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Aussi
contrastée qu'immense, l'Australie est grande comme 14 fois la
France. Elle a la particularité d'être à la fois une île et un continent.
Incroyablement changeante, l'Australie offre des paysages superbes : déserts
rouges, plages de sable fin, forêts subtropicales...
C'est aussi le berceau d'une des plus anciennes civilisations au monde
que sont les Aborigènes.
ITINERAIRE
(30 jours) : Sydney - Vanuatu - Tasmanie - Melbourne
- Adelaide - flinders Rangers - Wiliam Creek - Coober Pedy
- Uluru - Alice Springs - Kakadu - Darwin
"VILLES ET DESERTS"
Notre
séjour dans Melbourne.
Avec un peu de retard, nous arrivons à Melbourne en milieu d'après
midi ce dimanche. Melbourne n'était pas prévue au programme,
ne devant être qu'un transit par avion. Nous décidons toutefois
d'y rester le temps de nous faire une idée de cette ville du sud
située à cinq kilomètres de l'océan. A notre
descente du bus, nous croisons une foule de supporters aux couleurs de
leur équipe de football, ce qui expliquera sûrement les rues
désertes par la suite.
Nous quittons le quartier de businessmen désert lui aussi, pour
rejoindre les rues commerçantes. Cette cité de 3,5 millions
d'habitants est constituée de gros bâtiments cubiques. Son
centre ville a une forme rectangulaire et les rues intérieures
quadrillent parfaitement le quartier. Alors que nous sortons de cette
zone, il n'y a plus de respect linéaire. Elle vit elle aussi d'une
histoire récente dans ses bâtiments jeunes.
Pour la petite histoire, en 1835, un représentant australien d'une
société acheta 240 000 hectares de terre aux aborigènes.
C'est ensuite que Melbourne naquit sur cette zone en 1840 ; son principal
attrait fut la découverte de l'or.
Nous ne voyons toujours pas d'aborigènes dans cette ville. Pourtant,
nous la trouvons cosmopolite avec entre autre le quartier chinois de Chinatown
où nous passerons le principal de notre temps. Ce lieu est à
part entière aux mains d'une population asiatique avec ses nombreux
commerces aux enseignes et prix asiatiques, ses cybercafés, etc.
Dans cette aire, se trouve l'unique musée de l'Histoire de la communauté chinoise d'Australie.
Nous visitons au sud de la ville, le grand parc de Kings Domain comprenant
un centre d'art en plein air, un lac, le jardin botanique et la maison
du gouverneur. Nous nous installons paisiblement dans un parc pour écrire.
Sur le chemin du retour, nous longeons la rivière Yarra avec une
vue générale sur le centre d'où émergent de
hautes tours. Les grandes impasses et les pubs à demi enfouis nous
font penser à certains quartiers de Manhattan.
Le marché de Melbourne est vaste et présente des étalages
de toutes sortes. Il nous faudra plusieurs heures pour arriver au terme
de ses allées.
Nos nuits dans les cybercafés de Melbourne.
Chaque nuit, nous la passons dans le quartier chinois et notamment dans
les cybercafés où nous serons les seuls à utiliser
les ordinateurs à d'autre fins que le jeu. Le dernier soir, Yann
craquera tout de même pour un jeu vidéo sur un PC et se trouvera
être lui-même Jeanne d'Arc !
Petit décalage.
A l'aéroport, nous aurons singulièrement de l'avance sur
l'horaire d'embarquement et constaterons finalement que depuis notre arrivée
en Tasmanie, nous avions ce décalage d'une heure qui ne nous aura
aucunement perturbé dans nos nombreuses randonnées !!
Rapidement, nous nous retrouvons dans les rues d'Adélaïde,
ville où nous rejoindra le lendemain Marie-Carmen, une amie d'Estelle
pour la traversée de l'Outback.
Localisation
et situation géographique
L'Outback est la région qui s'étend du Nord d'Adélaïde
jusqu'à Alice Springs. C'est du sud au nord, comme l'a fait pour
la première fois l'explorateur Stuart, que nous avons décidé
de traverser ce magnifique et grandiose pays. Nous nous sommes attardés
dans cette région, pourtant aride, mais dont la chaleur de ses
habitants et la beauté de ses paysages resteront à jamais
gravées dans nos mémoires.
