent car certains
peuvent atteindre jusqu'à 5 mètres de long, et faire une
entorse à leur régime alimentaire !
La croisière a été doublement intéressante
; par ce que nous avons vu, mais aussi, par les explications données
par nos deux guides, dont un aborigène. A noter que ce parc national,
tout comme celui d'ULURU, a pour propriétaire les aborigènes.
Après la croisière, autour d'un café, nous échangerons
les sensations ressenties par chacun lors de ce moment, une nouvelle fois,
magique.
La matinée se poursuivra par une première randonnée
de 3,6 km à MIRRAI LOOKOUT, qui nous amènera à un
superbe point de vue, le MOUNT CAHILL. Perchés sur une plate-forme,
nous dominons le parc national à perte de vue.
La seconde randonnée de 1,5 km, nous permettra de découvrir
les peintures rupestres du site de NOURLANGIE ROCK. Les aborigènes
ont laissé de nombreuses traces dans des " caves " utilisées
depuis plus de 20 000 ans comme refuge contre la chaleur et les fréquents
orages de la saison humide, " wet season " en Australien. Les
dessins, de grande qualité, représentent les êtres
ancestraux (c'est-à-dire les " dieux " qui ont créé
la vie aborigène), tels que le LIGHTING MAN, ainsi que des scènes
de la vie quotidienne (danse, chasse.).
Puis, compte tenu de la chaleur étouffante, MC a la bonne idée
de proposer une pause à la piscine de JABIRU, plus grand bourg
du parc avec ses 1 700 habitants. Ici se trouve un hôtel en forme
de crocodile vu du ciel, le " GAGUDJU CROCODILE HOLIDAY INN ".
Nous apprécions ce moment de fraîcheur et de tranquillité,
seuls dans ce climat tropical, mais sans perdre nos bonnes habitudes,
puisque Estelle a amené son jeu de cartes. C'est une énorme
averse de pluie qui nous chassera de cet endroit paradisiaque.
Nous passerons alors au BOWALI VISITOR CENTER, qui abrite commerces, cafés
et surtout un musée culturel sur l'histoire du parc, la culture
aborigène, la faune et la flore.
La dernière marche de la journée s'effectuera à MAMUKALA.
Nous partons juste avant le coucher du soleil, et nous rendons sur les
rives d'un immense marécage, le MAMUKALA WETLANDS, réputé
à la saison sèche pour ses regroupements de " MAPGIE
GEESE " (espèce d'oie sauvage) qui viennent y chercher de
la nourriture. Quand nous arrivons, le soleil a déjà hélas
disparu. Nous continuons néanmoins notre randonnée alors
que la pénombre va croissante. Nous finirons à la torche,
une palanquée de grenouilles sautant de tous côtés
à chacun de nos pas. L'inquiétude monte à chaque
bruit alentour. Nous restons groupés, Yann en tête et Estelle
en fin de file, nous remémorant les panneaux à l'entrée
du site, nous mettant en garde contre les crocodiles. Fort heureusement,
nous finirons cette marche de 3 km, n'ayant croisé que différents
spécimens de grenouilles, certaines minuscules et toutes vertes,
et d'autres marrons de la taille d'un poing !
A regret, par rapport à la beauté du site, nous dirons "
BOH BOH " (au revoir en aborigène) à KAKADU, mais avec
plaisir quant à la chaleur accablante et aux moustiques !
Les aborigènes disent " Remember boh boh (prononcé
bore-bore) is not the finish, it is just the beginning ", souviens-toi
boh boh ce n'est pas la fin, c'est juste le commencement.
Nous quittons Kakadu pour Darwin.
Alors que la nuit est déjà tombée, nous prenons la
route pour faire les derniers 250 km à destination de Darwin. Nous
y arriverons sans encombre, pourtant MC est au volant, mais cette nuit,
elle ne verra qu'une soucoupe volante dans le ciel et pas d'animaux sur
la route ? !
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