LA FINE EQUIPE : YANN / ESTELLE / MARIE-CARMEN ( MC )
Les retrouvailles
Mercredi 2 avril, 21H15 aéroport d'Adélaïde, Estelle
et Yann dissimulés dans la foule guette l'arrivée de Marie-Carmen
(MC). Celle-ci, après 26H00 de voyage n'a qu'une hâte : retrouver
ses amis et prendre une bonne douche. Quelques clichés seront pris
à l'insu de cette dernière, faisant rire la foule. Après
9 mois de séparation, les retrouvailles sont à la fois chaleureuses,
émouvantes et pleines de surprises : une fleur et un porte-clés
boomerang pour MC, des chocolats, des snickers, du vin, du champagne et
du foie gras pour les 2 tourdumondistes. Un taxi amène ensuite
le trio au backpacker d'Adélaïde afin d'y poser les affaires
de MC et avant d'aller prendre plusieurs verres pour arroser les retrouvailles.
La journée du lendemain est consacrée à la recherche
d'un moyen de transport pour monter sur Darwin. Le choix final se portera
sur un " campervan ", véritable maison de luxe par rapport
aux divers moyens de transports empruntés par Yann et Estelle jusqu'à
présent.
La soirée se termine au cinéma, avec un remarquable Jack
Nicholson dans " About Schmidt ". Notre retour tardif à la guesthouse, nous fait rater une nouvelle fois le fameux cake au chocolat
offert chaque soir.
Visite d'Adélaïde.
Le vendredi nous partons à la découverte de la ville d'Adélaïde,
capitale de l'état d'Australie Méridionale.
Cette cité a été créée en 1836 et abrite
aujourd'hui environ 1 million d'habitants. On retrouve cette image de
jeunesse à tous les niveaux : population, architecture, urbanisation.,
et cela rend cette ville agréable à visiter mais assez pauvre
en sites historiques. Yann et Estelle retrouvent un côté
"" Far West " déjà rencontré dans
les villes précédemment visitées. Autre avantage,
tous les hauts lieux de l'histoire de la ville se trouvent sur la même
rue, " NorthTerrasse Road " (maison du Gouverneur, Musée
d'Australie du Sud, Universités.), pour finir au " Adelaide
Botanic Garden " où le trio passera plusieurs heures parmi
la flore, entre roses et hibiscus. Ce parc est l'un des plus beaux visité
par Yann et Estelle depuis le début de leur périple.
Préparatifs pour le grand raid dans l'Outback
En vue du départ prochain, Yann et Estelle se rendront au Central
Market où les producteurs vendent leurs produits frais ; fruits,
légumes, fromages., pendant que MC se reposera à la guesthouse.
Dès leur retour, le trio se séparera à nouveau, Yann
assouvissant sa passion pour les vieux objets, ira fouiner à l'Orangelane
Market, pendant qu'Estelle et MC, sur les conseils de Tim un Australien
rencontré à Ushuaia, iront à Glenelg, ville côtière
du Golfe de St Vincent, grâce à un tramway d'époque
au départ de Victoria Square. C'est à Glenelg que fut lue
en 1836 la proclamation de l'Australie Méridionale.
Estelle et MC s'installeront sur la jetée du port de plaisance
pour assister, en compagnie d'un dauphin et d'un pélican, au premier
coucher de soleil australien de MC. C'est avec impatience qu'elles retrouveront
Yann dans la cuisine de la guesthouse en train de préparer un excellent
repas à base de produits frais. Le repas sera complet puisque la
fine équipe pourra enfin savourer une part du fameux cake au chocolat
offert par la maison.
Sur la terrasse, autour d'un dernier verre, nous rencontrerons Nathalie,
une franco-colombienne arrivée de Nouvelle-Calédonie après
une mauvaise expérience. Yann et Estelle apprendront à Nathalie
et MC à jouer au fameux " Stop the bus ", jeu de cartes
basé sur la mémoire qu'ils ont découvert à Lusaka en Zambie.
Départ imminent.
Samedi 5 avril 8H00, répartition des tâches en vue du grand
départ : Yann et Estelle prennent un taxi pour aller chercher le
campervan, pendant que MC s'occupe de la lessive et de vider la chambre.
A 11H00 après un certain nombre d'aller-retour entre la guesthouse
et le campervan, via le passage obligé par le bar situé
au rez-de-chaussée, nous croisons pour la dernière fois
un habitué des lieux. En effet, nous l'avons toujours vu accoudé
au bar sur le même tabouret.
En faisant un crochet par le sud d'Adélaïde.
Destination : Victor Harbour au sud d'Adélaïde dans l'espoir d'y voir des baleines. C'est avec grandes difficultés
que nous y arriverons deux heures après, car les panneaux de signalisation
sont quasi inexistants !!!
Victor Harbour est une ville qui a été créée
spécifiquement pour la chasse à la baleine et aux phoques,
activité qui a pris fin en 1864. Aujourd'hui la ville s'est convertie
en station touristique. A l'office de tourisme, nous apprendrons que malheureusement
la saison des baleines n'est pas encore commencée (de juin à
octobre). Estelle et MC iront toutefois faire une ballade sur Granit Island,
île se situant à l'extrémité de Victor Harbor,
pendant que Yann préférera s'abstenir du fait de quelques
coupures aux pieds rapportées de Vanuatu. L'accès à
l'île se fait par un pont relié au continent réservé
uniquement aux piétons et à une diligence tirée par
un cheval. Les filles tenteront, sans succès, de voir les habitants
de l'île, à savoir les manchots et les pingouins. Par contre,
elles rapporteront en souvenir, des vues magnifiques de l'Encounier Bay.
De retour au campervan, MC offrira une boisson chaude à la fine
équipe avant de prendre la route pour Port Augusta à 450
km au nord d'Adélaïde.
Première nuit dans notre campervan à Port Augusta à l'approche de l'Outback.
Nous arriverons à destination vers 22H15 et nous nous préparerons
à passer notre première nuit dans notre campervan, stationné sur le parking du Centre d'Information Touristique sur les Flinders Ranges
et l'Outback.
Le campervan est un concept très intéressant pour nous.
Tout d'abord, il nous permet de nous arrêter où bon nous
semble, et même s'il n'est pas équipé de WC ni de
salle de bain, il comprend un coin cuisine (gaz+frigo+évier), un
coin salle à manger/couchette et une chambre en mezzanine, qui
sera immédiatement réquisitionnée par Yann : le paradis
quoi !!!
Au petit matin, enfin 9H50 pour MC, nous prenons notre premier petit déjeuner,
préparé par Yann : céréales, yaourt, fruits.
Puis, au centre d'informations, nous récupérons de la documentation
sur les randonnées à faire dans le Flinders Ranges National
Park. Ce parc, qui s'étend sur 9 500 hectares, est considéré
comme l'un des plus beaux d'Australie, et a été déclaré
" Parc National " en 1945.
Le FLINDERS RANGES NATIONAL PARK du 6 au 8 AVRIL
Après
150 km de route, durant lesquels nous verrons notre premier kangourou.
mort sur le bas côté, et des paysages secs et arides faisant
ressortir la couleur ocre du sol, nous arrivons à Wilpena Pound,
point de départ des principales randonnées du parc national.
Après une légère collation, nous partons pour notre
première randonnée de 6,6 km vers le Wangarra Lookout. En
chemin, à travers une forêt d'eucalyptus dont certains semblent
avoir été frappés par la foudre, nous voyons quelques
chèvres noires et nos premiers kangourous gris vivants. Nous sommes
à la fois émerveillés et étonnés par
ces animaux. En effet, ils sont plus petits que nous le pensions, moins
sauvages et très curieux ; lorsque nous nous approchons, ils reculent
un peu, s'arrêtent, se dressent sur leurs pattes arrières
pour nous observer avec leurs petites têtes. De vraies peluches.
Arrivés au point culminant de notre randonnée, nous découvrons
une formation montagneuse ayant subi une érosion de plusieurs millions
d'années pour ressembler aujourd'hui à un cratère
de volcan. La légende aborigène raconte pour sa part, qu'il
s'agit des corps de deux serpents lovés. Au centre de cette formation,
nous trouvons une végétation aride mais néanmoins
verte du fait de la présence d'un grand nombre d'eucalyptus. En
attendant le coucher du soleil, nous faisons quelques parties de Stop
the bus puisqu'Estelle ne part jamais sans son petit jeu de cartes !!!
Nous avons oublié de vous dire que nous ne sommes jamais seuls,
des nuées de petites mouches noires, volant en permanence autour
de nous du lever au coucher du soleil.
En passant derrière les montagnes, le soleil laissera sur celles-ci
un voile orange clair. Il est temps pour nous de redescendre, la nuit
tombant très vite, nous rentrons au campervan dans le noir, suivi
par les bruits intrigants de la forêt.
Ce soir c'est la fête, repas d'exception : pâtes aux champignons
frais accompagnées du foie gras et d'un bordeaux supérieur
apportés par MC.
Le lendemain matin, Estelle nous prépare une salade composée
que nous emmenons pour notre grande randonnée de 19 km à travers la plaine que nous dominions la veille.
Nous traversons d'abord une forêt aérée d'eucalyptus,
puis nous entrons dans un bosquet composé de petits arbustes relativement
secs. Quand nous arrivons à Bridle Gap, notre but, nous nous trouvons
en fait, au sommet opposé de la chaîne de montagnes de notre
point de départ. Face à nous, s'étend une nouvelle
plaine d'une immensité impressionnante bloquée en arrière
plan par une nouvelle rangée de montagnes. Nous pique-niquons rapidement
sur ce sommet car le vent se lève et des nuages chargés
de pluie approchent.
Nous nous attendions à voir beaucoup d'animaux sur cette piste,
mais en fait, il fallait la quitter, comme Yann le fera, pour voir kangourous,
galahs et autres. MC arrivera exténuée au campervan du fait
de son manque de pratique, mais son effort sera récompensé
par une bonne douche chaude !!! La pluie commence à tomber avec
le soir et à notre habitude, nous nous installons pour une nouvelle
nuit de camping sauvage.
Le lendemain, le temps étant toujours à la pluie, nous décidons
de faire le tour du parc en voiture, un circuit de 60 km à travers
l'Aroona Valley, la Brachina Gorge et la Bunyeroo Gorge. Ces
chaînes de montagnes datent d'environ 600 millions d'années
et regorgent de la faune locale ; émeus, galahs et même un
sleepy lizzard qui prend le soleil en plein milieu de la piste (il s'agit
un gros lézard de 30 cm de long dont la forme rappelle à
Yann les vaisseaux spatiaux de la série télé Cosmos
1999).
Avant de quitter ces lieux, nous ferons une dernière randonnée
de 3 km à Arkaroo Rock, afin de voir les peintures rupestres, héritage
de la culture aborigène. Celles-ci nous laisseront un peu "
sur notre faim " puisqu'elles sont peu nombreuses et pas du tout
explicites contrairement à nos attentes. Nous aurons la chance
de voir un échidné (espèce de gros hérisson)
que nous montrera Evy, une étudiante d'origine indonésienne
qui nous accompagnera pendant toute cette randonnée afin de reparler
français, langue qu'elle a apprise il y a plusieurs années.
Nous continuons à avancer dans l'Outback
Nous reprenons donc la piste de nuit, en faisant attention comme on nous
le recommande, aux kangourous dont nous ne croiserons cette nuit là
qu'un seul spécimen.
Après 200 km, nous décidons de passer la nuit à Wirrealpa
en pleine nature, à proximité d'une station. C'est le nom
australien donné aux fermes d'élevage. En effet, les premiers
colons d'origine anglaise et hollandaise se sont installés dans
l'Outback dans l'espoir de faire fortune dans l'élevage de moutons
et de boufs. Malheureusement pour certains, ce fut un échec total
du fait, entre autre, des conditions très arides de ce pays. Nous
aurons l'occasion de croiser de nombreuses stations abandonnées
comme témoignage de ces échecs.
Le lendemain matin, suivant la règle " premier levé
- premier conduit ", Yann s'installe au volant en compagnie d'Estelle,
MC terminant sa nuit à l'arrière. Ce n'est que lorsqu'elle
aura trouvé un cadre idéal dans ces superbes paysages de
l'Outback, que la fine équipe s'arrêtera pour prendre son
petit déjeuner.
Sur la route, ou plutôt la piste de terre, nous rencontrons de nombreux
panneaux " Creek " ( petits courts d'eau, ruisseaux ), mais
devant l'aridité du paysage nous avons du mal à imaginer
de l'eau ici.
En chemin, nous nous arrêtons à la vue d'un groupe de galahs
( oiseaux de la famille des perroquets avec un ventre rouge/rose ). Yann
et Estelle partent les chasser avec leurs appareils photos pendant que
MC s'habille dans le campervan. Nous avons remarqué que les galahs
se déplacent en groupe ou au minimum à deux, l'un semblant
surveiller les alentours et prévenir les autres au moindre danger.
Nous arrivons à Arkarula en fin de matinée. Il s'agit
d'un village typique de l'Outback comme nous en rencontrerons beaucoup.
A savoir qu'il se compose : d'une boutique faisant Centre d'Information,
Camping, bar et épicerie, d'une station essence et ici d'une école
de 4 élèves !!!
En attendant la fin de la journée pour partir en randonnée
et assister au coucher du soleil, nous allons prendre un café au
bar et faire quelques parties de Stop the bus.
Pendant notre randonnée de 8 km, nous découvrons un décor
différent de celui de Flinders Ranges National Park. Ici, nous
marchons sur des collines de rochers rouges, ocres, jaunes, et parmi les
eucalyptus, les acacias, les spinifex et autres plantes du désert
formant des dômes verts et jaunes de feuilles piquantes. Rapidement,
nous nous rendons compte de la richesse du sol composé de granit
et de quartz. Nous sommes sur les plus vieilles montagnes d'Australie
et la variété des pierres est la spécificité
de la région.
Nous croiserons un couple de perruches, parmi les 160 espèces d'oiseaux
que comprend ce parc, des kangourous gris, mais pas de Yellow Footed Rock
Wallaby comme on nous l'avait pourtant annoncé. C'est en haut d'un
des massifs de cette chaîne de montagne que nous attendrons le coucher
du soleil, avant de redescendre vers le village, en chantant les génériques
des émissions télé de notre enfance.
Nous passerons la nuit au camping du village sans pouvoir profiter de
son observatoire astronomique, la nuit n'étant pas propice à
l'observation des étoiles. Yann parti chercher de la bière
rousse reviendra avec de la Red Bear, marque de cocktail en cannette (rhum-coca,
volka-citron.) bien connue des Australiens !
Le lendemain à notre réveil, le camping est complètement
désert, nous prenons donc la piste vers Williams Creek à
400 km. En route, nous ferons une escale de réapprovisionnement
à Leigh Creek, un village de passage avec ses maisons concentrées
autour du Market Center. Devant un magasin, une famille d'aborigènes
semble errer.
La fine équipe emprunte la piste d'Oodnadatta Track, longue de
615 km entre Maree et Marla. Nous longeons d'abord ce qui semble être
des collines, mais qui en fait s'avère être une vaste zone
de mines où la terre a été déposée
autour d'énormes trous béants, aussi énormes que
les engins qui s'activent sur les chantiers. Un panneau nous rappelle
les précautions à prendre, face à la dure réalité
de l'environnement : " Vérifier le plein d'essence, d'eau,
de nourriture. ". Nous faisons une halte à Farina, ville fantôme
datant de 1878 comprenant des anciennes fermes, un ancien hôtel,
une poste, une gare de l'ancienne ligne ferroviaire Old Ghan, une église
anglicane et catholique et une école. Un tapis de cacatoès
sur la piste nous obligera à une seconde halte. Tout de blanc avec
leur huppe jaune, ils sont très bruyants et s'envoleront tardivement
à notre venue.
Atterrissage réussi pour MC à l'approche du lac salé Eyre
Nous commençons à voir les traces de sel, signe que nous
nous rapprochons du lac salé Eyre. MC en fera les frais, car sous
cette croûte dure de sel se trouve une couche épaisse de
boue ocre et glissante. En voulant marcher sur le sel, MC se retrouvera
les fesses à terre ! . provoquant un éclat de rire général,
surtout quand Yann, cherchant à l'aider, manquera de la rejoindre
au sol.
Arrêt à WILLIAM CREEK (du 10 au 13 avril)
A court
de carburant, la fine équipe s'arrête par hasard à
William Creek, village de 12 habitants, avec sa classique station-essence
- pub - hôtel - épicerie - camping.
A la sortie du village en direction du lac, nous nous renseignons sur
les tarifs pour faire un " Scenic Flight " du lac et de ses
alentours. 150$ de l'heure, un peu cher, on va réfléchir,
aussi allons nous voir le lac de plus près. Sur la piste pour aller
au lac (60 km) nous croisons notre premier dingo, chien sauvage de couleur
sable. Indigène d'Australie, il est apparu sur le continent il
y a 6 000 ans, et diffère des autres chiens de part ses hurlements.
Lorsque lapins, rats ou souris se font rares, les dingos n'hésitent
pas à s'attaquer au bétail.
A proximité du lac, les petits buissons donnent l'impression de
pierres dressées ou de moutons. Nous sommes devant le plus grand
lac salé australien à 15 m au-dessous du niveau de la mer.
Par temps de grandes sécheresses, la couche de sel peut atteindre
46 cm d'épaisseur, mais quand les pluies l'alimentent, il devient
un lac salé de la taille environ de la Hollande ! Vu de la terre
ferme, nous avons du mal à nous rendre compte de l'immensité
du site et cela nous conforte dans notre choix de faire notre premier
vol scénique en Australie.
Sur le chemin de retour du lac, nous croiserons la tombe d'Elisabeth,
victime de l'hostilité des lieux. Nous apprendrons plus tard qu'elle
est décédée le 11 décembre 1998. Elle et son
compagnon sont tombés en panne sur le lac. Après 7 jours
d'attente, elle a décidé de marcher seule sur la piste vers
le William Creek à 60 km, mais après 2 jours de marche,
elle succomba. Son ami fut retrouvé enfoui dans la boue sous leur
véhicule, vivant mais dans un piteux état.
En attendant de prendre notre coucou, finalement pour 80$ grâce
à Yann, nous faisons la connaissance d'Emma, une tasmanienne de
22 ans venue apprendre à piloter dans le cadre de ses études,
et de Trevor, l'un des habitants de William Creek et propriétaire
de deux petits avions.
Vues d'avion du lac Eyre.
Malgré quelques appréhensions, le décollage se passe
parfaitement bien. A basse altitude, nous survolons l'immense sol aride
parsemé de petits buissons verts et de quelques points d'eau. Nous
devinons les traces faites par le bétail entre chacun de ces abreuvoirs
naturels, ainsi que les éternelles " creeks " asséchés
en cette période. Aucune habitation sur les 60 km survolés
pour atteindre le lac.
Nous volons d'abord au-dessus d'une zone blanche recouverte de sel qui
nous rappelle une couche de glace. Puis, une couche d'eau translucide
fait apparaître une couleur violette sur laquelle se reflètent
les nuages qui semblent alors ne plus nous quitter. Il est très
difficile de distinguer les reliefs. C'est magique . la ligne d'horizon
se trouve entre deux soleils qui petit à petit se rapprochent pour
se confondre dans une couleur rouge et or et nous offrir un coucher de
soleil flamboyant ! La notion de 3 dimensions ayant disparue, l'instrumentation
électronique de l'avion s'avère plus que jamais indispensable.
Trevor nous indique sur son GPS les 8 000 miles qui nous séparent
de Paris ?
Avant un atterrissage également parfait, nous survolons William
Creek que nous trouvons tout à coup très " peuplé
" et Trevor nous explique que ce week-end a lieu la fête annuelle
de William Creek. Elle attire un public de connaisseurs qui parcoure jusqu'à
500 km pour assister aux différentes épreuves proposées
sur les 2 jours (chevaux, chameaux, motos, lancer de balais.).
A notre retour au village, nous finissons la soirée au pub, typiquement
décoré de soutiens-gorge, strings, cartes de visite. Ici,
les locaux ont des bottes et des chapeaux de cow-boy. Nous faisons partie
de l'attraction car nous sommes les seuls touristes. A cette occasion,
nous rencontrons un couple de chercheurs d'opales qui nous proposera de
nous initier à la recherche de cette pierre précieuse dans
leur village à côté de Marla sur la route de Darwin.
Nous dormons au camping où on n'a jamais vu autant de monde si
bien organisé : barbecue, abris type militaire.
C'est la fête à WILLIAM CREEK entre courses et bains.
Le lendemain matin, du camping nous entendons le monologue animé
du commissaire priseur, puisque la vente aux enchères des chevaux
qui vont concourir ce jour a commencé. Les derniers, nous quittons
le camping avec le campervan pour nous rendre à l'endroit où
se disputent les compétitions et nous nous garons aux premières
loges, face à la piste. Nous assistons, amusés, aux différentes
épreuves : courses de vitesse, slaloms, adresse, obstacles, individuelles
ou en équipe. Jeans, chemises à carreaux, chapeaux de cow-boy
et bière sont de rigueur. Les spectateurs sont assis sur les barrières
pour assister au spectacle.
Tous semblent se connaître, l'ambiance est conviviale et détendue.
Les concurrents affichent un fair-play certains en se serrant la main
entre eux après chaque partie.
Soudain le vent se lève, le temps se gâte. La pluie s'abat
fortement. Le terrain devenu boueux est maintenant trop glissant, et les
courses de chameaux qui devaient suivre sont annulées. Nous nous
réfugions dans notre campervan et assistons à la joie des
locaux qui courent, se jettent dans la boue, faisant des batailles de
boules de boue comme nous pouvons en faire chez nous avec la neige ! !
! Nous apprendrons plus tard qu'ici il pleut en général
2 fois par an seulement, ce qui explique ce moment pleinement vécu
par les habitants de l'Outback.
Alors que nous disputons une partie de cartes à l'arrière
du campervan, hayon grand ouvert, Andrew un bon vivant du coin âgé
de 25 ans se joint tout naturellement à nous, un peu éméché
tout de même et nous apprend un jeu de cartes que MC baptisera "
Outback ".
Après l'effort.
Les dernières épreuves équestres se terminant, la
plupart des spectateurs ont rejoint le village et surtout ses 2 pubs.
La nuit tombe et nous décidons-nous aussi de rejoindre le village.
Mais au moment de quitter les lieux, la boue aura raison de notre campervan,
et ce n'est qu'après avoir été tiré par le
pick up de Roger, un local, que nous réussirons à nous extirper
de là ! ! !
La pluie a maintenant totalement cessé, mais la bière par
contre, coule à flot dans les pubs. Nous retrouvons Emma qui nous
présente Evan, employé comme pilote d'avion dans la station
voisine d'Anna Creek. Nous retrouvons notre sauveur Roger, vétérinaire
de son état à Coober Pedy, et tous ensemble, une bière
à la main, nous nous retrouvons devant le pub où se tient
un groupe de musique country. En pleine rue, ou plutôt en pleine
piste, nous dansons, participons au concours de tir à la corde
et à la principale distraction locale : la boisson ! ! !
C'est tard dans la nuit, ou tôt dans la matinée, que la fine
équipe rejoint le campervan, fatiguée, trempée jusqu'aux
os de sueur, mais totalement ravie de la soirée passée.
Après s'être installée pour une courte nuit, elle
aura la surprise de découvrir qu'elle devra faire une place à
Evan dans le campervan, ses amis l'ayant oublié à la fête
! ! !
Au revoir à nos amis australiens.
Quelques heures après, notre réveil tardif nous fera rater
la plus grande partie des épreuves motocross. Nous décidons
donc de quitter les lieux même si la route n'est ouverte qu'aux
4x4 suite aux pluies d'hier. Devant un dernier verre, nous faisons nos
adieux à nos nouveaux amis australiens, tristes de les quitter
mais heureux de pouvoir continuer à communiquer avec eux via internet.
Evan nous propose alors de nous faire visiter sa station, Anna Creek.
Nous sommes dans la plus grande ferme d'élevage de bétail
du monde avec ses 8 000 km2 et ses 16.000 bêtes. 15 ouvriers, un
avion et une dizaine de motos tout terrain ne sont pas de trop pour gérer
la ferme et le bétail.
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